samedi 4 avril 2020



Soutien à l’hôpital public, cette vidéo est du 10 septembre 2018,
il n'y a pas de progrès pour les conditions des soignants et des structures...

vendredi 3 avril 2020

Coronavirus : «Il n’y a pas à s’inquiéter de la facture», selon la Nobel d’économie





Selon Esther Duflo, si les gouvernements hésitent à la dépense aujourd'hui, la crise risque de devenir "plus mortelle, et d'un point de vue strictement financier, plus grave" (photo : Kris Krüg/Flickr).

L’économiste Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019, a appelé mardi à ouvrir grand les vannes de la dépense publique pour restreindre les ravages économiques de la pandémie de coronavirus, estimant qu’il “n’y a absolument pas à s’inquiéter de la facture” face à la crise sanitaire.

Elle a aussi plaidé pour un système d’imposition “extrêmement progressif” , c’est-à-dire devenant plus lourd au fur et à mesure que les revenus s’élèvent, afin de financer les systèmes de santé, et de soutenir les ménages modestes. “Quand on a une grosse crise de demande comme aujourd’hui, il faut injecter des ressources dans l’économie”, ce qui suppose pour les gouvernements qui le peuvent “d’emprunter massivement et de stimuler l’économie autant que possible”, a insisté sur la radio France Inter Mme Duflo.
La professeure au prestigieux MIT (États-Unis) a estimé que “c’est vraiment le moment keynésien par excellence”, en référence à l’économiste anglais John Maynard Keynes qui avait prôné l’interventionnisme de l’État tous azimuts après la crise financière de 1929. “Il s’agit de savoir si on aura plutôt la crise de 2008 ou celle de 1929”, qui avait durablement plombé l’économie mondiale, et “la différence viendra de la volonté de dépenser beaucoup d’argent aujourd’hui, de manière juste”.
Selon elle, “dépenser plus d’argent à la fois pour lutter contre le virus (…) et pour essayer de mitiger au maximum l’impact économique, cela fait économiser de l’argent en fait”. Faute de quoi, la crise risque de devenir “plus mortelle, et d’un point de vue strictement financier, plus grave”, avec un “effet boule de neige”, et dans ce cas “on passe d’une récession à une dépression, dont les ravages économiques sont beaucoup plus forts et plus longs”.
L’économiste, spécialiste de la pauvreté, encourage les pays du G20 à soutenir les pays moins développés, moins armés face à l’épidémie, et pointe les incertitudes sur la “sortie de crise”, notamment sur la vigueur de la reprise de la consommation, facteur qui déterminera “l’ampleur finale du désastre économique”.
Pour un système d’imposition «extrêmement progressif»
Esther Duflo a par ailleurs balayé les craintes sur l’endettement public : pour l’heure, les gouvernements “peuvent emprunter à taux extrêmement faibles” et “si on a beaucoup d’argent à dépenser, on a aussi beaucoup de temps pour rembourser”. “Il n’y a absolument pas à s’inquiéter de la facture pour l’instant, c’est le dernier de nos soucis”, insiste-t-elle, mettant en garde contre un retour prématuré à “une orthodoxie un peu frileuse” sur les déficits.
Pour Mme Duflo, la crise serait l’occasion d’encourager un système d’imposition “extrêmement progressif” dans les pays développés : “Comment financer à la fois les transferts aux plus pauvres, qui leur permettront de soutenir leur consommation, et les systèmes de santé qu’il va falloir reconstruire? Le financer par l’impôt sur les hauts revenus (…) semble le moyen le plus raisonnable et le plus réaliste”.

jeudi 2 avril 2020

La France est au ralenti. Hormis les travailleurs qui vivent un rythme effréné de la lutte quotidienne contre le virus, beaucoup ont pris leurs marques dans un univers ouaté, aux bruits sourds.


Il semble que le président de la République aimerait que cette atmosphère feutrée s’applique au débat démocratique.

