samedi 22 mars 2014

Manifestation à Madrid

Graines d’espoir

Un puissant vent de protestation populaire balaie la planète de part en part. 
Du Chili à Israël, de tous les pays arabes au Portugal, de l’Espagne au Royaume-Uni, de l’Italie à la Grèce, la jeunesse porte haut le drapeau de la colère et de l’indignation.
Toutes ces manifestations ont lieu au même moment, alors qu’elles sont souvent très éloignées les unes des autres. Elles ont pour caractéristique de durer depuis des semaines, en revêtant des formes identiques, jusque là inusitées. Leur persévérance, la force du nombre, la communauté des objectifs poursuivis ont une signification profonde au point d’incarner la lumière de l’espoir qui brille à l’horizon et si près de nous. Dans les pays arabes, comme en Espagne ou au Chili, elles rassemblent bien au-delà de celles et ceux qui jusque là sortaient dans la rue pour se faire entendre.
Quelles sont les exigences principales qui s’y expriment ?
La justice et la démocratie, étroitement mêlées. Exactement ce que les dictateurs corrompus, protégés par leurs amis et leur police personnelle, refusaient aux peuples arabes.
Exactement ce que le capitalisme financier mondialisé refuse à l’ensemble des peuples.
Ce refus confirme que l’injustice, l’infernale fabrique d’inégalités, le recul des libertés et de la démocratie ne sont pas des avatars du système. Aujourd’hui plus qu’hier, avec la crise du capitalisme mondialisé financiarisé, ils sont le système !
Non seulement les marchés financiers, – ces célèbres inconnus ! – les puissances bancaires et financières ont besoin de détruire toujours plus de travail et de capital productif pour assouvir leur besoin de rentabilisation des énormes fonds qu’elles investissent.
C’est ainsi que l’Union européenne garantit les banques qui mettent littéralement à bas les pays et les populations, leurs instruments publics et sociaux jusqu’à attaquer désormais les Etats.
Un violent bras de fer est désormais engagé entre les tenants du capital et les peuples, notamment les travailleurs, les jeunesses qui savent désormais qu’elles vivront plus mal, beaucoup plus mal que leurs aînés, alors que le monde regorge de plus de richesses, d’innovations technologiques. Cette angoisse, cette révolte ne vaut d’ailleurs pas que pour eux-mêmes.
Ils ne supportent plus cette planète fracturée par les inégalités sociales et territoriales, technologiques, balafrée par les coups portés à l’environnement. Ils sont la génération qui subit dans toute son ampleur la domination autoritaire et violente du capitalisme financier déchaîné, déconnecté non seulement de l’économie réelle mais de la vie réelle, au service exclusif des spéculateurs.
Non seulement le capitalisme a provoqué et amplifié sa crise globale, poussant le monde vers l’abîme, mais comme un vampire il se repaît chaque jour sur nos vies.
Il s’est placé au dessus de l’humanité. Les travailleurs, les jeunes qui se rassemblent et agissent à travers le monde, le ressentent plus ou moins consciemment. On est frappé de leur clairvoyance à l’égard du monde politique tel qu’il est beaucoup trop souvent avec ses combines et combinaisons, ses promesses vaines, ses ambitions personnelles, son mépris du service de l’intérêt général, son star-système et, de plus en plus, sa corruption étalée à la une des médias. L’aspiration à une démocratie radicale, à d’autres institutions partout, à une autre construction européenne ici est plus puissante qu’il n’y paraît.
Enfin ces mouvements transpirent la fraîcheur, l’inventivité, dans les slogans comme dans les formes d’action, dans une demande de rupture avec le système qu’ils s’appliquent à eux mêmes en s’affranchissant des freins hérités du passé.
On ne retrouve de telles mobilisations à l’échelle du monde qu’aux alentours de la fin des années soixante avec comme point culminant mai 1968. Cette fois, dans un contexte totalement nouveau de crise du capitalisme, les aspirations sont encore plus politiques, plus civilisatrices, plus désireuses d’humanité. Humanité, au sens de la réalisation de soi même par l’éducation, la formation, l’accès au travail. Humanité, au sens du concept des biens communs humains pour toutes et tous et au sens de la pérennisation de la planète.
Une jonction peut se créer entre peuples des pays développés, poussés vers une sorte de tiers-mondisation, et peuples de pays en voie de développement où commencent à progresser éducation et moyen de vivre mieux, et peuples de continents entiers, poussés vers le dénuement le plus total.
Une jonction peut aussi se créer entre travailleurs de secteurs publics et privés, précaires et ce qu’on appelle communément les « classes moyennes », qui à juste titre se sentent de plus en plus « déclassées ».
Cette conjonction se fait dans les pays arabes, sur les demandes de justice et de démocratie. Plus généralement elle se fait sur une sorte de triptyque : justice, égalité, partage et accès aux biens communs humains ; accès et refondation de la démocratie ; préservation et développement humain durable pour la « planète-Terre ».
A y regarder de près, l’aspiration à l’en-commun de tous les êtres humains contre le pouvoir absolu de l’argent, appelle un basculement des « sociétés-monde » vers une civilisation supérieure, ce que nous appelons le « communisme » authentique. Ce qu’il n’a jamais été jusqu’ici, une organisation sociale de liberté, de respect de l’individu et du partage. Ce que Jaurès appelait « la réalisation de l’humanité ».
De nombreux intellectuels de renom, des chercheurs, travaillent aussi dans cette direction. Qu’il s’agisse de S. Hessel, d’Edgar Morin ou encore de P. Rosanvallon, qui vient de publier un livre enrichissant sur « la société des égaux », et bien d’autres encore.

C’est dans cette création commune, associant le maximum de citoyennes et de citoyens pour une nouvelle humanité, que nous défrichons les voies de ce changement indispensable. C’est à ce niveau que devraient se placer les débats en vue des élections législatives et présidentielles. Nous en sommes loin. Et pourtant, partout se sèment en ce moment des graines d’espoir. Soyons-en !

