lundi 30 mars 2020


Pour vaincre la pandémie, l’urgence d’une autre logique économique par Denis Durand
Publié par Front de Gauche Pierre Bénite
Une crise financière et économique s’annonçait. Le coronavirus l’a accélérée et a révélé qu’il s’agit d’une crise de civilisation.
La pandémie a disloqué les chaînes de production structurées par les multinationales au cours des vingt dernières années, mis au grand jour la suraccumulation consécutive au gonflement démesuré des capitaux relancé après la« grande récession » de 2009, et précipité le krach financier.
Sentant la situation leur échapper, les dirigeants occidentaux font mine de répudier le néolibéralisme. Les 27 gouvernements de l’UE ont suspendu les normes européennes de déficits budgétaires. Mais ils envisagent de financer ces dépenses, soit par le Mécanisme européen de solidarité qui ne les prête qu’en contre partie de plans d’austérité meurtriers, soit par l’émission de Coronavirus Bonds, des obligations « européennes » placées sur les marchés :ce serait donner à la domination du capital financier le renfort d’un fédéralisme européen, aux dépens des services publics, de l’emploi et des salaires !
Pourtant, le moyen de se passer des marchés financiers est sous nos yeux.
La Banque centrale européenne veut injecter 1 050 milliards sur les marchés d’ici à la fin de l’année. Mais les services publics, l’industrie du matériel médical verront-ils la couleur de cet argent ? En France, la loi de finances rectificative se contente de faire allusion à une « réserve » indigente de 2 milliards pour les dépenses de santé, alors qu’il en faudrait immédiatement au moins cinq fois plus ! Une gifle aux professionnels de la santé et aux salariés envoyés au front de la production pour préserver les profits.
Bien plus, nos dirigeants saisissent l’occasion pour allonger la durée du travail et pour préparer le terrain à une régression durable des droits sociaux. De bons esprits annoncent déjà que, la crise passée, il faudra redoubler d’austérité budgétaire pour éponger les déficits. En un mot, au moment où la crise sanitaire fait éprouver à tous les habitants de la planète le besoin immédiat d’une tout autre mondialisation, le mot d’ordre reste le même : l’argent pour le profit, pas pour les êtres humains !
La domination du capital nous pousse au bord de la barbarie.C’est pourquoi les mesures efficaces pour vaincre l’épidémie sont celles qui amorcent tout de suite une remise en cause radicale des logiques inspirées par la rentabilité financière, et leur remplacement par d’autres critères. Il faut :
·         Mobiliser les filières industrielles pour produire médicaments et matériels médicaux, ainsi que les biens et services indispensables à la population pendant la période de confinement. La protection des travailleurs de ces secteurs contre le virus est la première priorité. Cet effort doit être planifié et pouvoir passer par des réquisitions, des nationalisations ou la création d’entreprises publiques. Il devrait s’appuyer sur la mobilisation des moyens nécessaires à l’échelle européenne et intégrer de nouveaux accords de coopération internationaux, de partage des technologies.
·         Rendre effectif l’arrêt temporaire de la production dans les autres secteurs en en tirant les conséquences : interdire les licenciements et maintenir 100 % du salaire, y compris pour les plus précaires, première étape dans la construction progressive d’une sécurisation de l’emploi et de la formation pour toutes et tous.
·         Obliger les banques, les grandes entreprises et les propriétaires bailleurs à décaler le paiement, par les ménages qui le demandent, des charges d’emprunts bancaires et des factures pré-engagées et vitales (téléphonie, loyer, électricité...).
·         Mettre en place un dispositif de prêts bancaires de trésorerie à taux nul ou négatif, refinancés par la BCE, strictement réservés aux entreprises qui s’engageront à maintenir l’emploi et les salaires.
·         Démocratiser : en cas de non-respect des engagements pris par les entreprises ou les banques, les représentants des salariés(CSE) doivent avoir le pouvoir de saisir des comités régionaux de mobilisation constitués sous l’égide des conseils régionaux et des CESER.
·         Créer un fonds d’urgence sanitaire et de sécurisation pour le financement de ces différents dispositifs, alimenté par une contribution des grandes entreprises, des banques et des compagnies d’assurances, ainsi que par le rétablissement de l’impôt sur la fortune et l’abrogation du plafonnement à 30 % de l’impôt sur les revenus financiers (flat tax).
·         Mettre en place un programme de prêts à taux négatif de la Caisse des dépôts pour les investissements dans les hôpitaux et les services publics (embauches, formation, achats d’équipements, création de nouveaux établissements). La Banque de France déclarerait ces prêts éligibles au refinancement par la BCE au taux le plus faible pratiqué pour ses opérations (actuellement, -0,75 %), et le dispositif pourrait être étendu à l’ensemble des États membres de l’UE.
Nous pouvons vaincre l’épidémie : il faut pour cela s’attaquer tout de suite à la domination du capital.
Denis Durand membre du CN



