jeudi 5 mars 2026

La 4e guerre du Golfe dans la recomposition de l’impérialisme régional et mondial

Publié le 04 mars 2026

Au matin du samedi 28 février, les États-Unis et Israël lancent une offensive armée en Iran, interrompant les négociations en cours à Genève, alors même que de premières annonces avaient fait état d’avancées sur le programme nucléaire et que les parties devaient se retrouver le lundi 2 mars pour la suite des négociations

Cette intervention fait suite à un premier conflit éclair, en juin dernier, lors de ce qui a depuis été appelé la « guerre des douze jours ».

Mais ses implications et ses enjeux sont bien plus graves et importants.

Au-delà de la question de l’Iran, cette guerre est une étape majeure dans la recomposition des rapports de force régionaux, voire mondiaux, et de l’impérialisme, comme de ses contradictions. L’imbrication étroite des enjeux régionaux, des enjeux internationaux et des intérêts particuliers des puissances internationales et régionales dessine un paysage complexe avec un point nodal commun : l’importance du contrôle des réseaux.

Dans la phase actuelle de refondation des modalités de l’accumulation capitaliste et de l’impérialisme, le contrôle des réseaux (énergétiques, commerciaux, numériques, spatiaux…) acquiert une dimension nouvelle.

On parle, à raison, beaucoup du rôle majeur du détroit d’Ormuz.

Il voit passer 24 % du commerce pétrolier et 20 % du GNL mondial. Plus de 85 % du commerce pétrolier est à destination de l’Asie. Pour le GNL, 26 % sont à destination de la Chine et 19 % de l’Inde.

Plus largement, la région est le carrefour de corridors majeurs en cours de construction : corridor IMEC (Inde-Émirats-Israël-Europe), corridor Russie-Iran, corridor Irak-Turquie, etc.

Dans ce contexte, les enjeux sont les suivants :

·         Les deux alliés, les États-Unis et Israël, poursuivent aujourd’hui des objectifs militaires différents et des intérêts économiques convergents. L’action états-unienne s’attache ainsi en priorité à réduire à néant les infrastructures stratégiques et les capacités de production dont dispose l’Iran. Elle est aussi le fruit de la pression croisée des dirigeants israéliens et saoudiens qui ont pour intérêt commun de neutraliser l’Iran.

·         Le gouvernement de Benyamin Netanyahou semble pour sa part aspirer à éliminer l’un des obstacles à sa politique de chaos et d’hégémonie régionale, en donnant un coup d’accélérateur à sa politique d’épuration ethnique et d’annexion de la Cisjordanie et en reprenant les opérations militaires au Liban, à six mois d’élections législatives en Israël.

·         Une troisième puissance régionale, l’Arabie-saoudite, rivale de longue date de l’Iran, semble accorder sa partition sur la force d’intervention israélo-états-unienne. L’application du plan Trump pour le Proche-Orient et la nouvelle définition que Trump a apportée au projet américain de « Grand Moyen-Orient » lors de son discours de Riyad en mai dernier ouvrent pour la monarchie wahhabite l’opportunité de gagner de nouvelles positions dans la région, ce qui passe par la remise en cause de l’accord irano-saoudien de 2023 conclu sous le parrainage de la Chine. Ce sont les conditions d’accord d’Abraham de nouvelle génération qui sont ici en train de mûrir.

·         La crise historique de la dictature théocratique en Iran est une sorte d’opportunité pour ces intérêts de se concrétiser. L’ampleur du soulèvement populaire du mois de janvier dernier a montré la faiblesse des forces sociales qui soutiennent encore le régime. La violence sanguinaire de la répression a montré, à nouveau, que ce régime était prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Ses provocations successives dans le domaine nucléaire (enrichissement de l’uranium bien au-delà des cadres fixés par l’AIEA) ont fait le reste. Ses attaques de ces derniers jours contre les États membres de l’organisation de coopération du Golfe, contre les raffineries saoudiennes, contre les usines de GNL au Qatar, achèvent de l’isoler.