Avec un Parlement atrophié, des assemblées locales vides, les initiatives citoyennes confinées, la démocratie est déjà sous cloche.
Emmanuel Macron ne souffre pourtant pas que l’opposition émette la moindre remarque sur la gestion de la crise ou les raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés là.
Les critiques sont « irresponsables », dit-il. Pointer la pénurie de masques ou de respirateurs que tout le monde constate, aux effets terrifiants, c’est déjà trop.
Alors interroger les causes ?
Vous n’y pensez pas.

En effet, l’hôte de l’Élysée étend désormais son argumentaire aux gouvernements précédents. « Quand on vit quelque chose qui est inédit, on ne peut pas demander aux gens de l’avoir prévu il y a dix ans. »

Pardon, mais si.

Si le candidat à la présidentielle d’alors avait lu l’Humanité il y a trois ans, il aurait appris de la bouche de l’urgentiste Christophe Prudhomme que « notre système n’est plus capable de répondre à une banale épidémie de grippe ».

On savait donc.

Si, constatant son erreur, il lit nos pages aujourd’hui, il y découvrira un douloureux rappel : « À 63 reprises entre 2011 et 2018, la commission européenne a recommandé aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé ou de réduire les dépenses publiques en matière de santé », nous dit Martin Schirdewan, coprésident de la Gauche unitaire européenne au Parlement européen.

Cette politique libérale, dogmatiquement austéritaire en Europe et en France et qu’Emmanuel Macron continue de soutenir, a une lourde responsabilité dans l’incapacité du continent à faire face au coronavirus aujourd’hui.

C’est l’un des enseignements majeurs.

Pour que « le jour d’après ne ressemble pas au jour d’avant, comme ne cesse de le répéter le président, c’est faire œuvre démocratique que de le dire.


jeudi 2 avril 2020


AVEC LA COMPAGNIE 
JOLIE MÔME
POUR LE SOUTIEN AUX SOIGNANTS




Cahier de Crise


Faut-il écrire trop en temps de pénurie ? On se demande ce qu’on peut y mettre, dans une chronique de député. Il y réfléchit sur la marche du monde, alors on lui demande ce qu’il a fait. Il y rend des comptes, alors on lui dit que ça ne peut pas juste être une liste de ce qu’il a fait. Il n’ose trop rien y dire de sa vie pour ne pas qu’on lui reproche de l’étaler. Et puis il se dit qu’il ferait mieux d’écrire juste un jour, juste une lettre, qui dirait les choses bien comme il faut et bim ! 