Pour lecture et diffusion

Le billet d'humeur du jour du Docteur Christophe Prudhomme
membre de la direction fédérale CGT santé action sociale et médecin urgentiste :

Osez dire que le gouvernement actuel n'est pas responsable de la pénurie de masques et autres matériels dans les hôpitaux est un énorme mensonge !

En effet qui a décidé de ne pas débloquer les crédits pour maintenir la réserve datant de la grippe H1N1 : Bercy.

Et qui était à Bercy à l'époque : Emmanuel Macron !

Ils sont pitoyables à ce jeu du "c'est pas moi qui suis responsable mais c'est mon prédécesseur".

Mon constat est simple : la dégradation des services publics et des hôpitaux a débuté avec le tournant libéral initié par Thatcher et Reagan aux Etats-Unis et en France avec Bérégovoy relayés par les guignols médiatiques Tapie et Montand.

Depuis, que les gouvernements aient été de "droite" ou de "gauche", la même politique libérale nous a été imposée avec la fermeture massive de lits et d'hôpitaux.

Aujourd'hui nous manquons de lits de réanimation mais qui a validé par exemple le Projet régional de santé de la région PACA qui prévoit la fermeture de 13 réanimations ?

Qui a fermé, il y a un an, la réanimation de l'hôpital Jean Verdier à Bondy dans mon département, que nous avons pu rouvrir heureusement la semaine dernière car le matériel et le personnels était encore présent ?

Les ministres de la santé qui se sont succédés, servilement assistés par une partie des directeurs et des médecins en postes de responsabilité.

Et aujourd'hui, ils viennent pleurer dans les médias, comme le premier de la classe, Martin Hirsch, pour faire appel à la générosité publique pour acheter du matériel et aux retraités pour venir aider le personnel en nombre insuffisant.

Manque de lits et de personnels, ce sont les revendications qui motivent notre grève depuis plus d'un an.

Un de ceux qui nous a envoyé paître lorsqu'il était rapporteur du budget de la Sécurité sociale, c'est Olivier Véran qui aujourd'hui essaye de se dédouaner dans ses interventions en tant que Ministre de la santé.

Aujourd'hui nous faisons notre boulot pour assister au mieux nos patients avec des moyens insuffisants.

Mais après la crise, il faudra que ces "braves" gens passent à la caisse pour payer car leur responsabilité est clairement établie.

                             Le Dr Prudhomme écrit dans Vie Nouvelle Nationale


DÉMOCRATIE
Coronavirus ;
Restriction des libertés : attention à ne pas franchir la ligne rouge !
(Le groupe CRCE)
·         30 mars 2020