Malgré les politiques néolibérales de la dictature et les sanctions internationales l’Iran dispose encore à ce jour des chaînes de production et des infrastructures nécessaires pour produire les drones Shahed, ainsi que des ressources balistiques nécessaires à la force de riposte, pour le moment. 

Les 2 500 établissements d’enseignement supérieur du pays produisent chaque année des cohortes de cadres, d’ingénieurs, de techniciens qualifiés, dont beaucoup occupent des postes clés au sein des infrastructures stratégiques et des chaînes de valeur associées.

L’Iran forme chaque année 3 500 000 étudiants.

La mise au pas des filières industrielles de la défense, du nucléaire, de l’acier, du gaz et du pétrole, actuellement très dynamiques et imbriquées dans des réseaux de coopération, risque à l’avenir d’éteindre l’un des principaux secteurs d’emplois qualifiés du pays, provoquant la ruine de l’économie iranienne et encourageant toujours davantage la fuite des cerveaux. 

Les forces progressistes iraniennes redoutent à présent de subir un sort comparable à celui de l’Irak, où l’analphabétisme, quasiment inexistant avant le début des guerres du Golfe, a fait des bonds spectaculaires.

L’exemple de l’Irak témoigne de l’impact destructeur des conflits armés sur l’éducation et les perspectives d’avenir des populations.

Dans un contexte d’intensification de la guerre économique des États-Unis avec la Chine et ses alliés régionaux, le développement et les transferts de potentiel intellectuel constituent l’un des leviers de la montée en puissance économique.

Ainsi, dans la nouvelle configuration du rapport de forces international, la compétition technologique, les circuits commerciaux et la course à l’innovation constituent bien plus que la trame de fond des conflits armés.

Pour les rivaux régionaux de l’Iran, Arabie saoudite et Israël en tête, le développement économique de l’Iran et de ses forces productives représente un réel obstacle.

L’intervention en Iran doit permettre aux États-Unis de consolider un rapport de force face à la Chine, mais aussi de contenir la Russie, en supprimant un possible contrepoids dans le Caucase du Sud, où la puissance américaine souhaite s’imposer à travers le corridor de Zanguezour.

La finalité d’une telle démarche est la refondation de l’impérialisme US dans le contexte où les recompositions internationales lui échappent en grande partie.

Sa méthode est l’unilatéralisme absolu, face aux aspirations au multilatéralisme et à la réalité d’un monde devenu multipolaire.

Cependant, il est confronté à des contradictions.

La hausse des prix du pétrole et du gaz va à l’encontre des efforts de Trump pour les diminuer afin de conforter ses promesses d’amélioration du pouvoir d’achat interne aux États-Unis.

Il faut également compter sur le peuple iranien, qui, malgré des décennies de répression politique, ne semble nullement disposé à abandonner ses revendications pour l’égalité, la justice sociale et le développement du pays.

Depuis des décennies, la société iranienne proteste contre les politiques néolibérales et destructrices du régime de la République islamique, qui engendrent la misère et assèchent l’économie du pays, sous le regard approbateur du FMI et de la Banque mondiale.

Au fil des nombreuses grèves et manifestations, les Iraniens s’opposent autant aux sanctions internationales qu’aux politiques néolibérales qui contribuent, elles aussi de manière significative, à tarir les forces vives de l’économie du pays et dénoncent la corruption, devenue endémique.

En 2024, l’élection de Massoud Pezechkian avait ainsi été portée par une promesse d’union nationale, réitérée après la guerre de Douze Jours, mais restée lettre morte.

L’absence de réalisations concrètes n’ont fait qu’exacerber la colère légitime du peuple.

Pas plus hier qu’aujourd’hui, la société iranienne ne semble donner de signaux de renoncement. Elle paraît au contraire fermement arrimée à son indépendance nationale et à sa souveraineté dans ses choix d’avenir.