Ce matin, le Président des commerçants de Martigues m’a répondu en me signalant notamment leur inquiétude pour les travailleurs non-salariés, pour qui l’aide d’état ne pouvait arriver qu’à partir de 70% de perte d’exploitation pour le mois de mars. J’ai également reçu un certain nombre de messages sur le sujet, par exemple de la part des orthoptistes. Cela fait partie des insuffisances que j’avais pointées dans l’hémicycle et j’ai encore recommencé ce matin en demandant à nouveau que le seuil soit abaissé à 50%. Et début d’après-midi, Bruno Le Maire a annoncé qu’il accédait à cette demande. C’est mieux. 
Ce matin encore, interpellation sur les blouses à usage unique devenues réutilisables (après lavage) pour cause de pénurie. On s’inquiète maintenant à haute voix du stock de médicaments : « 9 grands hôpitaux européens lancent un appel à l’aide », titre le journal Le Monde. Cette question, je l’ai posée depuis longtemps. A l’époque, on m’avait expliqué qu’on avait imposé la constitution de stocks suffisants et qu’il n’y avait pas besoin de mesures supplémentaires. Et au début de la crise, il me souvient avoir réitéré cette préoccupation pour que des choses soient mises en route. Misère des stocks, misère de la production. C’est sur ce sujet que le Président de la République s’est exprimé sur le site d’une usine de masques, à Angers. On nous annonce des arrivages et une augmentation des capacités de production de masques, et « l’indépendance pleine et entière de la France d’ici la fin de l’année ». Je renvoie à ma chronique de dimanche... "Le jour d'après ne ressemblera pas au jour d'avant, a déclaré le Président. Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne. Nous avons commencé avant la crise. Nous avons passé des réformes qui permettent à notre pays d'être plus compétitif mais il nous faut retrouver la force morale et la volonté pour produire davantage en France et retrouver cette indépendance." Au-delà de la posture de chef de guerre qui, je dois le dire me paraît toujours plus déplacée, ce qui insupporte, c’est l’amnésie d’un libéral qui a essayé frénétiquement d’ouvrir les portes et les fenêtres au marché. Le Président du jour d’avant, c’était lui. Si nos capacités productives sont dans cet état, c’est parce qu’elles se sont jouées à la bourse. Et il nous explique qu’il va falloir continuer les recettes de compétitivité et s’en remettre à l’effort moral pour changer de cap ? Il faudra d’autres choix politiques. L’effort moral... A votre bon cœur, donc. D’ailleurs, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin lance un appel à la « solidarité nationale » : « une plateforme de dons sera mise en ligne pour permettre à tous ceux qui le peuvent, particuliers ou entreprises, d’apporter leur contribution à l’effort de solidarité de la nation envers les plus touchés ». Une idée formidable qu’il a eue pour ne pas se renier, après avoir supprimé l’impôt sur la fortune et multiplié les cadeaux aux plus fortunés et au monde de la finance. Peut-on dire ça sans être traité d’irresponsable, monsieur le Président ?
J’ai suggéré à Présidente de la commission des affaires sociales, dont je suis membre de réunir son bureau, à l’heure où explosent les questions sanitaires et sociales pour regarder, malgré les contraintes, comment nous en saisir. Cette réunion se tiendra demain matin.
Demain, je participerai aussi à la première réunion de la mission d’information sur « l’impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de la crise du coronavirus-covid-19 en France ». Nous auditionnerons le Premier ministre et le ministre de la santé à 18 heures par visioconférence. Aux journalistes qui m’ont interrogé aujourd’hui, j’ai dit mon scepticisme sur un périmètre qui englobe tout et qui risque de ne déboucher sur rien (en tout cas, si elle se transforme en commission d’enquête, ce périmètre aura-t-il un sens et n’éteindra-t-il pas toute autre tentative plus ciblée ?). Mais je m’emploierai à rendre utile cet espace. Qu’une mission parlementaire veille et surveille en temps réel dans cette période de rétrécissement démocratique n’est pas chose mauvaise. La liste des questions est longue comme le bras : les pénuries, la stratégie de sortie du confinement, les dividendes qui se versent, les usines qui redémarrent, le plan pour l’hôpital...
Je vais devoir m’interrompre. Ce que j’aurais aimé écrire sur ce que dit la pénurie, il faudrait un peu plus de temps pour le faire. Elle parle de tout ce qui a été abîmé dans cette abondance trompeuse du tout-marché. Elle parle aussi d’une peur plus intime, que nous sommes plus forts ensembles pour affronter. 
D’autres chantiers avancent. Tiens. Aujourd’hui, un texte magnifique m’est parvenu de mon ami écrivain Bernard Fauconnier, pour un projet dont vous aurez bientôt des nouvelles. Quelques minutes d’une belle respiration. Et une bonne réunion téléphonée s’est tenue pour préparer une initiative, dont vous entendrez parler d’ici la fin de la semaine...
La chronique ne raconte pas tout, et elle court pourtant le risque d’être superficielle. Espérons qu’avec les jours qui s’empilent, le propos gagne un peu en épaisseur.




HANDICAP
Manque d’application de la Loi de 2005 sur le handicap et les inégalités (Laurence Cohen)
·         1 avril 2020
·          
Mme Laurence Cohen attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur le manque d’application de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

À l’occasion du quinzième anniversaire de cette loi, force est de constater qu’il y a encore beaucoup de lacunes et de difficultés d’application.

Pire, plusieurs retours en arrière ont été opérés :
En 2014 quand le gouvernement en place a repoussé les agendas d’accessibilité,
En 2018 quand le gouvernement actuel a baissé le quota d’appartements accessibles ou
En décembre 2019 quand il a supprimé le complément de ressources de 179 euros.