Partout dans le monde, les pays touchés par la pandémie désastreuse et historique du covid-19 testent des technologies qui permettent de tracer les personnes infectées et celles qui sont en bonne santé.
Ce mardi, l’Élysée a lancé une réflexion sur le suivi par GPS des personnes infectées au Covid-19, déjà expérimenté avec « succès » en Corée du Sud.
Au même moment, et depuis le 18 mars dernier, la Préfecture de police de Paris a déployé un dispositif de surveillance aérien dans le ciel de la capitale.
Traçage numérique, algorithmes, création d’applications de recensement des personnes infectées, la start-up nation semble échapper à tout confinement.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE demandent au gouvernement la saisine en urgence de la CNIL et du Défenseur des droits.
La lutte contre le Covid-19 peut-elle légitimer toute atteinte aux libertés ? Alors qu’a été instauré pour deux mois un état d’urgence sanitaire qui confère au Premier ministre des pouvoirs exorbitants du droit commun visant essentiellement à restreindre les libertés publiques.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE se sont opposé.e.s à l’état d’urgence sanitaire tel que proposé, considérant insuffisants les garde-fous nécessaires, notamment en matière de contrôle parlementaire et les conséquences juridiques délétères, surtout concernant notre droit du travail.
En parallèle à ce cadre juridique d’exception, ils et elles appellent à une vigilance accrue face à la création d’un régime d’exception qui par nature bouscule les règles et les valeurs fondamentales de notre République, et mettent aujourd’hui en garde contre le développement de ce genre de technologies qui fragilisent les piliers de notre État de droit.



Annie Ernaux est écrivain. Elle vit à Cergy, en région parisienne. Son œuvre oscille entre l'autobiographie et la sociologie, l'intime et le collectif. Dans cette lettre adressée à Emmanuel Macron, elle interroge la rhétorique martiale du Président.

Cergy, le 30 mars 2020
Monsieur le Président,
« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ 
Si vous avez le temps ». 
À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. 
C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. 

Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. 
Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. 

Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. 
Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. 
Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. 
Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.  

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. 

Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. 
C’est un temps propice aux remises en cause. 
Un temps   pour désirer un nouveau monde. 
Pas le vôtre ! 
Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. 

Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, 
Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. 

Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d’Alain  Souchon. 
Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

jeudi 26 mars 2020


L’État doit maintenant reprendre la main en nationalisant les entreprises qui doivent l’être

Covid-19 -

Sénatrice 
25 mars 2020

L’heure est grave. L’épidémie de coronavirus s’étend sur toute la planète et notre pays est particulièrement frappé. Des mesures exceptionnelles sont prises, mais elles ne sont pas suffisantes. Nos hôpitaux, nos EPHAD appellent à l’aide. Ils ont besoin de masques de réanimateurs, de tests, et bientôt des médicaments. L’incapacité de la sixième puissance économique mondiale à fournir ce qui pourrait paraître une évidence est dramatique. Cette incapacité est révélatrice du ravage du libéralisme, système que vous portiez aux nues avec d’autres avant. L’État doit maintenant reprendre la main, un état citoyen au service du peuple.
Deux voies d’action immédiate Mr Le Ministre : Il faut rouvrir et nationaliser en urgence l’usine LUXFER, seul fabricant en Europe de bouteilles à oxygène, fermé il y a quinze mois par son propriétaire britannique. Les 134 ex-salariés ont maintenu en l’état le matériel.
Annoncez la nationalisation et la réouverture ! Ensuite, décidez aujourd’hui la réquisition d’usines de textile pour la fabrication massive des masques. Contrairement à d’autres, elles sont aujourd’hui indispensables à la gestion de l’urgence sanitaire. Oui, Emmanuel Macron a raison quand il déclare » qu’un modèle de développement dévoile ces failles au grand jour ».
Nationaliser n’est plus un gros mot. Mr le Maire et vous-mêmes l’évoquez, le MEDEF lui-même abjure le gouvernement d’y recourir. Les sociétés construites sur la quête du profit, la concurrence, la primauté des intérêts privés vacillent. La crise sanitaire en est le terrible révélateur. Oui, il faut redonner à l’État la maitrise du destin de notre pays.
Mais, contrairement au MEDEF nous ne voulons pas de nationalisations temporaires pour sauver les actionnaires. Non, il faut libérer définitivement les services publics de la loi du marché et assurer dans le secteur financier et industriel là où il le faut, je pense en particulier à l’énergie, comme à l’industrie pharmaceutique, la maitrise populaire. Allez-vous, Mr Le Premier Ministre, engager des mesures immédiates, et à long terme ces ruptures dont le pays a cruellement besoin ?
Mr le Premier Ministre, vos hésitations à donner à l’état les moyens d’agir aujourd’hui et demain ne sont pas acceptables, alors que vous avez fait voter en urgence des mesures pérennes pour réduire le droit de travail, contraindre les salariés et restreindre les libertés. Il y a bien deux poids et deux mesures. Ce sont toujours les mêmes que vous mettez à contribution en écartant toute remise en question concrète d’in système qui a failli et met aujourd’hui notre peuple en danger.



