Ruralité : une autre vision du maire communiste
Publié le 04 mars 2026
J’ai été élu maire d’une commune de la Somme de 104
habitants en 2020.
C’était mon premier mandat en tant que conseiller
municipal et donc en tant d’édile.
Étant le seul communiste d’une liste construite avec des habitants, la plupart étant issus du comité des fêtes de la commune, je ne me suis jamais posé la question de ma légitimité.
Tous les conseillers municipaux comme une grande
partie de la population connaissaient mon engagement politique.
Un seul élu au conseil municipal n’a pas souhaité être
sur notre liste et s’est présenté seul.
Lors du conseil municipal d’installation, cet élu (propriétaire du château et comte) m’a questionné sur le devenir de la commune si celle si était gérée par un maire communiste !
Dans les petites communes rurales la peur du communiste est encore très ancrée dans la tête de certains habitants et pose des questions.
Beaucoup ont été surpris que j’entreprenne la
rénovation des vitraux de l’église, car pour eux un communiste rejette la
religion, alors qu’être maire c’est faire respecter la loi de 1905 dans le sens
strict de celle-ci dans laquelle la municipalité se doit d’entretenir le
patrimoine.
Être maire c’est permettre à la laïcité de prendre toute sa place dans la vie communale et c’est respecter toutes les religions sans distinction.
Six années de mandats ont prouvé qu’être un maire
communiste dans une commune rurale permet de répondre différemment aux attentes
de la population sans faire de différences entre chacun.
Toutes les suggestions que j’ai apportées ont conduit
à un vote, souvent unanime, en conseil municipal.
Être proche des gens, être à leur écoute, améliorer
leur quotidien, ne pas rejeter d’emblée des idées mais construire des solutions
ensemble, soit lors des conseils municipaux ou lors d’assemblées de la
population, permet d’avoir une autre vision d’un maire communiste.
Les habitants ont mon numéro de portable et m’appellent ou me laissent des messages régulièrement ; une réponse est toujours apportée.
Beaucoup de décisions se prennent dorénavant dans les
instances des communautés des communes.
C’est dans ces instances que la présence de communistes est importante et nécessaire pour faire avancer des propositions novatrices ou en bloquer d’autres.
Sur ma communauté de commune, nous ne sommes que deux
communistes sur 150 membres, mais nos interventions sont écoutées par les
maires, dont la quasi-totalité sont des agriculteurs et surtout sont engagés.
C’est à ce titre que j’ai pu convaincre une majorité
pour maintenir un festival de musique et d’arts de rue que la présidence
voulait supprimer.
Concernant la culture, nous nous sommes aussi battus pour maintenir une saison culturelle avec un spectacle mensuel au plus près des habitants car nous changeons de commune chaque mois.
Pour 2026, avec une baisse de notre population en
dessous de 100 habitants et avec la nouvelle loi concernant les élections
municipales, nous n’aurons qu’une seule liste et je me représente en tant que
maire.
Cette fonction me permet aussi de reverser une partie de mes indemnités à mon parti et à financer des initiatives vers les habitants.
Pascal Aubrée
Maire de Bussy-lès-Poix
Article publié dans CommunisteS, numéro 1076 du 4 mars
2026.

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