Dans commune, il y a « commun »

Nous sommes appelés, dimanche prochain, à voter pour choisir nos conseillers municipaux et nos maires pour six années. Ce sont les élus les plus proches de nous. Ils ont, dans nos communes rurales, de multiples fonctions très prenantes, souvent sollicités, pour de multiples questions ou problèmes qui vont souvent bien au-delà de la simple gestion de la commune. Ils sont disponibles, dévoués, au service des autres.
Cet engagement ne sera jamais assez salué. Il est à mille lieux des fumets nauséabonds émanant des boues pestilentielles qui sortent des marais de la politique politicienne parisienne où se multiplient les affaires et les contre-affaires, les coups bas et les coups tordus.
Dans nos campagnes, le principal parti de l’élu local est souvent la population.
Malheureusement, les moyens financiers des communes sont de plus en plus réduits, à cause de la réduction des dotations d’Etat, alors qu’au contraire, il conviendrait de décider de soutiens financiers volontaires pour aider à défendre les services publics, à développer des équipements nouveaux, à inciter à de nouvelles innovations sociales, agricoles, agro-alimentaires, industrielles, artisanales, à la construction de logements, dans le cadre de la coopération, d’une économie sociale et solidaire ou du service public.
L’un des enjeux du vote est donc de se donner des élus progressistes et communistes qui agiront contre les choix d’austérité et pour donner aux communes et aux structures intercommunales, les moyens financiers indispensables à une vie meilleure pour les habitants. L’enjeu d’un autre aménagement du territoire pour progresser vers l’égalité territoriale se pose de plus en plus.
On ne peut continuer sur l’actuel type de développement, où les richesses sont concentrées dans certaines grandes aires urbaines, avec des déplacements de population dans les grandes métropoles, alors que les campagnes ne seraient peuplées que de citoyens moins bien payés ou aux faibles retraites. On ne peut plus laisser développer l’actuelle stratégie avec de grandes communautés de communes où la richesse des communes rurales est littéralement pompée par la « ville centre ».
C’est malheureusement le sens de la récente loi sur les métropoles qui prévoit ce qui est appelé « pôles ruraux », qui fait en sorte que les communes sont dessaisies de leur pouvoir et de leur fonctionnement propre. Il est d’ailleurs à craindre que ceci préfigure une refonte de la carte intercommunale avec la suppression de communes.
Il devient urgent de mettre un coup d’arrêt à ces projets et de réfléchir à d’authentiques coopérations intercommunales, visant le partage des moyens, des équipements communs et de certains services qui, grâce à une telle coopération, peuvent être « re-municipalisés ». C’est le cas de l’eau, de la collecte des ordures ménagères et de leur valorisation, des transports, qui permettraient de mieux irriguer les territoires, mais aussi de l’organisation des cantines scolaires ou collectives, à partir de la valorisation des produits agricoles locaux.
De même, nos communes auront besoin d’élus progressistes, Front de gauche et communistes, pour défendre, avec les salariés et les populations, les centres hospitaliers, de nouvelles structures pour les jeunes, la culture, la petite enfance, les maisons de retraite ou de nouveaux services aux retraités.
Bref, nous avons de plus en plus besoin de maires et de conseillers municipaux actifs, dynamiques, inventifs, associant en permanence les citoyennes et les citoyens pour résister au déclin des activités agricoles, artisanales, du petit commerce, aux délocalisations d’activités, à la relégation ou à l’abandon des territoires ruraux. Avec de tels élus, la commune et la coopération intercommunale pourraient devenir des lieux de résistance à l’austérité aux orientations de la politique agricole commune et des espaces de projets partagés pour des territoires plus vivants, pour développer des services publics susceptibles d’améliorer la vie des habitants, pour impulser des activités, créatrices d’emplois.
Tout doit être fait pour que les habitants puissent donner leur avis et décider ensemble, avec les élus qu’ils se seront donnés, pour agir, créer, construire du neuf.
En ce sens, la commune reste le cœur battant de la démocratie et de la co-élaboration.
Une municipalité, une commune, c’est à la fois les élus, les services publics, les associations, les salariés et les habitants qui réfléchissent, élaborent, travaillent ensemble pour faire du « commun. Dans commune, il y a « commun ». Défendons-le dimanche prochain dans les urnes !



Faire des communes des boucliers sociaux et solidaires

Dimanche, nos concitoyens sont appelés à voter pour le premier tour des élections municipales. Beaucoup hésitent à se rendre aux urnes. Comment pourrait-il en être autrement avec le marigot politicien qui couvre les difficultés de leur vie quotidienne ?
Les seuls sujets qui différencient les formations politiques dominantes semblent  être  le jet de boules puantes, les mensonges, les camouflages en tout genre, l’organisation de coups bas et tordus. Le dégoût est profond. Si on y ajoute le mécontentement que provoque la politique gouvernementale, tout particulièrement chez celles et ceux qui avaient apporté leur voix pour que cela change, on mesure à quel point la tentation chez eux d’envoyer « tout balader » est forte.
S’ils y succombaient, automatiquement ils survaloriseraient le poids de la droite et de l’extrême droite dont ils savent pourtant qu’ils n’ont rien à attendre de bon, bien au contraire. Comme quoi avec des motivations parfaitement légitimes, on peut atteindre des résultats à l’inverse de ceux recherchés.
On peut ajouter au niveau de sa commune les choix nationaux et européens qui font si mal alors qu’au contraire il s’agit de faire de sa ville et de son village des remparts pour s’en protéger.
Ajouter de l’austérité locale à l’austérité nationale aboutira toujours à plus d’austérité alors qu’il convient dimanche de se mobiliser dans les urnes pour défendre la commune, libre d’impulser avec les habitants de nouveaux projets utiles pour chacun, y compris en coopération avec d’autres.  
En aucune façon, un salarié, un retraité, un chômeur,  un jeune, un créateur, aussi mécontent soit-il, n’a intérêt à « marquer des buts » contre son camp en favorisant, à son corps défendant, l’élection de représentants des partis qui depuis des années sont responsables du marasme que connaît le pays, avec des inégalités, des injustices et un taux de chômage record.
Aucun n’a non plus intérêt à donner les clés de sa ville à l’extrême droite dont on a vu à quel point sa gestion des villes a été un fiasco veut faire du scrutin municipal comme un tremplin vers la conquête du pouvoir.
La quasi totalité des maires et des conseillers municipaux cherchent, par delà leurs sensibilités,  à être utiles à leurs administrés et à leur commune ce qui leur vaut d’être de très loin les élus les plus appréciés.
Parmi eux, les maires communistes ont la réputation méritée d’écouter et de respecter la population, d’être sensibles à ses préoccupations et de toujours rechercher à l’associer aux choix à opérer et à leur mise en  œuvre.  
Leur sensibilité au sort des plus défavorisés s’accompagne d’un esprit de justice et de rassemblement. Par les temps qui courent, si difficiles pour beaucoup, tout commande de les conserver et de permettre l’élection de nouveaux en votant pour les listes, du Front de gauche ou d’union, porteuses de projets communaux de progrès qui permettent au plus grand nombre de se défendre et d’améliorer la situation de tous.