La nécessaire fin du régime actuel, le maintien de l’intégrité territoriale de l’Iran, le respect de la souveraineté du peuple iranien et sa lutte contre toute ingérence étrangère appellent à la large coopération et à la constitution du front des forces progressistes iraniennes, comme l’exige le parti Toudeh d’Iran.

La poursuite de l’escalade militaire pourrait avoir de sérieuses conséquences sur l’équilibre régional, comme le rappellent unanimement les forces progressistes du Proche et Moyen-Orient, au parti Toudeh comme au sein de la plateforme militante et associative, The Peace Partnership (Le Partenariat pour la paix), constitué à l’initiative du Parti communiste d’Israël.

En confortant la position israélo-étatsunienne, le Président de la République Emmanuel Macron expose la France à des risques de grande ampleur, pouvant aller bien au-delà des attaques sur les bases militaires françaises au Proche et au Moyen-Orient.

Le Secrétariat du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1076 du 4 mars 2026.

 

 

 


Garder notre âme de village

Publié le 25 février 2026

Être maire communiste aujourd’hui, c’est faire le choix du concret.

Septèmes-les-Vallons est une ville de 12 000 habitants située entre deux grandes villes, Marseille et Aix-en-Provence.

Dans ce territoire métropolitain dense, notre priorité est claire : améliorer la vie quotidienne des habitants tout en préservant ce qui fait l’identité de notre commune.

Préserver l’âme de village de Septèmes-les-Vallons est un choix politique assumé.

Dans une métropole de 92 communes, nous avons su faire entendre la voix de notre ville et faire respecter ses spécificités.

Cette reconnaissance repose sur des choix cohérents en faveur de la qualité de vie et de l’intérêt général.

Septèmes-les-Vallons est aussi une commune forestière, adossée à un massif qui constitue un patrimoine naturel remarquable.

Cette richesse est une chance mais aussi une responsabilité.

Protéger nos espaces naturels et la biodiversité, prévenir les risques incendie, maîtriser l’urbanisation : tout cela participe à une écologie populaire, qui protège sans exclure.

Préserver la nature ici, c’est préserver la qualité de vie des habitants.

Notre commune est également citée en exemple pour sa politique de l’habitat.

Nous défendons un développement maîtrisé, qui permet de répondre aux besoins de logement sans dénaturer la ville ni rompre les équilibres sociaux.

Pour nous, l’habitat n’est pas un marché spéculatif, mais une question de dignité et de droit au logement.

Notre politique publique se traduit aussi dans des réalisations très concrètes.

Notre restauration collective municipale en est un bon exemple.

Elle permet de proposer aux enfants des repas de qualité, équilibrés, avec une attention portée aux produits et au goût.

Ces menus sont réfléchis dans le cadre d’une commission « repas » réunissant cuisinier, diététicienne, élus et parents d’élèves, car derrière la restauration scolaire, il y a un choix politique : celui de l’égalité, de la santé et du service public.

Nous faisons également le choix de services publics accessibles à toutes et tous, avec des tarifications adaptées et un soutien constant aux écoles et aux nombreuses associations qui font vivre la solidarité locale.

Pour nous, les associations ne sont pas des variables d’ajustement budgétaire !

Enfin, notre méthode repose sur la proximité.

Un maire communiste est un maire présent, disponible, à l’écoute.

Les habitants ne sont pas de simples usagers, mais des citoyens acteurs de leur ville.

Septèmes-les-Vallons montre qu’une autre gestion locale est possible : une gestion qui protège, qui anticipe et qui place la justice sociale au cœur de chaque décision.

C’est cela, pour nous, le communisme municipal.

André Molino
Maire de Septèmes-les-Vallons

Article publié dans CommunisteS, numéro 1075 du 25 février 2026.

 


 

Ruralité : une autre vision du maire communiste

Publié le 04 mars 2026

J’ai été élu maire d’une commune de la Somme de 104 habitants en 2020.