Il fait beau mais les ordonnances du gouvernement sont en train de pleuvoir. 
Peut-on être étonné qu’il profite de la crise pour se livrer à une nouvelle attaque sociale ?
Pendant le confinement, il appelle à aller au travail. Il refuse d’agir pour ne maintenir que les activités indispensables à passer le temps de crise aiguë, en engageant une démarche avec les acteurs économiques et sociaux pour les définir au plus près.
Il cherche à faire supporter la situation par les salariés : plutôt les congés confinés que le chômage partiel, qu’il semble accorder au compte-goutte alors que toute l’économie est impactée.

C’est pour cela qu’il donne prise aux employeurs sur les congés, les RTT et les repos hebdomadaires.
Désormais, il pourra, sous réserve d’un accord de branche ou d’entreprise, différer une semaine de vacances en prévenant le salarié un jour avant, imposer le fractionnement, suspendre le droit à un congé simultané avec un conjoint…
Il pourra sans autre réserve que de ne pas excéder dix jours au total, imposer ou modifier les RTT un jour avant, imposer la prise des jours du compte épargne temps. 

Deuxième volet, il élargit les possibilités d’augmenter le temps de travail sans que ce soit discuté, justifié, contrôlé, sécurisé pour les secteurs « jugés essentiels à la continuité de la vie économique et à la sûreté de la Nation » (là, ils existent) (mais quels sont-ils ?).
Dans ce cadre, la durée maximale hebdomadaire est portée à 48 heures sur douze semaines glissantes (au lieu de 44) et à 60 heures sur une seule semaine.
Des marges seront données pour le repos dominical et le temps de repos entre deux journées de travail porté à 9 heures au lieu de 11 heures.
Auparavant, ces dérogations impliquaient une autorisation expresse.

Et pour couronner le tout, il ne s’en tient pas à l’urgence sanitaire. Ces mesures sont inscrites dans la loi jusqu’au 31 décembre 2020. Le gouvernement mixe le temps de l’urgence et le temps de la relance.
La relance a donc déjà commencé, au prix du risque sanitaire et elle se poursuivra dans des conditions sociales dégradées qui n’ont jamais été discutées. 

Ce sont des mesures drastiques qu’il faut prendre pour que le travail de ce temps de crise ne serve pas les profits
Mais rassurons-nous, le gouvernement a suggéré aux entreprises d’y aller mollo sur les dividendes dans la période… On croit rêver.
Ce sont des mesures drastiques qu’il faut prendre pour que le travail de ce temps de crise ne serve pas les profits et pour que les dispositifs publics qui peuvent s’avérer nécessaires n’alimentent pas la grosse caisse.
Pendant ce temps, la spéculation va bon train sur les marchés financiers…

C’est pourquoi, ce soir, je me suis adressé à Bruno Le Maire pour en savoir plus sur les perspectives de nationalisations et prises de participations à envisager pour faire face.
Je l’ai également interpelé pour connaître les initiatives européennes que le gouvernement entend engager dans les plus brefs délais afin d’assurer une coordination des mesures qui touchent la production et les échanges :

la force d’aucun travailleur et d’aucune travailleuse ne doit être utilisée au mépris de sa santé ni mobilisée au-delà de ce qui est nécessaire en temps de crise sanitaire (j’ai l’impression que, comme souvent, c’est pire dans la sous-traitance, sujet sur lequel j’ai demandé aux autorités locales une vigilance particulière).