Cela appelle des actions qui assurent à chacun l’accès à un logement de qualité, la sûreté et la tranquillité publique dans le cadre de choix innovants, combinant prévention, développement de l’éducation, action de la police et de la justice, mais aussi le développement des activités et de l’emploi. 
Il s’agit de défendre et de promouvoir des services publics renouvelés,  permettant l’accès aux soins, à la culture, à une école de la réussite, à un accueil de qualité de la petite enfance, tout comme à des services aux retraités. De le faire dans le respect de l’environnement en misant sur une conception dynamique d’une démocratie locale d’un type nouveau qui a besoin des réflexions, des apports du plus grand  nombre pour dégager les solutions les plus efficaces comme pour permettre les mobilisations qui s’avèreront nécessaires pour obtenir les crédits indispensables au respect des choix des citoyens.
C’est sans doute d’un nouveau pas dans l’invention de la démocratie et du service public communal dont les municipalités ont besoin, afin de faire vivre les droits humains, qu’il s’agisse du droit au transport, au logement, au du droit à l’environnement et à la préservation de la planète.
Le désengagement de l’Etat, de connivence avec les institutions européennes, met en cause l’égalité des droits sur tout le territoire et porte en germe l’atteinte à l’unicité de la République.
Tel qu’il est envisagé, le projet de création de métropoles ne répond pas à la légitime aspiration à changer les choses dans ce domaine aussi.
En effet, il est beaucoup trop motivé par des aspects politiciens de recherche d’hégémonie politique qui mettrait en cause le principe constitutionnel de libre administration de la commune et aboutirait à la mise sous tutelle des collectivités par une d’entre elles, dès lors que seraient crées des collectivités dites « chef de file », c’est-à-dire ayant autorité sur les autres, où serait organisé des « pactes de gouvernance ».
Ceci est contraire aux acquis démocratiques de la République française, puisqu’on évoluerait vers une centralisation des pouvoirs, qui éloignerait toujours plus les citoyens des lieux de décision. Or, les communes doivent être ces lieux où le cœur de la démocratie, de la co-élaboration citoyenne des choix, bat au rythme de la volonté des habitants.
Dimanche soir, tout le monde tiendra compte du vote des électeurs et pas seulement en vue du second tour. Plus clair sera le message sorti des urnes en faveur de choix progressistes, plus nos concitoyens seront armés dans leurs villes et villages pour se défendre et construire du neuf et plus le gouvernement entendra le sens où il devra aller.
Encore faudra-t-il que celles et ceux qui y ont le plus intérêt consacrent une petite demi-heure à se rendre au bureau de vote. Ça vaut le coup !


dimanche 16 mars 2014


Le 1er MAI 

A l'origine du 1er mai célébré comme fête internationale du travail, la décision des syndicats américains le 1er mai  1884 d'obtenir la journée de 8 heures dans les deux ans qui viennent. 
Dans ce cadre, le 1er mai 1886 devient une journée de grève, largement suivie, qui se finira dans le sang quelques jours plus tard (3 morts lors d'une manifestation le 3 mai, un attentat à la bombe le lendemain, l'exécution ou le suicide de 5 syndicalistes quelques moi plus tard.
En 1889, l'Internationale Socialiste réunie à Paris décide de faire du 1er mai une journée de revendication, toujours pour la journée de 8 heures.
En 1891, la célébration du 1er mai dans le Nord se finit de nouveau dans le sang 
(9 ouvriers tués par la police).
En 1920, la Russie bolchévique fait du 1er mai un jour chômé fêtant les travailleurs.
Et vous, en 2014, que ferez-vous?
Réservez votre muguet du PCF
Auprés des militants de votre ville
D'ailleurs, pourquoi le muguet au 1er mai ?
Vers 1890, les manifestants du 1er mai portaient un triangle rouge, une pointe pour la journée de 8 h, une pour 8 h de sommeil, une pour 8 heures de loisirs. 
Le triangle est devenu fleur d'églantine, puis fleur de muguet, symbole du printemps et de mai.

Le Muguet du PCF sera de tous les quartiers, pour un printemps de lutte !

Les communistes seront dans les quartiers le 1er mai pour fêter l'arrivée d'un printemps de lutte. La loi du plus fort arbitrée par le fric, le capitalisme, les injustices qui frappent, c'est un monde dont on ne veut plus.
Le 1er mai c'est la fête des travailleurs, une journée pour rappeler que nous sommes la richesse de ce pays. Une journée pour dénoncer la finance, et ramener le travail au cœur du débat. Nous voulons plus de travail et un meilleur travail, de ceux qui ont du sens. 
Le 1er mai c'est un jour d'espoir, un moment pour se retrouver, échanger, autour d'un brin de muguet et d'une grande manif fraternelle.

Depuis plusieurs années le monde du travail s'est vu ficher quelques couteaux dans le dos, beaucoup de paroles et très peu d'actes. Il faut passer à la vitesse supérieure, un élan populaire doit se lever pour imposer un véritable changement. 