C’était mon premier mandat en tant que conseiller municipal et donc en tant d’édile.

Étant le seul communiste d’une liste construite avec des habitants, la plupart étant issus du comité des fêtes de la commune, je ne me suis jamais posé la question de ma légitimité. 

Tous les conseillers municipaux comme une grande partie de la population connaissaient mon engagement politique.

Un seul élu au conseil municipal n’a pas souhaité être sur notre liste et s’est présenté seul.

Lors du conseil municipal d’installation, cet élu (propriétaire du château et comte) m’a questionné sur le devenir de la commune si celle si était gérée par un maire communiste !

Dans les petites communes rurales la peur du communiste est encore très ancrée dans la tête de certains habitants et pose des questions.

Beaucoup ont été surpris que j’entreprenne la rénovation des vitraux de l’église, car pour eux un communiste rejette la religion, alors qu’être maire c’est faire respecter la loi de 1905 dans le sens strict de celle-ci dans laquelle la municipalité se doit d’entretenir le patrimoine.

Être maire c’est permettre à la laïcité de prendre toute sa place dans la vie communale et c’est respecter toutes les religions sans distinction.

Six années de mandats ont prouvé qu’être un maire communiste dans une commune rurale permet de répondre différemment aux attentes de la population sans faire de différences entre chacun.

Toutes les suggestions que j’ai apportées ont conduit à un vote, souvent unanime, en conseil municipal.

Être proche des gens, être à leur écoute, améliorer leur quotidien, ne pas rejeter d’emblée des idées mais construire des solutions ensemble, soit lors des conseils municipaux ou lors d’assemblées de la population, permet d’avoir une autre vision d’un maire communiste.

Les habitants ont mon numéro de portable et m’appellent ou me laissent des messages régulièrement ; une réponse est toujours apportée.

Beaucoup de décisions se prennent dorénavant dans les instances des communautés des communes.

C’est dans ces instances que la présence de communistes est importante et nécessaire pour faire avancer des propositions novatrices ou en bloquer d’autres.

Sur ma communauté de commune, nous ne sommes que deux communistes sur 150 membres, mais nos interventions sont écoutées par les maires, dont la quasi-totalité sont des agriculteurs et surtout sont engagés.

C’est à ce titre que j’ai pu convaincre une majorité pour maintenir un festival de musique et d’arts de rue que la présidence voulait supprimer.

Concernant la culture, nous nous sommes aussi battus pour maintenir une saison culturelle avec un spectacle mensuel au plus près des habitants car nous changeons de commune chaque mois.

Pour 2026, avec une baisse de notre population en dessous de 100 habitants et avec la nouvelle loi concernant les élections municipales, nous n’aurons qu’une seule liste et je me représente en tant que maire.

Cette fonction me permet aussi de reverser une partie de mes indemnités à mon parti et à financer des initiatives vers les habitants.

Pascal Aubrée
Maire de Bussy-lès-Poix

Article publié dans CommunisteS, numéro 1076 du 4 mars 2026.

 


dimanche 4 janvier 2026

 



VENEZUELA : DÉCLARATION DE DELCY RODRIGUEZ, VICE-PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU VENEZUELA

« La République bolivarienne du Venezuela rejette, répudie et dénonce devant la communauté internationale la grave agression militaire perpétrée par le gouvernement actuel des États-Unis d'Amérique contre le territoire vénézuélien et sa population dans les zones civiles et militaires de Caracas, la capitale, et dans les États de Miranda, d'Aragua et de La Guaira.

Cet acte constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, notamment de ses articles 1 et 2, qui consacrent le respect de la souveraineté, l'égalité juridique des États et l'interdiction du recours à la force.

Une telle agression menace la paix et la stabilité internationales, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes, et met gravement en danger la vie de millions de personnes.