Le 9 février 2020, le collectif « handicaps » a publié quarante-sept revendications, dénonçant la lenteur et la complexité des procédures administratives et les inégalités selon les territoires.

Parmi leurs principaux regrets :
La compensation des conséquences du handicap qui n’est que partielle et pas systématique ;
Le manque d’accessibilité et ses conséquences sur la vie professionnelle et sociale ; le taux d’emploi des personnes en situation de handicap, qui n’atteint pas les objectifs légaux, et
Les discriminations qui subsistent dans la sphère professionnelle ; ou
encore le manque d’aménagements pour assurer une bonne scolarité.

Lors d’une table ronde au Sénat, le 13 mars 2012, alors que la secrétaire d’État chargée des personnes handicapée était présidente de la fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap, elle avait affirmé que « le bilan [de cette loi] est parfois décevant ».

Selon elle, « les principaux écarts entre les objectifs de la loi et ses résultats tiennent à l’existence de fortes disparités territoriales et notamment au manque d’harmonisation des pratiques des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et de l’éducation nationale ».

Le rapport d’information n° 635 (2011-2012) déposé le 4 juillet 2012 déplore « une extrême diversité des situations vécues par les familles selon les départements », notamment des « projets personnalisés de scolarisation […]

De qualité hétérogène voire inexistants »,
« L’existence de ruptures dans les parcours de scolarisation »,
« L’échec de l’accompagnement en milieu ordinaire »,
Le manque de formation et de recrutement des AVS « recrutés sur des contrats précaires, [ce qui] ne permet pas de répondre de manière pertinente aux besoins » ; « l’insuffisante formation des enseignants au handicap » ; et
« Un manque de coopération entre le médico-social et l’éducation nationale qui se caractérise par un cloisonnement des filières préjudiciable à la qualité de la prise en charge ».

Le rapport conclut que « le bilan reste en-deçà des espoirs initialement soulevés.
La loi de 2005 reste donc à déployer ».

Ainsi, elle lui demande quelles mesures elle compte prendre afin que la loi de 2005 soit effectivement appliquée, dans l’intérêt des personnes en situation de handicap.



LE MINISTRE QUI APPELLE AUX DONS DES FRANÇAIS ? 