Souscription populaire 

pour l'Humanité 

et 

l'Humanité Dimanche

L'Humanité et ses équipes font appel à leurs lectrices et lecteurs, aux organisations progressistes et démocratiques, à toutes les personnes attachées au pluralisme des idées et de la presse. 
Dès maintenant, faites un don en utilisant le formulaire de souscription ou faites un don en ligne.

http://www.humanite.fr/


Alger, 

Barakat impose son rassemblement

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Envoyé spécial. Ghardaïa, les conflits inter-communautaires font trois morts. Cette fois-ci, la police algérienne a laissé faire. Samedi, le rassemblement de Barakat (ça suffit) au centre d’Alger, près de l’université centrale, n’a pas été interdit. Il était simplement interdit aux protestataires de ne pas marcher dans la rue. Mieux, le cordon de policiers affables, sans armes ni matraques, qui entourait les manifestants, laissaient les gens aller grossir la foule de manifestants parmi lesquels se sont glissés une dizaine de salafistes de l’ex-FIS proches d’Ali Benhadj l’ex-numéro deux du parti.

Elections
Les médias bien pensants ne savent pas qu'une élection a eu lieu au SALVADOR
Ah, si l'ARENA avait triomphé, tous les médias seraient à l'unisson.....

Le Salvador élit un ex-guérillero

Salvador Sanchez Ceren, leader historique du Front Farabundo Marti de libération nationale, a été élu président dimanche. Le candidat de l’ultradroite conteste cette victoire remportée sur le fil du rasoir avec 50,11% des votes. 
C’est une élection qui fera date dans l’histoire du Salvador. L’ancien commandant du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) Salvador Sanchez Ceren a été élu, dimanche, président de ce pays d’Amérique centrale. L’actuel vice-président avait frôlé de peu la victoire dès le premier tour, en totalisant 48,92% des suffrages. Le 9mars, les choses se sont compliquées, en dépit de sondages qui lui octroyaient pourtant une confortable avance. Le leader historique de la guérilla de gauche l’a emporté sur le fil du rasoir avec 50,11% des votes, contre 49,89% pour le candidat de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena) et ex-maire de la capitale San Salvador, Norman Quijano, soit une différence de 6634 voix.
Le chef de file de l’oligarchie anticommuniste, qui s’est déclaré vainqueur, crie depuis à la fraude, et ­appelle les siens à contester les ­résultats. Lundi, le tribunal suprême électoral a annoncé un recomptage de 10000 procès-verbaux, et précisé que les 4191 voix contestées par l’ultradroite n’altéraient pas la tendance générale. Quant aux allégations de fraudes, le président de l’institution ­Eugenio Chicas, a déclaré qu’elles n’avaient « pas de sens » au vu de « la légalité du processus » qui a, par ailleurs, été « validée par la communauté internationale » avec la présence de nombreux observateurs internationaux.
Si une période de tensions n’est pas écartée, elle n’amoindrit pas pourtant la portée de la victoire de Salvador Sanchez Ceren, alias Leonel Gonzalez, son surnom durant la guerre civile (1980-1992). Certes, le FMLN est au pouvoir depuis 2009. À l’époque, le Front avait fait le choix d’une candidature d’« ouverture » avec le journaliste Mauricio Funes. L’élection de cet ancien guérillero est un symbole. Elle conforte la reconversion politique du FMLN, pourtant ­invaincu par les armes au terme du conflit, ainsi que les raisons qui ont prévalu à sa création. Le Salvador, comme nombre de ses voisins, est encore sous la coupe des vieilles structures sociales dominées par l’oligarchie. Si des avancées ont été enregistrées sous le mandat du FMLN, l’ultradroite maîtrise toujours les principaux leviers économiques. D’autant plus que l’ancienne guérilla ne peut pas s’appuyer sur une majorité parlementaire. Issue du pire courant de la réaction paramilitaire, l’Arena a fait campagne en reprenant ses slogans historiques, « Patrie oui, communisme non » ou encore « Le Salvador sera la tombe du communisme ». D’immenses défis attendent le prochain exécutif. Outre le problème structurel de la violence, la réduction de la pauvreté, qui touche 40% de la population, reste l’une des priorités.
La gauche latino salue le FMLN. Le président Bolivien, Evo Morales, a «applaudi» la victoire de Salvador Sanchez, résultat à ses yeux de «la maturité politique» et de «la conviction démocratique» des Salvadoriens. Daniel Ortega, son homologue du Nicaragua, pays voisin du Salvador, a salué «l’union de la grande patrie centraméricaine». Depuis le Venezuela, le président, Nicolas Maduro, a qualifié le succès de «triomphe de la gauche en Amérique latine», en rendant hommage à la figure historique du FMLN, Schafik Handal.
Cathy Ceïbe



Solidarité avec les communistes ukrainiens

Le Parti communiste français exprime une nouvelle fois sa profonde inquiétude quand à l'évolution de la situation en Ukraine qui a conduit à une escalade de la violence et à une ingérence des puissances étrangères dans les affaires de ce pays.
Le PCF alerte sur l'extrême gravité des agissements des forces organisées de l'extrême droite fasciste qui se sont traduits par des menaces et des tentatives d'interdiction, des intimidations et des agressions physiques contre des membres, des députés, des représentants et dirigeants du Parti communiste d'Ukraine, et des actes intolérables de vandalisme contre les locaux de ce parti, en particulier à Kiev.
Le PCF réitère sa solidarité active avec les communistes ukrainiens qui mènent une lutte courageuse tout autant contre le régime Ianoukovitch que contre les nationalistes et l'extrême droite ukrainienne, ainsi que sa solidarité avec les forces démocratiques et progressistes ukrainiennes, et avec le peuple ukrainien.
Le PCF demande au gouvernement français de condamner de tels actes totalement contraires aux droits fondamentaux et à la démocratie qu'il prétend défendre en Europe, d'agir auprès des autorités gouvernementales ukrainiennes pour que les auteurs de tels actes soient poursuivis et traduits en justice, de favoriser ainsi le rétablissement d'un processus démocratique permettant au peuple ukrainien de reprendre la main sur son destin.
Le Parti communiste français apporte son soutien en ce sens à l'initiative du Parti communiste d'Ukraine d'un référendum qui puisse permettre aux Ukrainiens de décider souverainement de toutes les questions de politique intérieure et extérieure, et économiques qui engagent l'avenir de leur pays.