L'objectif de cette attaque n'est autre que de s'emparer des ressources stratégiques du Venezuela, notamment son pétrole et ses minéraux, en tentant de briser par la force l'indépendance politique du pays. Ils n'y parviendront pas.

Après plus de deux siècles d'indépendance, le peuple et son gouvernement légitime défendent fermement leur souveraineté et leur droit inaliénable à décider de leur propre destin.

La tentative d'imposer une guerre coloniale pour détruire le régime républicain et forcer un « changement de régime », en alliance avec l'oligarchie fasciste, échouera, comme toutes les tentatives précédentes.

Depuis 1811, le Venezuela a affronté et vaincu les empires. Lorsque les puissances étrangères ont bombardé nos côtes en 1902, le président Cipriano Castro a proclamé : « Le pied insolent de l’étranger a profané la terre sacrée de la Patrie. »

Aujourd’hui, fort de l’exemple de Bolívar, de Miranda et de nos libérateurs, le peuple vénézuélien se soulève à nouveau pour défendre son indépendance contre l’agression impériale.

Le Gouvernement bolivarien appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation et à condamner cette attaque impérialiste.

Le peuple vénézuélien et ses Forces armées nationales bolivariennes, unis dans une parfaite unité populaire-militaire-policière, sont mobilisés pour garantir la souveraineté et la paix.

 Parallèlement, la Diplomatie bolivarienne de paix portera plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies, de son Secrétaire général, de la CELAC et du Mouvement des non-alignés, exigeant la condamnation et la mise en cause du gouvernement américain. 

Le président Nicolás Maduro a ordonné que tous les plans de défense nationale soient mis en œuvre en temps opportun et dans les circonstances appropriées, dans le strict respect des dispositions de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, de la loi organique sur les états d'urgence et de la loi organique sur la sécurité nationale.

À cet égard, le président Nicolás Maduro a signé et ordonné la mise en œuvre du décret déclarant l'état de troubles extérieurs sur l'ensemble du territoire national, afin de protéger les droits de la population, le plein fonctionnement des institutions républicaines et de passer immédiatement à la lutte armée.

Le pays tout entier doit se mobiliser pour vaincre cette agression impérialiste.

De même, le déploiement immédiat du Commandement pour la défense globale de la nation et des organes directeurs de la défense globale a été ordonné dans tous les États et municipalités du pays.

 En stricte conformité avec l'article 51 de la Charte des Nations Unies, le Venezuela se réserve le droit d'exercer sa légitime défense pour protéger son peuple, son territoire et son indépendance. Nous appelons les peuples et les gouvernements d'Amérique latine, des Caraïbes et du monde entier à se mobiliser et à s'unir activement contre cette agression impérialiste.

Comme l'a déclaré le commandant suprême Hugo Chávez Frías : « Face à toute nouvelle difficulté, aussi grande soit-elle, la réponse de tous les patriotes… est l'unité, la lutte, le combat et la victoire.

04 Janvier 2026


 

 


La stratégie Trump ou la refondation de l’impérialisme US

 

Publié le 17 décembre 2025

La « Stratégie de sécurité nationale » publiée par la Maison-Blanche le 4 décembre doit être prise à sa juste mesure : elle dresse les lignes de refondation de l’impérialisme étatsunien, tant dans ses objectifs que dans ses moyens et ses soubassements idéologiques.

Il s’agit d’une mise en cohérence globale de ce qui apparaît à la fois dans les discours clés d’orientation (tels celui de J. D. Vence à la conférence de sécurité de Munich le 14 février ou celui de Trump à Riyad le 13 mai) et dans les actions concrètes à l’encontre du droit international (plan Trump au Proche-Orient, militarisation de la mer des Caraïbes, mépris pour l’ONU…). 

Le document prend acte d’une réalité dès l’introduction : « Les stratégies américaines depuis la fin de la guerre froide ont échoué. » L’exemple longuement développé de la Chine l’illustre : les USA ont tenté d’intégrer la Chine dans un certain système contrôlé par eux de mondialisation néolibérale et, aujourd’hui, elle est devenue « l’égale » des États-Unis, ce qui est insupportable à ces derniers.

