vendredi 11 juin 2021

 Publié le 09/06/2021 par PCF

2022 : Remettre au cœur du débat politique le changement de politique dont la France a besoin – Extraits de l'intervention de Fabien Roussel devant le Conseil national des 28 et 29 mai.

Nous avons besoin de remettre au cœur du débat politique le changement fondamental de politique qu’exigent la situation politique et l’aggravation des crises qui minent le pays. La candidature que nous avons décidée à l’occasion de l’élection présidentielle de 2022 doit y contribuer pleinement.

Les scrutins des 20 et 27 juin prochains compteront beaucoup pour cette échéance. Et je compte bien, comme je l’ai déjà fait à travers plusieurs déplacements ces dernières semaines, placer ma candidature au service du succès de nos candidates et candidats, notamment cette semaine en AURA aux côtés de Cécile Cukierman et de la liste qu’elle conduit. Je poursuivrai la semaine prochaine en Bourgogne Franche-Comté, autour des enjeux industriels portés par nos candidats, en Bretagne et évidemment dans les Hauts-de-France.

Sans revenir sur les propositions de Pierre Lacaze et sur notre débat d’hier soir, je veux souligner que nous devons tout mettre en œuvre, en terme de direction, pour faire grandir, avec les départementales et les régionales, des propositions qui montrent, quels que soient les rassemblements dans lesquels nous nous inscrivons en fonction des régions et des départements, la possibilité d’ouvrir un chemin d’espoir pour le pays, de répondre aux besoins populaires et de construire des réponses crédibles et durables à la crise.

Il nous faut progressivement entrer dans une nouvelle phase, tous ensemble, celle d’une candidature identifiée par notre peuple, par la jeunesse et le monde du travail et de la création comme le levier utile pour se défendre contre les politiques qui leur sont imposées depuis trop longtemps et pour ouvrir une alternative crédible et ambitieuse dès 2022.

Dans ce travail, j’ai proposé à notre camarade Ian Brossat d’assumer la responsabilité de directeur de campagne, et à Jérémy Bacchi celle de mandataire financier. Tous deux ont accepté et je tiens à les en remercier en notre nom à tous, tant ces fonctions sont importantes pour mener une campagne présidentielle, surtout quand nous n’avons pas tous l’héritage des dernières campagnes de ce type.

Avec eux, et prochainement avec l’exécutif national, je vous proposerai un dispositif de campagne, à l’appui d’un organigramme, au sein duquel chacune et chacun aura à cœur d’apporter le meilleur pour mener ce combat, difficile mais enthousiasmant.

Je réunirai la semaine prochaine, avec Igor Zamichiei et Pierre Laurent, l’ensemble des secteurs de travail pour un échange sur les modalités de travail permettant de nourrir notre campagne dans tous les domaines, à partir des propositions actualisées pour notre projet pour la France, mais aussi de propositions d’initiatives susceptibles de rythmer la campagne présidentielle et la construction d’un pacte d’engagements communs pour les législatives.

Sans attendre toutefois, nous avons engagé la mise en place d’un dispositif de communication permettant de faire connaître l’existence de notre candidature dans le paysage politique.

  • Avec un site internet fabienroussel2022.fr et une affiche qui est en cours de livraison dans les fédérations.
  • Avec un mot d’ordre qui situe l’ambition de notre campagne : relever le défi des jours heureux.

- Avec la référence « aux jours heureux », il s’agit ainsi d’inscrire notre combat politique dans une perspective positive pour notre peuple, libérée des dominations, des injustices, des inégalités, des gâchis et de toutes les souffrances humaines qu’engendre le système en place.

En situant cette perspective comme un défi, nous entendons faire des conditions de cet horizon un grand débat politique dans le pays. Il ne s’agit en effet pas seulement de porter un nouveau projet de société, en rupture avec celui du néo-libéralisme, mais de dialoguer avec tout le pays des conditions politiques de sa mise en œuvre.

La campagne de la présidentielle, telle que je la conçois, doit permettre de bousculer le débat politique du pays.

Travaillons à l’implication la plus large dans notre campagne, dans le Parti et bien au-delà dans toute la société française.

Toutes et tous candidats, toutes et tous acteurs de ce débat démocratique dont nous voulons irriguer le pays sur le changement de politique.

Permettons à toutes celles et tous ceux qui vont nous rejoindre durant toute cette année, en restant eux-mêmes mais en voulant contribuer au rassemblement sur notre projet, notre démarche et nos propositions, de trouver leur place.

Et les centaines de femmes et d’hommes que nous choisirons pour être candidats aux élections législatives et construire, localement et nationalement, le pacte d’engagements communs que nous voulons, auront également un rôle décisif, en cohérence avec nos ambitions pour les élections législatives, de renforcer considérablement la représentation de la gauche à l’Assemblée nationale, et notoirement de sa composante communiste.

Afin de marquer l’été par de premières initiatives de campagne au plus près de nos concitoyens, dans la foulée des échéances départementales et régionales, je vous propose que nous décidions de faire circuler tout l’été une caravane de la présidentielle, dont nous pourrions nous donner l’objectif qu’elle circule dans 25 départements.

Dans les semaines et les mois qui viennent, soyons le moteur d’initiatives politiques sur tous les enjeux essentiels pour nos concitoyen·ne·s, en lien permanent avec les luttes.