"Discrimination de médiatisation":

Le PCF alerte le CSA

Le Parti communiste français estime être "quasiment absent des antennes" face à un Front national qui "a table ouverte". Le PCF a annoncé mercredi avoir alerté le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à propos de la "discrimination de médiatisation" dont il est victime.

Le Parti communiste a annoncé dans un communiqué de presse ce mercredi avoir été reçu par le CSA. "Lors de cette audition par la commission Pluralisme et campagne électorale présidée par Francine Mariani-Ducray et Sylvie Pierre-Brossolette, le PCF a alerté le CSA sur la discrimination de médiatisation dans l'audiovisuel dont il était victime". 
"Le PCF, formation fondatrice du Front de gauche, qui est représenté par un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, au Sénat et au Parlement européen, et qui est la troisième force politique en termes d'élus locaux estime être "quasiment absent des antennes". Le PCF estime que "les radios et les chaînes de télévision doivent respecter les exigences de pluralisme et d'équité des temps de parole entre les différentes formations politiques". Ce qui est donc loin d’être le cas.

Surtout si l’on compare le sort réservé au PCF avec le Front National. "Il est ainsi inacceptable que le FN, qui n'a aucun groupe parlementaire et qui n'a que cinq maires de petites communes, ait table ouverte permanente sur tous les plateaux de télévision et les radios".  "De la même manière, les débats de fond comme les confrontations d'opinion concernant les enjeux liés aux élections municipales et européennes sont dénaturés ou absolument pas traités. Comment ne pas s'étonner de l'abstention qui risque de favoriser la droite et l'extrême droite ?", interroge encore le PCF. "Cette alerte utile à notre démocratie appelle une mobilisation populaire pour contrarier le conformisme dominant et réhabiliter l'action politique citoyenne et pluraliste", conclut le communiqué.

Cuba  

décès de l'"Héroïne" de la Révolution,

Melba Hernández

"Héroïne" de la Révolution cubaine, Melba Hernández, qui fut une des deux seules femmes ayant accompagné Fidel Castro dans ses premiers faits d'armes en 1953, est décédée dimanche à La Havane à 92 ans, a annoncé lundi la presse cubaine.
"Avec une profonde douleur, la direction du Parti communiste cubain (PCC) et de l'Etat informent notre peuple que l'Héroïne de la Moncada Melba Hernández Rodriguez est morte dans la nuit d'hier dimanche 9 mars à la suite de complications associées au diabète dont elle souffrait depuis de longues années", a indiqué le quotidien officiel Granma.
Melba Hernández, avocate de formation, avait été, avec Haydée Santamaria parmi les premières femmes à se joindre au mouvement de Fidel Castro en lutte contre la dictature de Fulgencio Batista. Toutes deux furent les seules à participer le 26 juillet 1953 à l'assaut contre la caserne Moncada à Santiago de Cuba, dans l'extrême sud-est de Cuba. Après l'échec de cette première action armée menée par Fidel Castro, elle avait été arrêtée, puis libérée en février 1954. "Melba avait tenu un rôle déterminant dans la compilation et l'édition des notes prises par Fidel en prison, puis dans leur impression et distribution clandestine", rappelleGranma. Elle avait participé au Mexique à la préparation de l'expédition du Granma, le yacht grâce auquel Fidel Castro et 80 militants armés avaient regagné Cuba en décembre 1956 pour entamer la lutte armée, qu'elle devait rejoindre par la suite.
Après l'avènement de la Révolution en janvier 1959, Melba Hernández avait été parmi les fondateurs du Parti communiste de Cuba, députée et ambassadrice au Vietnam notamment. "Héroïne du Travail" et "Héroïne de la République de Cuba", Melba Hernandez avait exprimé le voeu d'être incinérée et que ses cendres reposent au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, aux côtés des restes des autres assaillants de la caserne Moncada, selon Granma.



Réinventons la République

Par Patrick Apel-Muller. 
Le concert de coassements s’élève d’une mare aux eaux troubles. Il entend détourner l’attention des boues dans lesquelles s’est ébrouée la Sarkozie. Ici des élections truquées et des facturations arrangées, là on s’écoute entre amis, ailleurs sont évoqués des financements de campagne par un dictateur libyen ou bien par de sulfureux et meurtriers contrats d’armement, des trafics d’influence au cœur de la magistrature avec violation du secret de l’instruction.
Le tumulte est programmé pour qu’on oublie les scandales qui peu à peu se dévoilent et, en criant haro sur de biens maladroits mensonges, de détourner l’attention des relations bien intimes entre un ancien président soupçonné et un magistrat de haut vol, Gilbert Azibert. Téléphones anonymes, noms d’emprunts, principauté prisée pour ses flux financiers… on se croirait dans la Camorra. Nicolas Sarkozy avait choisi pour pseudonyme de ces conversations hautement sensibles le nom de Bismuth: sait-on que cet élément est utilisé pour fabriquer des fusibles et sous forme de sous-nitrate, pour soigner les infections intestinales? C’est un choix qui dit beaucoup.
Au pied de cet édifice d’affaires, des questions demeurent sur l’action du gouvernement, jugé à l’épreuve de l’expérience Cahuzac. Peut-on croire sur parole Manuel Valls, l’homme qui ne voit rien, n’entend rien et ne demande rien? Christiane Taubira s’est-elle mêlée de l’instruction judiciaire? Si oui, le fait est grave et peut conduire à une démission. Sinon, la garde des Sceaux est coupable de s’être empêtrée dans des calendriers et d’avoir trop voulu prouver. C’est aussi un indice du soupçon général qui entoure les autorités. Trop souvent fondé.
La morale n’a jamais fait bon ménage avec l’argent et, là où il règne en maître, l’éthique est étique. Les conversations enregistrées par le sinistre Buisson, avec leurs petites bassesses et leur immense courtisanerie, témoigne d’un relâchement des mœurs, du verbe et de la pensée. Le pouvoir d’un seul, quel qu’il soit, montre ses limites quand se disperse l’encens des communicants. Comment échapper à un sentiment de dégoût? Celui-ci est salutaire s’il ne conduit pas à détourner les yeux en se bouchant le nez. Il doit au contraire conduire à une insurrection des consciences, à une réhabilitation de l’opinion populaire dévaluée par le culte des marchés, favoriser le contrôle démocratique sur les décisions politiques, étendre le respect de la chose publique aujourd’hui refoulée par la puissance des grands intérêts privés.
La justice a besoin d’indépendance et de liberté. Mais elle n’est pas la seule. L’information dominante aussi, prompte à entonner les refrains qu’on lui suggère et à embrouiller le débat public. Il ne faut pas affaiblir encore plus la République – comme le veut le Front national et comme y contribue un émule de l’extrême droite, Patrick Buisson – mais au contraire la revivifier, la réinventer, ouvrir une nouvelle ère de la démocratie. Celle-ci n’a d’avenir qu’en garantissant celui des populations, en brisant les mécanismes d’accaparement qui creusent sans trêve le fossé entre une infime minorité richissime et une immense majorité qui voit sa vie se détériorer. Dans les convulsions économiques que nous connaissons, tandis que des forces noires émergent en Europe, de l’Ukraine à Paris, la République sera sociale. Ou elle ne sera plus guère.