Ce constat reprend celui du document de stratégie nationale de 2018, du premier mandat de Trump.

Il s’agit donc de refonder l’impérialisme américain en prenant en compte ce changement majeur des rapports de force internationaux.

La rupture se fait sur deux éléments importants.

Premièrement, la nouvelle doctrine prend acte de la fin du néolibéralisme dans la mondialisation.

Jamais ses institutions ne sont citées, comme l’OMC et le G7.

Deuxièmement, elle associe les objectifs de l’impérialisme US à de nouveaux objectifs idéologiques qui sont en réalité une rupture avec les compromis sociaux et démocratiques, et les pratiques de pouvoir associés, qui ont émergé après 1945. C’est une sorte de « MAGA global ».

La stratégie évoque la lutte contre les migrants comme un objectif majeur et soutient ouvertement les forces d’extrême droite, notamment dans les passages consacrés à l’Europe et à l’Amérique latine.

Cela assigne également à l’extrême droite une place centrale dans la recomposition des rapports de force mondiaux en s’appuyant sur le fait qu’une partie des classes dirigeantes, au niveau international, font tomber les barrières entre droite conservatrice et extrême droite.

Le document du 4 décembre n’est donc pas simplement stratégique : c’est un manifeste politique. 

Les absences criantes du document sont donc tout à fait logiques : il n’y a aucun mot ni sur l’ONU, ni sur le respect du droit international, ni sur une quelconque organisation multilatérale.

Il ne s’agit pas seulement de piétiner le droit international, mais d’essayer d’y mettre fin.

C’est ainsi qu’a été saluée l’opération de guerre contre l’Iran de juin 2025.

Évidemment, des regroupements comme les BRICS et l’OCS ne sont pas mentionnés, mais les objectifs du document reviennent à tenter de les briser (par exemple en opposant l’Inde à la Chine).

Une fois dressé ce constat, les objectifs de l’impérialisme du XXIᵉ siècle sont clairement exposés : il s’agit de contrôler les réseaux au bénéfice du big business US pour assurer la réindustrialisation du pays et la reconstruction du capital US en crise.

Ces réseaux sont multiformes : corridors maritimes clés (mer de Chine méridionale, détroit d’Ormuz, mer Rouge), corridors énergétiques, corridors numériques et outils numériques, intelligence artificielle.

L’objectif de l’impérialisme US est donc de s’assurer le contrôle de ces corridors clés, que ce soit directement ou indirectement, par une politique de pression contre les peuples par l’arme du dollar et l’outil militaire.

C’est ainsi que le « plan Trump » sur le Proche-Orient prend toute sa place.

La place de Taïwan occupe également un rôle nouveau, longuement développé dans le document.

Le fait d’expliciter à quels intérêts précis renvoie cette stratégie illustre également les nouvelles modalités d’accumulation du capital que l’impérialisme US défend et cherche à protéger, d’une part, et les bases matérielles de la fraction des classes dirigeantes qui portent le projet politique décrit plus haut, d’autre part.

Quatre focus particuliers, dans le cadre de cette stratégie globale, peuvent être dressés :

–          Envers l’Amérique latine, les USA s’arrogent un droit d’influence exclusif. C’est la relance de la « doctrine Monroe », et dudit « corollaire Trump » de la doctrine Monroe (référence au « corollaire [Théodore] Roosevelt »). Les gouvernements qui refusent de rentrer dans le rang sont ouvertement menacés.

–          Envers l’Europe, le document reprend les poncifs d’extrême droite sur le « grand remplacement ». Cela démontre d’ailleurs à quel point la politique de capitulation et de collaboration des classes dirigeantes européennes envers Washington est dangereuse pour les peuples européens.

Il faut noter que c’est le seul endroit où l’OTAN est cité, pour en faire une référence négative.