LA REPRISE DE VOLÉE DU SÉNATEUR PCF FABIEN GAY


lundi 30 mars 2020


Pour vaincre la pandémie, l’urgence d’une autre logique économique par Denis Durand
Publié par Front de Gauche Pierre Bénite
Une crise financière et économique s’annonçait. Le coronavirus l’a accélérée et a révélé qu’il s’agit d’une crise de civilisation.
La pandémie a disloqué les chaînes de production structurées par les multinationales au cours des vingt dernières années, mis au grand jour la suraccumulation consécutive au gonflement démesuré des capitaux relancé après la« grande récession » de 2009, et précipité le krach financier.
Sentant la situation leur échapper, les dirigeants occidentaux font mine de répudier le néolibéralisme. Les 27 gouvernements de l’UE ont suspendu les normes européennes de déficits budgétaires. Mais ils envisagent de financer ces dépenses, soit par le Mécanisme européen de solidarité qui ne les prête qu’en contre partie de plans d’austérité meurtriers, soit par l’émission de Coronavirus Bonds, des obligations « européennes » placées sur les marchés :ce serait donner à la domination du capital financier le renfort d’un fédéralisme européen, aux dépens des services publics, de l’emploi et des salaires !
Pourtant, le moyen de se passer des marchés financiers est sous nos yeux.
La Banque centrale européenne veut injecter 1 050 milliards sur les marchés d’ici à la fin de l’année. Mais les services publics, l’industrie du matériel médical verront-ils la couleur de cet argent ? En France, la loi de finances rectificative se contente de faire allusion à une « réserve » indigente de 2 milliards pour les dépenses de santé, alors qu’il en faudrait immédiatement au moins cinq fois plus ! Une gifle aux professionnels de la santé et aux salariés envoyés au front de la production pour préserver les profits.
Bien plus, nos dirigeants saisissent l’occasion pour allonger la durée du travail et pour préparer le terrain à une régression durable des droits sociaux. De bons esprits annoncent déjà que, la crise passée, il faudra redoubler d’austérité budgétaire pour éponger les déficits. En un mot, au moment où la crise sanitaire fait éprouver à tous les habitants de la planète le besoin immédiat d’une tout autre mondialisation, le mot d’ordre reste le même : l’argent pour le profit, pas pour les êtres humains !
La domination du capital nous pousse au bord de la barbarie.C’est pourquoi les mesures efficaces pour vaincre l’épidémie sont celles qui amorcent tout de suite une remise en cause radicale des logiques inspirées par la rentabilité financière, et leur remplacement par d’autres critères. Il faut :
·         Mobiliser les filières industrielles pour produire médicaments et matériels médicaux, ainsi que les biens et services indispensables à la population pendant la période de confinement. La protection des travailleurs de ces secteurs contre le virus est la première priorité. Cet effort doit être planifié et pouvoir passer par des réquisitions, des nationalisations ou la création d’entreprises publiques. Il devrait s’appuyer sur la mobilisation des moyens nécessaires à l’échelle européenne et intégrer de nouveaux accords de coopération internationaux, de partage des technologies.
·         Rendre effectif l’arrêt temporaire de la production dans les autres secteurs en en tirant les conséquences : interdire les licenciements et maintenir 100 % du salaire, y compris pour les plus précaires, première étape dans la construction progressive d’une sécurisation de l’emploi et de la formation pour toutes et tous.
·         Obliger les banques, les grandes entreprises et les propriétaires bailleurs à décaler le paiement, par les ménages qui le demandent, des charges d’emprunts bancaires et des factures pré-engagées et vitales (téléphonie, loyer, électricité...).
·         Mettre en place un dispositif de prêts bancaires de trésorerie à taux nul ou négatif, refinancés par la BCE, strictement réservés aux entreprises qui s’engageront à maintenir l’emploi et les salaires.
·         Démocratiser : en cas de non-respect des engagements pris par les entreprises ou les banques, les représentants des salariés(CSE) doivent avoir le pouvoir de saisir des comités régionaux de mobilisation constitués sous l’égide des conseils régionaux et des CESER.
·         Créer un fonds d’urgence sanitaire et de sécurisation pour le financement de ces différents dispositifs, alimenté par une contribution des grandes entreprises, des banques et des compagnies d’assurances, ainsi que par le rétablissement de l’impôt sur la fortune et l’abrogation du plafonnement à 30 % de l’impôt sur les revenus financiers (flat tax).
·         Mettre en place un programme de prêts à taux négatif de la Caisse des dépôts pour les investissements dans les hôpitaux et les services publics (embauches, formation, achats d’équipements, création de nouveaux établissements). La Banque de France déclarerait ces prêts éligibles au refinancement par la BCE au taux le plus faible pratiqué pour ses opérations (actuellement, -0,75 %), et le dispositif pourrait être étendu à l’ensemble des États membres de l’UE.
Nous pouvons vaincre l’épidémie : il faut pour cela s’attaquer tout de suite à la domination du capital.
Denis Durand membre du CN



Pour lecture et diffusion

Le billet d'humeur du jour du Docteur Christophe Prudhomme
membre de la direction fédérale CGT santé action sociale et médecin urgentiste :

Osez dire que le gouvernement actuel n'est pas responsable de la pénurie de masques et autres matériels dans les hôpitaux est un énorme mensonge !

En effet qui a décidé de ne pas débloquer les crédits pour maintenir la réserve datant de la grippe H1N1 : Bercy.

Et qui était à Bercy à l'époque : Emmanuel Macron !

Ils sont pitoyables à ce jeu du "c'est pas moi qui suis responsable mais c'est mon prédécesseur".

Mon constat est simple : la dégradation des services publics et des hôpitaux a débuté avec le tournant libéral initié par Thatcher et Reagan aux Etats-Unis et en France avec Bérégovoy relayés par les guignols médiatiques Tapie et Montand.