Vente de SFR : 

Que Montebourg aille au bout de sa logique

Le ministre du Redressement productif avait choisit Bouygues contre Numéricâble et il entend continuer à faire pression en ce sens. Mais les raisons de l’emploi et de l’investissement avancées par Montebourg pour justifier son choix ne résident pas tant dans le passage de 4 à 3 opérateurs, mais dans la constitution d’un véritable service public des réseaux.

Les opérateurs sont ainsi en train de prendre un retard sur le déploiement du réseau mobile 4G, mais également, comme ce sont les mêmes acteurs, sur le déploiement de la fibre optique sur le territoire français. L'Etat a passé en 2010 un accord avec les opérateurs sur un objectif ambitieux : couvrir 100 % du territoire français en réseau d'Internet fixe très haut débit (30 Mbits/secondes au minimum) à l'horizon 2022 dont 80 % en fibre optique, et mettre un terme à la « fracture numérique ». Les opérateurs traînant les pieds car investir dans des régions à faible densité n'étant jamais rentables, le gouvernement leur a donné une enveloppe de 900 millions d'euros dans le but d'y construire les infrastructures... Réduire la fracture numérique, avec de l'argent public, c'est une vraie mission de service publique. Et on est fort loin des objectifs attendus, puisque seuls 3 millions de logements sont éligibles à la fibre optique. 
De plus, l'Etat va à moyen terme mettre en vente les fréquences pour la 5G, pour un Internet mobile toujours plus rapide, dont le déploiement  est envisagé pour 2020. Et la vente des licences 4G en 2011 avait rapporté à l'Etat près d'1 milliard d'euros par opérateur. Arnaud Montebourg peut légitimement avoir des craintes sur le fait que les 4 opérateurs ne se bousculent pas avec leur chéquier à la main. Surtout avec le retard pris dans le déploiement du réseau 4G.
Si Arnaud Montebourg veut sauver des emplois, couvrir le territoire français équitablement et intégralement de réseau Internet fixe et mobile à très haut débit, c'est un service public des infrastructures réseau qui lui faut. Pas le passage de 4 à 3 opérateurs qui ne changera pas grand chose au fond.

Démocratie à réinventer, l'éditorial de Patrick Le Hyaric

Le nauséabond climat qui flotte depuis des années sur notre pays ne cesse malheureusement de s’enrichir à droite d’épisodes faits de scandales, de coups bas, tordus, d’élections internes truquées, d’argent qui sert à rémunérer les copains, de corruption, d’écoutes des uns et des autres, jusqu’aux réunions de l’ancien président de la République.
La dénonciation de « pseudo-complot » après cela ne vise qu’à camoufler les faits. Et les faits sont d’une extrême gravité. Mais suffirait-il de s’en tenir là ? Non ! La corruption, les mensonges, le refus du débat d’idées et d’options politiques et économiques, la tromperie ne sont malheureusement pas une exclusivité de la droite et atteignent désormais la République au point de la mettre en cause. Dès lors que l’argent est devenu roi, que l’on a créé les conditions pour que le président de la République décide de tout, pour qu’il soit élu tous les cinq ans avant les députés, faisant ainsi dépendre leur élection de la sienne pour ensuite s’aligner sans coup férir sur les injonctions européo-libérales, la République est de plus en plus malmenée. Pire, le système nourrit désormais en son sein l’irrationnel extrémisme de droite, avec tous les dangers qu’il recèle, comme on le voit désormais depuis des mois. Le profond discrédit du président de la République, qui a laissé croire qu’il allait « inverser la courbe du chômage » et qui utilise l’argument du rétablissement des comptes publics pour mieux augmenter les impôts des moins fortunés, alors qu’il donne de nouveaux cadeaux à un grand patronat qui ne cesse d’en réclamer, sans contrepartie, ajoute encore à la décrépitude de la République mise à mal, car ses fondements dont ceux de l’égalité et de la justice sont sapés. La question d’un nouvel âge de la démocratie, d’une nouvelle République permettant aux citoyennes et aux citoyens de prendre leur destin en main doit être posée avec force. Elle devrait être au coeur des enjeux des débats politiques à venir. Elle s’y trouve dès les élections municipales à venir, à un moment où le pouvoir réduit les possibilités pour les collectivités territoriales de choisir librement leur destin en imposant des concentrations de collectivités et en réduisant leurs moyens financiers au nom du prétendu équilibre des comptes publics qu’imposent les traités européens.
Le vote des élections municipales doit aussi être contre les choix d’austérité en faveur de services publics efficaces, à commencer par les services publics communaux et pour une démocratie communale vivante, donc à rénover elle aussi pour permettre aux citoyens d’être entendus et respectés tout au long d’un mandat. Ces débats sont d’autant plus indispensables que le bruit des « affaires » fait passer sous silence les nouvelles injonctions de la Commission de Bruxelles qui a placé notre pays sous « surveillance renforcée ». En fait, la Commission européenne appelle vigoureusement notre pays à inverser la courbe de « la diminution constante de la compétitivité » et, pour cela, elle considère le « coût du travail », c’est-à-dire les salaires « trop élevés » car cela « obère les marges bénéficiaires des entreprises ».
Selon elle, la rigidité de nos salaires « ne permet pas aux entreprises de s’adapter en cas de choc ». Elle considère que le cadeau du « crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi » ne diminue pas assez le « coût du travail ». Ce genre de recommandations sert au gouvernement à amplifier encore ses choix désastreux, inclus dans le projet de « pacte de responsabilité ». Ils se résument simplement à : tout pour le capital, rien pour le travail et les travailleurs. La baisse des prétendues « charges » ne sert en fait qu’à augmenter la rente des propriétaires et actionnaires des entreprises, sous forme de « dividendes » et le système financier avec des taux d’intérêt exorbitants du crédit.
Voilà qui abîme sans cesse notre République qui ne peut porter son nom que si elle est sociale, solidaire, porteuse de progrès humains et environnementaux, respectueuse de la souveraineté populaire. Or, à l’opposé des grands combats de Jean Jaurès, le pouvoir, issu du Parti socialiste, organise la régression sociale et démocratique et se place sous le coup des directives européennes, alors que dans l’intérêt des populations et des salariés, il devrait leur résister.
Par Patrick Le Hyaric