L’OTAN peut être une victime collatérale de la refondation de l’impérialisme US : il est réduit à un instrument de pression sur les États membres pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires.

Notons également la place relativement marginale réservée à la Russie, qui n’est considérée uniquement que sous l’angle de la question européenne. Cela a fait réagir à Moscou, alors que la Russie se présente désormais comme ayant un horizon « eurasiatique » (ce qui est l’approche de l’OCS).

– La zone Pacifique est présentée comme le grand sujet de l’impérialisme US pour le 21ᵉ siècle. La Chine demeure évidemment en ligne de mire. La pression sur la Chine est placée à deux niveaux : sur l’utilisation des outils de la puissance US pour investir et donc contrer les intérêts chinois (un passage particulier est accordé à l’Inde) et sur le contrôle des réseaux maritimes autour de la Chine. 

– La zone du Proche et du Moyen-Orient est d’ailleurs également envisagée dans l’optique de la recomposition des rapports de force à l’encontre de la Chine.

L’importance stratégique des pays du Golfe, qui ne sont plus uniquement pris sous l’angle de l’exploitation du pétrole, est clé.

Le rôle de la région dans les plans de l’impérialisme US reste fondamental, mais plus pour la même raison.

On peut d’ailleurs relever que l’État d’Israël est mentionné uniquement dans cette optique : signer de nouveaux accords d’Abraham afin de stabiliser le contrôle indirect des réseaux stratégiques dans la région avec les pays du Golfe, pour contrer la Chine.

Cela illustre les soubassements du plan Trump pour le Proche-Orient.

Ce document appelle à une réponse à la hauteur de la part des forces progressistes, communistes, pour la souveraineté des peuples et des nations comme fondement de coopérations nouvelles pour la sécurité humaine au niveau international.

Cette refondation de l’impérialisme, notamment étatsunien, appelle à une refondation de la solidarité internationale entre les peuples et les organisations qui défendent l’émergence d’un autre ordre du monde, sur la base de la transformation sociale et démocratique, du multilatéralisme, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dans le « Sud global » mais pas uniquement. 

Cela implique de s’interroger sur les outils dont nous avons besoin pour ce faire au niveau européen, comme au niveau international.

 

 Vincent Boulet, membre du comité exécutif national en charge des relations internationales 

 


 

Valérie Pécresse piétine la mémoire de la Shoah

Publié le 19 décembre 2025

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’amendement adopté par la majorité régionale de Valérie Pécresse en Île-de-France le 17 décembre, qui organise des partenariats entre des lycées franciliens et des institutions étrangères connues pour leurs dérives révisionnistes.

Sous couvert de « travail mémoriel », la droite régionale propose des coopérations avec la Maison de la Terreur à Budapest, musée créé à l’initiative du régime de Viktor Orbán, et avec le musée de l’Occupation de la Lettonie.

Ces institutions relativisent l’antisémitisme, brouillent la singularité du crime nazi et de la Shoah, et participent à la réhabilitation d'officiers SS.

En organisant ces partenariats dans le simple but de discréditer le communisme en l'assimilant à des crimes de régimes qui s'en sont réclamés, la majorité régionale se rend complice d’une falsification grave de l’histoire et porte atteinte à la mémoire des victimes du nazisme.

Le PCF dénonce également l’ingérence politique de la Région dans les contenus pédagogiques des lycées franciliens.

Le groupe de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne du conseil régional d’Île-de-France s’est opposé à cet amendement de la droite régionale qui a été voté et acclamé par le RN.

Le Parti communiste français appelle l’ensemble des démocrates à s’opposer avec force à cette dérive politique de la droite qui donne des gages à l'extrême droite et, ainsi, contribue à affaiblir la République.

À l’heure où l’extrême droite progresse partout en Europe, brouiller les leçons de l’histoire n’est pas une faute anodine : c’est une responsabilité politique majeure.