Et l’Union européenne doit d’ores et déjà se préparer à protéger les capacités de production, les savoir-faire, les emplois, les ressources au moment de la relance.
Et dans la foulée, j’ai écrit à Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique et solidaire, pour savoir ce qui est engagé pour maîtriser les effets des événements sur la planète :
la relance devra être écologique. La crise dont nous devons affronter les dégâts doit aussi être l’occasion d’accélérer un certain nombre de transformations possibles et nécessaires.

Je suis également attentif à la situation de l’Hôpital et à celle dans les EHPAD.

Le manque de matériel continue à se faire sentir de façon inacceptable.
Cela me renforce dans ma conviction concernant la création de nouveaux outils publics pour le médicament et les dispositifs médicaux et nous essayons en même temps d’avancer sur notre proposition de loi.

Tout le monde peut maintenant mesurer ça et là l’incurie du libéralisme qui nous a conduit dans ce dénuement public insupportable. 

Le sujet qui continue à agiter beaucoup de monde en ce moment, c’est le recours au chômage partiel.
J’ai demandé des comptes aux autorités.
Je me suis adressé aujourd’hui aux nombreux artisans et commerçants qui s’inquiètent et craignent de n’être pas reconnus éligibles au dispositif.

J’ai pu échanger avec un de nos agriculteurs suite à la décision de fermer les marchés.
Nous avons besoin d’eux.
Franchement, les déclarations « à la one again » des membres du gouvernement sur le sujet sont lamentables.
L’un qui suggère aux gens de sortir de leur confinement pour aller se distraire en pratiquant le métier de paysan et l’autre qui le corrige avec une formule méprisante pour les enseignants qui galèrent.

Faut arrêter de sucrer les fraises… 

Je commence à écrire cette chronique de plus en plus tard et un peu plus scotché sur le réel qui nous agrippe.
Une fois le raid de la journée un peu passé, lorsqu’il est vain de chercher à joindre les uns, les unes ou les autres,
je me remets au boulot sur ce premier ouvrage sur les retraites et la protection sociale (qui m’a fait décaler un autre projet sur le travail), et j’entrevois par la fenêtre entrebâillée l’ampleur d’une idée folle, tellement folle qu’elle a commencé à prendre réalité.

Nous l’avons appelée sécurité sociale. J’aime ce nom, et son diminutif, sécu, qu’employait si souvent mon père qui en était l’un des agents.

Quelle invention !

Elle a trop été empêchée. Elle n’est pas une idée banale. 

Elle porte en elle un mouvement profondément civilisant : elle mutualise une part des richesses créées par le travail pour la rendre à l’humain, au soin de l’humain, sa santé, sa retraite, ses enfants, son travail...

J’écris tout cela sur un coin de table et il faudrait y mettre des mots plus justes.
Mais l’heure n’est plus à approfondir.
Je peux juste en profiter pour souhaiter qu’elle ne soit pas une victime collatérale mais l’un de moteurs du monde d’après.
Deux journalistes m’ont interrogé aujourd’hui sur ce monde d’après, me demandant comment je réagissais au pas de côté d’Emmanuel Macron, la semaine dernière.

Je ne vais pas vous surprendre : aucune confiance.
Dans la crise s’aiguisent les contradictions.
Les profiteurs cherchent à en profiter et les dominants cherchent à asseoir leur domination, mais grandissent aussi les consciences.
La crise éclaire le réel d’un autre jour.
Alors oui, nous pouvons penser que de ce moment sortira un autre monde, mais à la condition impérieuse de s’en occuper. 

J’ai une petite pensée pour Josette, dont je viens d’avoir la fille au téléphone.
C’était une militante extra, pleine d’enthousiasme et d’humanité.
Je la rencontrais souvent en traversant à grandes enjambées le jardin de Ferrières, où elle se retrouvait avec ses copines. 
Je reçois des messages amicaux, comme chacune et chacun d’entre nous sans doute, de copains qui demandent des nouvelles et me disent de prendre soin de moi.