Marché transatlantique :

c’est trop grave ! Le peuple doit être consulté.

C’est sans doute la ministre, Mme Fleur Pèlerin, qui a le mieux caractérisé le sens du voyage d’état de F. Hollande aux Etats-Unis. Il était « venu donner des preuves d’amour aux patrons ». Et le peuple alors ? A quel sentiment a-t-il droit ? De fait, en faisant participer M. Gattaz au dîner d’Etat, en se rendant auprès du grand patronat à San Francisco et en donnant l’accolade au leader du mouvement de novembre 2012, dit des « pigeons », opposé à l’impôt sur le capital, le Président de la République a malheureusement une nouvelle fois montré quels intérêts il servait. Nous en sommes au point où la droite n’a même plus le loisir de critiquer les choix économiques, sociaux et internationaux actuels, puisque ses idées sont mises en œuvre. M. Copé et d’autres en sont réduits à la surenchère jusqu’à commenter bêtement la qualité de livres pour enfants et à faire courir des rumeurs sur feu la loi sur la famille ou cette fumeuse prétendue « théorie du genre » à l’école.

Au cours du voyage présidentiel aux Etats-Unis, n’ont jamais été évoqués : ni les affaires d’espionnage par la NSA, ni le sort de Snowden et d’Assange, ni Guantanamo, ni les enjeux du désarmement pas plus que les largesses fiscales dont bénéficient des groupes comme Google. Par contre, le Président de la République a de fait poursuivi sa mue, se dépouillant définitivement des quelques oripeaux sociaux-démocrates qui l’encombraient encore. En appelant à « accélérer les négociations sur le projet de marché transatlantique, pour une conclusion rapide », M. Hollande a donné satisfaction aux organisations patronales allemandes et au Medef qui, dans une déclaration commune, le réclamaient. Tout comme à « l’European américan business concil » (EABC) ou conseil des affaires Europe – Amérique qui regroupe des dizaines de grandes sociétés industrielles et bancaires et au « Transatlantic business Dialogue » qui, côté américain comme européen, réunit les principales firmes transnationales.

Jamais jusqu’ici, le Président de la République n’a parlé en France du projet de marché unique transatlantique à la télévision ou au cours d’une réunion publique. Voici qu’il le fait aux Etats-Unis devant M. Obama et le monde des affaires, après avoir cosigné, le jour de son arrivée sur le continent nord-américain, une tribune commune avec le président nord-américain.

Ce projet est extrêmement dangereux pour nos vies quotidiennes. Il poursuit plusieurs buts : tenter de faire face à la crise des débouchés que provoquent les politiques d’austérité en attisant la guerre économique pour offrir des « marchés » d’exportation aux grandes firmes en éliminant toutes les barrières douanières et surtout en harmonisant vers le bas toutes les règles du commerce et les normes sociales, sanitaires, alimentaires ou environnementales. Toutes les mesures de protection sociale comme le salaire minimum garanti, les précautions sanitaires, la qualité de l’alimentation, les services publics, la création culturelle, la protection des consommateurs, les droits d’auteurs, l’épargne, seraient alignées sur des « règles mondiales édictées par le grand capital international » pour augmenter encore ses marges et ses profits.

Le second objectif de ce « marché unique transatlantique » vise, pour les pays occidentaux, à tenter de reprendre leur domination sur le monde face aux pays émergeants comme le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Afrique du sud et l’Indonésie. Ce projet, c’est le marché capitaliste, avec l’OTAN comme gardien contre les souverainetés populaires. Ce projet, c’est la création d’un « marché intérieur transatlantique » contre l’existence même d’une autre construction européenne. Et pour faire accepter tout cela, pour torpiller définitivement nos services publics, pour nous faire accepter le bœuf aux hormones et les poulets au chlore ou pour accaparer toutes nos données personnelles via les géants de l’internet, ils ont inventé le missile destructeur de toute souveraineté des Etats, des Parlements et même des gouvernements : la création d’un tribunal arbitral privé où les sociétés multinationales seront juges et parties. Elles pourront attaquer les Etats quand un système de protection environnemental ou social entravera leurs intérêts. Ce serait définitivement le triomphe de la loi de l’argent contre la loi du peuple. Ce serait une dictature sans chars dans les rues, sans généraux casqués et bottés au pouvoir. Il existe déjà de tels exemples à partir d’accords de libre-échange existants. Ainsi, la firme Philip Morris porte plainte contre l’Australie, parce que ce pays restreint le commerce du tabac. Le groupe multinational Novartis poursuit l’Inde pour la contraindre à cesser la production de médicaments génériques.

De même, demain, si la France refusait le bœuf ou le lait aux hormones nord-américains, telle ou telle culture de végétaux modifiés génétiquement, l’exploitation de gaz de schiste, ou encore le maintien d’un salaire de base pour une durée limitée du temps de travail, des firmes multinationales pourraient poursuivre l’Etat et imposer leurs choix. C’est très grave !