La mémoire de la Shoah ne peut être instrumentalisée.

 

Paris, le 19 décembre

Parti communiste français.

 

 

Venezuela : Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA

La conférence de presse du président américain Donald Trump tenue ce jour confirme la finalité de l’intervention militaire impérialiste menée par les États-Unis au Venezuela.

Donald Trump a clairement affirmé que les États-Unis entendent diriger politiquement le Venezuela jusqu’à ce qu’un gouvernement conforme aux intérêts américains soit établi et qu’ils s'apprêtent à s'approprier l’exploitation du pétrole vénézuélien par les grandes entreprises pétrolières américaines, énonçant ainsi sans détour une volonté d'annexion du pays et d’accaparement économique en application de la doctrine Monroe à laquelle Trump se référe explicitement.

Cette déclaration révèle que la capture du président Nicolás Maduro n’est pas un acte isolé de sécurité, mais bien une opération de domination politique, stratégique et économique, propre à l’impérialisme états-uniens.

Par ailleurs, des propos suggérant la possibilité d’une implication militaire élargie, y compris des troupes au sol, et des allusions à d’autres pays de la région renforcent l’idée que cette opération ne vise pas seulement le Venezuela mais s’inscrit dans une logique d’escalade régionale contraire aux principes mêmes de la Charte des Nations unies.

Le PCF rappelle que :

·                     toute forme de direction ou d’administration imposée de l’extérieur viole la souveraineté populaire et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ;

·                     l’ouverture des ressources naturelles vénézuéliennes aux multinationales étrangères n’est pas un acte de “libération” mais une forme de prédation qui dénie aux peuples leur propre richesse ;

·                     les visées expansionnistes ou menaçantes à l’égard de pays comme Cuba ou d’autres États de la région constituent une escalade impérialiste qui menace la paix mondiale. Le PCF réaffirme sa solidarité avec Cuba ouvertement menacé par Trump.

·                      Le PCF réaffirme sa solidarité avec l'ensemble des peuples de la zone Caraïbes et leur droit au développement souverain et à vivre en paix.

La déclaration d’Emmanuel Macron est d’une exceptionnelle gravité.

En se félicitant de la chute d’un président à la suite d’une intervention militaire étrangère, en s'arrogeant le droit de parler pour le peuple venezuelien et en pretendant designer lui-même le dirigeant légitime du Venezuela, le président de la République française légitime l'agression américaine et foule aux pieds les principes les plus élémentaires du droit international. 

Le Président n’a ni le droit ni la légitimité de choisir les dirigeants d’un autre peuple, encore moins à la suite d’une action militaire menée en dehors de tout cadre des Nations unies. En se rangeant derrière la stratégie américaine de changement de régime, Emmanuel Macron engage notre pays dans une logique de domination et de vassalisation politique qui nie la souveraineté populaire qu’il prétend défendre. Cette prise de position est du côté de la force contre le droit, de l’ingérence contre la démocratie, et constitue une rupture grave avec toute ambition d’indépendance diplomatique.

Cela ne peut être la réaction de la France !

Le Parlement doit être saisi en urgence.

 L'heure est à une réaction forte de la France et des instances internationales, à la mobilisation de l’ONU et à une condamnation sans ambiguïté de cette politique d’ingérence et de spoliation. Le respect du droit international et la souveraineté des peuples ne peuvent être niés pour des intérêts capitalistes.

L'intervention américaine suscite d'ores et déjà des réactions dans le monde entier, la condamnation de nations sur tous les continents.

Des voix s’élèvent partout pour exhorter au respect du droit international.

Alors que de premiers rassemblements se sont tenus aujourd'hui en France dans plusieurs villes, le PCF appelle à multiplier les initiatives en solidarité avec le peuple vénézuélien, de tous les peuples de zone Caraïbes, pour la paix et le respect du droit international.

Paris, le 3 janvier 2026

Fabien Roussel,

Secrétaire national du PCF

 

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