Prenez soin de vous.
Prenons soin de nous.
A demain.


Post Scriptum : Une pensée quand même aussi pour Uderzo, le dessinateur talentueux d’Astérix, qui nous a quittés. Quel génie que cette création partagée avec Goscinny, le tout sans potion magique… J’en profite pour glisser là combien je reconnais en la bande dessinée un art noble, et je salue l’ami martégal Yann Madé, enfermé avec ses feutres et sa planche à dessin.

PIERRE DHARRÉVILLE

mercredi 25 mars 2020


Vu de l’étranger.
La pénurie de masques en France symbolise le délabrement du système de santé

·         FRANCE
·         SANTÉ
·         FRANCE
·         COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 20/03/2020 - 14:12
Le manque de moyens auquel font face les personnels soignants français dans la crise du coronavirus étonne la presse étrangère. Celle-ci ne manque pas de faire le parallèle avec la situation critique que dénoncent les professionnels médicaux depuis plusieurs mois.
NOS SERVICES
“Pendant que les rues sont désertes, les attractions touristiques fermées et les parcs abandonnés, les hôpitaux français bouillonnent de vie et se préparent au pire”, résume le journal canadien Le Devoir. Or si les personnels soignants sont plus que jamais mobilisés pour faire face à cette pandémie, “encore faut-il qu’ils aient des masques”.
En effet, indique le quotidien argentin Página 12, “la France, puissance mondiale, souffre d’une pénurie de masques. Et ce, jusque dans les hôpitaux de sa capitale.” Et si le ministre de la Santé “répète dans les médias qu’un stock de 110 millions de masques” est disponible “pour démentir les inquiétudes”, note Le Temps, les médecins sont inquiets. Les propos de ce docteur exerçant à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans Pagina 12, en témoignent.
S’il y a un symbole de l’abandon dont nous sommes victimes, c’est bien cet objet qui manque, pas seulement ici, mais partout. Il y a des médecins libéraux, des infirmières, des kinésithérapeutes qui se rendent chez les malades qui ont besoin d’eux sans le moindre masque.”

La production réquisitionnée
À Grenoble, dans la ville même où a exercé le ministre de la Santé Olivier Véran, la direction de l’hôpital est allée jusqu’à demander “au personnel soignant de se préparer à fabriquer ses propres masques de protection” en raison de “la pénurie”, relate Le Temps“Depuis, des masques chirurgicaux ont été distribués en quantité suffisante aux hôpitaux grenoblois.”
Pourtant, le gouvernement a “réquisitionné toute la production de masques jusqu’à la fin du mois de mai”, informe le New York Times“Il presse également les usines françaises de fournitures médicales de produire des masques 24 heures sur 24.”

Sur fond de mal-être médical
Cette “insuffisance des moyens de protection mis à leur disposition” fait donc “l’objet de colère”, rapporte Le TempsResponsable d’un syndicat d’infirmiers, Thierry Amouroux “a été l’un des premiers à alerter sur la pénurie. Pour lui, impossible de dissocier les défaillances actuelles de l’état chronique de délabrement du système hospitalier.”
Car, ajoute le journal suisse, “les grèves [des personnels soignants] de 2019 restent dans les mémoires” et “les blessures hospitalières ne sont pas cicatrisées”.

À LIRE AUSSI

“Nombre de médecins déplorent le fait que les hôpitaux français ont été soumis à un régime de rigueur depuis plusieurs années”, renchérit Le Devoir. Et si “le pays mise [entre autres] sur son excellent réseau de médecins de famille” ou que des centaines de soignants, retraités depuis moins de cinq ans, ont accepté “de prêter main-forte à leurs collègues”, il n’en reste pas moins, pour Le Temps, que le “coronavirus est le révélateur le plus flagrant qui soit du ‘mal-être’ médical français”.
Audrey Fisné

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