Depuis, que les gouvernements aient été de "droite" ou de "gauche", la même politique libérale nous a été imposée avec la fermeture massive de lits et d'hôpitaux.

Aujourd'hui nous manquons de lits de réanimation mais qui a validé par exemple le Projet régional de santé de la région PACA qui prévoit la fermeture de 13 réanimations ?

Qui a fermé, il y a un an, la réanimation de l'hôpital Jean Verdier à Bondy dans mon département, que nous avons pu rouvrir heureusement la semaine dernière car le matériel et le personnels était encore présent ?

Les ministres de la santé qui se sont succédés, servilement assistés par une partie des directeurs et des médecins en postes de responsabilité.

Et aujourd'hui, ils viennent pleurer dans les médias, comme le premier de la classe, Martin Hirsch, pour faire appel à la générosité publique pour acheter du matériel et aux retraités pour venir aider le personnel en nombre insuffisant.

Manque de lits et de personnels, ce sont les revendications qui motivent notre grève depuis plus d'un an.

Un de ceux qui nous a envoyé paître lorsqu'il était rapporteur du budget de la Sécurité sociale, c'est Olivier Véran qui aujourd'hui essaye de se dédouaner dans ses interventions en tant que Ministre de la santé.

Aujourd'hui nous faisons notre boulot pour assister au mieux nos patients avec des moyens insuffisants.

Mais après la crise, il faudra que ces "braves" gens passent à la caisse pour payer car leur responsabilité est clairement établie.

                             Le Dr Prudhomme écrit dans Vie Nouvelle Nationale


DÉMOCRATIE
Coronavirus ;
Restriction des libertés : attention à ne pas franchir la ligne rouge !
(Le groupe CRCE)
·         30 mars 2020

Partout dans le monde, les pays touchés par la pandémie désastreuse et historique du covid-19 testent des technologies qui permettent de tracer les personnes infectées et celles qui sont en bonne santé.
Ce mardi, l’Élysée a lancé une réflexion sur le suivi par GPS des personnes infectées au Covid-19, déjà expérimenté avec « succès » en Corée du Sud.
Au même moment, et depuis le 18 mars dernier, la Préfecture de police de Paris a déployé un dispositif de surveillance aérien dans le ciel de la capitale.
Traçage numérique, algorithmes, création d’applications de recensement des personnes infectées, la start-up nation semble échapper à tout confinement.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE demandent au gouvernement la saisine en urgence de la CNIL et du Défenseur des droits.
La lutte contre le Covid-19 peut-elle légitimer toute atteinte aux libertés ? Alors qu’a été instauré pour deux mois un état d’urgence sanitaire qui confère au Premier ministre des pouvoirs exorbitants du droit commun visant essentiellement à restreindre les libertés publiques.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE se sont opposé.e.s à l’état d’urgence sanitaire tel que proposé, considérant insuffisants les garde-fous nécessaires, notamment en matière de contrôle parlementaire et les conséquences juridiques délétères, surtout concernant notre droit du travail.
En parallèle à ce cadre juridique d’exception, ils et elles appellent à une vigilance accrue face à la création d’un régime d’exception qui par nature bouscule les règles et les valeurs fondamentales de notre République, et mettent aujourd’hui en garde contre le développement de ce genre de technologies qui fragilisent les piliers de notre État de droit.



Annie Ernaux est écrivain. Elle vit à Cergy, en région parisienne. Son œuvre oscille entre l'autobiographie et la sociologie, l'intime et le collectif. Dans cette lettre adressée à Emmanuel Macron, elle interroge la rhétorique martiale du Président.

Cergy, le 30 mars 2020
Monsieur le Président,
« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ 
Si vous avez le temps ». 
À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. 
C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. 

Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. 
Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. 

Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. 
Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. 
Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. 
Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.  

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. 

Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. 
C’est un temps propice aux remises en cause. 
Un temps   pour désirer un nouveau monde. 
Pas le vôtre ! 
Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. 

Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, 
Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. 

Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d’Alain  Souchon. 
Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

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