M. Hollande connaît si bien ces dangers qu’il s’est écrié devant M. Obama au cours d’une conférence de presse : « Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces et de crispations ». Quel terrible aveu ! Quelle négation de la démocratie. Cela ressemble à une tentative de coup de force dans le dos des populations française et européennes. Nous réclamons, une nouvelle fois, la transparence sur les négociations en cours. Nous demandons à F. Hollande et au gouvernement de mettre à disposition de nos concitoyens le texte du mandat de négociation de la Commission européenne, ainsi que toutes les expertises produites par chacun des ministères sur les conséquences d’un tel marché transatlantique. Nous demandons aux médias d’organiser des débats publics sur ce sujet. Chaque ville, département, région, peut voter, comme l’a fait le Conseil régional d’Ile-de-France, sur proposition des élus du Front de gauche, des motions réclamant le retrait de ce projet.


Le prochain Parlement européen aura le pouvoir de le rejeter. Dans ces conditions, la question devient l’un des enjeux principaux des prochaines élections européennes. Ni le vote pour les listes de droite, ni celui pour les listes soutenues par le Président de la République, ni l’abstention ou le vote d’extrême-droite ne permettront de créer un rapport de force en ce sens. Un débat public doit être organisé, sanctionné par une consultation populaire dans toute l’Europe avant toute décision.

LA VERITE SUR LE CUMUL DES MANDATS

Député et Maire: Ce sera impossible dès 2017, il faudra choisir…

Voter pour le maire actuel, c’est voter pour un Maire qui abandonnera la Commune en 2017 !

Focus sur deux lois essentielles pour le renouvellement de la vie locale :

- La loi organique du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur.
- La loi du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de représentant au Parlement européen.
Saisi d’un recours déposé par au moins 60 députés sur le projet de loi ordinaire (Projet de texte législatif déposé au Parlement à l’initiative du gouvernement) et d’un recours déposé par le Premier ministre sur le projet de loi organique le 23 janvier 2014, le Conseil constitutionnel a rendu le 13 février 2014 deux décisions déclarant les deux textes conformes à la Constitution.
Les textes définitifs du projet de loi organique et du projet de loi ordinaire sont donc adoptés.

De quoi s'agit-il ?

Les deux textes interdisent le cumul de l’exercice d’un mandat parlementaire national ou européen avec l’exercice de fonctions de direction ou de co-direction au sein des collectivités territoriales et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI Etablissement public de coopération intercommunale) à fiscalité propre, en métropole et en outre-mer.
Il étend cette interdiction à certaines fonctions non exécutives telles que les présidences des assemblées locales en Corse, Martinique, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française.
Pour éviter la multiplication d’élections partielles à chaque élection locale, le projet de loi organique, autorise qu’un parlementaire démissionnaire pour cause de cumul des mandats soit remplacé par son suppléant, s’il choisit le mandat local.
S’il choisit le mandat parlementaire, alors le Conseil municipal devra réélire un autre maire... (Donc sans appel au suffrage universel, c'est à dire sans vous demander votre avis sur le nom du futur maire)
Ces dispositions seront applicables à compter du premier renouvellement des assemblées concernées suivant le 31 mars 2017 et ce sans limite de taille des commune contrairement à certaines assertions
Dimanche 23 Mars vous aurez le choix d’élire un maire pour trois ans sans aucune garantie de son successeur en 2017 ou de voter pour un(e) Maire pour TOUTE LA DUREE DU MANDAT et SANS AUCUN CUMUL.



mardi 4 mars 2014


Les 70 ans de l'affiche rouge


L’Humanité publie un hors-série hommage au groupe Manouchian, pour les 70 ans de l’Affiche Rouge. Un CD inédit de HK et les Saltimbanks chantant l’Affiche Rouge est inclus, avec également un poster reproduisant l’Affiche Rouge et aussi le poème saisissant de Louis Aragon.
Il y a 70  ans, le 21 février 1944,  les 23 membres du groupe Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), dirigés par Missak Manouchian étaient exécutés au Mont-Valérien pour cause de résistance après des mois d’insoutenables tortures  puis un jugement expéditif par un tribunal militaire allemand.
Les nazis en firent une affiche qui par la suite devint célèbre par l’inversement de son idéologie. L’Affiche Rouge, instrument de propagande utilisée pour contrer la Résistance, désignant les 23 membres de groupe Manouchian d’armée criminelle,  stigmatisera l’origine étrangère de ces derniers faisant preuve d’un racisme et d’une hostilité incomparable.
« Il est très utile de se remémorer l’Affiche rouge, alors que sévit une sorte de chasse à l’étranger, avec son cortège d’antisémitisme, de racisme et de haine de l’autre » souligne Patrick Le Hyaric, le directeur de l’Humanité, dans son éditorial.
Ce hors-série de 52 pages de l’Humanité consacré aux 70 ans de l’Affiche Rouge permet de se remémorer le sacrifice du groupe Manouchian qui suscite depuis ce jour admiration et dignité. L’Humanité vous dévoile des documents d’archive qui pour la plupart ne sont jamais parus encore jusqu’à aujourd’hui, avec notamment un portrait de Missak Manouchian, un entretien avec Julien Lauprêtre, des témoignages poignants notamment celui de Léon Londini ou encore Roger Trungan ainsi que divers documents.
Ce hors-série s’accompagne d’un disque de l’artiste HK et les Saltimbanks contenant 5 chansons extraites du nouvel album « HK et les déserteurs » dont l’Affiche Rouge (Léo Ferré),  En groupe en ligue en procession (Jean Ferrat), Les loups sont entrés dans Paris (Serge Reggiani), Noir et Blanc  (Bernard Lavilliers) et l’Auvergnat (Georges Brassens).

Safouane Abdessalem

( Pour obtenir ce numéro spécial, prendre contact avec la section PCF Poissy)


CHANSON 


L'AFFICHE ROUGE 


Auteurs: Louis Aragon
Compositeurs: Léo Ferre
Editeurs: Les Nouvelles Editions Meridian

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prièr' aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vit' onz' ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuits hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui va demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle est que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

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