Oui, nous avons besoin de faire de cette campagne un temps de développement des luttes, d’expression des exigences sociales, de promotion des aspirations à la démocratie, dans les institutions comme dans les entreprises, de débats avec les syndicats, les associations, les forces de gauche, pour pousser l’indispensable débat sur le contenu d’une politique de gauche à la hauteur des défis de la période.

Des victoires sont possibles et précieuses pour la dynamique politique que nous voulons voir grandir !

C’est le cas avec les salarié·e·s d’Ibis Batignolles, avec la réintégration d’Alex obtenue par la justice contre la direction de la RATP, de l’annulation du licenciement de Cathy chez Primark, ou encore de l’obligation imposée à la direction de la SNCF de réintégrer Jean-Michel Dieudonné, que j’ai reçu à Colonel-Fabien, comme j’ai reçu, avec Fabien Gay, les salariés licenciés de chez TUI, toujours en bagarre. Pour beaucoup ces succès doivent à la détermination des salariés et de la CGT, à l’engagement à leurs côtés des militants et des élus communistes notamment.

Mais nous voyons bien que ces succès, aussi encourageants soient-ils, appellent une mobilisation sociale et politique d’un tout autre niveau, alors que la crise économique s’approfondit et qu’elle va être décuplée dès que les dispositions de soutiens gouvernementaux seront levés.

Sur la santé avec la campagne « Pas de profits sur la pandémie », la jeunesse avec notre proposition d’un pacte pour la jeunesse, l’énergie avec la première étape des états généraux, l’industrie qui est au cœur du tour de France des entreprises, les initiatives prises ces derniers mois par le PCF nous ont permis de marquer des points décisifs. Ces initiatives doivent être prolongées avec esprit de suite.

Concernant la santé, c’est le sens des Assises du Médicament que j’ouvrirai le 10 juin prochain ici même au siège du Parti. Et je veux déjà remercier les camarades du secteur Santé et de la commission Économique pour leur travail extrêmement précieux à cette occasion.

En matière de jeunesse, je vous propose de prolonger le travail par la mise en débat de nos propositions très largement soutenues dans le pays, en lien avec le MJCF, à travers des réunions réunissant des centaines de jeunes pour construire avec eux le pacte dont la jeunesse du pays a tant besoin.

J’ai poursuivi cette semaine la bataille aux côtés des énergéticiens pour porter la constitution d’un grand service public de l’énergie, par des initiatives en Pyrénées-Atlantiques, avec les barrages hydro-électriques et à Gravelines sur le nucléaire.

Sur tous ces enjeux, nous mesurons à quel point la question du travail et de l’emploi est décisive.

Pour engager une véritable révolution sanitaire, éducative, il faut y rompre les logiques d’austérité et embaucher, former, massivement, et dégager à cette fin d’immenses moyens. C’est le cas aussi à la Banque de France, cœur de notre système bancaire, où plus de 1 000 emplois risquent d’être rayés d’un trait de plume avec des missions de service public mises en cause, ou encore à la Société générale. C’est encore le cas avec les salariés de Framatome, d’APERAM en Saône-et-Loire, là aussi confrontés aux délocalisations boursières, avec ceux de la plateforme de Roussillon en Isère qui portent, avec la CGT Chimie, la revendication d’une délocalisation de la production du paracétamol sur notre territoire. C’est le cas dans tant de filières, véritablement livrées au saccage industriel, sous la houlette de grandes multinationales, parfois avec la complicité du gouvernement. Des PSE, les délocalisations et abandons de production se multiplient ainsi dans la filière de la fonderie automobile, avec des situations humaines parfois dramatiques, en Morbihan, dans l’Indre ou encore dans le Jura, où je me rendrai ce lundi soutenir les salariés de MBF en lutte et appuyer les démarches de la présidente de Région pour préserver l’outil industriel et les emplois, en lien avec nos camarades colistiers aux régionales.

Aussi, je vous propose de construire une grande initiative nationale sur l’emploi à l’automne à Paris, dans laquelle nous pourrions faire converger les luttes pour l’emploi de tous nos départements, donner la parole à des travailleurs et formuler des propositions en la matière pour le pays, notamment en matière de sécurisation de l’emploi.

En résumé, en réponse à une crise politique majeure, il nous incombe la responsabilité de provoquer une redistribution des cartes politiques dans le pays, en particulier à gauche.

Par nos propositions, en participant à tous les débats auxquels nous serons conviés, par les initiatives que nous entendons prendre pour aider au rassemblement des forces populaires, nous voulons nous adresser aux électrices et électeurs de gauche, à toutes les formations progressistes, aux forces du mouvement social, à toutes celles et tous ceux qui se désespèrent de n’avoir pas de réponses à leurs attentes et interrogations. Avec elles, avec eux, nous voulons construire une perspective d’espoir.

Nous ne nous résignons pas à la faiblesse de la gauche, à son impuissance à parler au monde du travail, aux classes populaires, à la jeunesse.

De la présidentielle aux législatives, nous entendons de toutes nos forces faire émerger l’alternative dont la France a besoin.

C’est le sens profond de mon engagement dans cette campagne présidentielle.

Voilà, cher·e·s camarades, les propositions que je souhaitais vous présenter en introduction de notre débat.

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