dimanche 12 février 2023

 

CONSEIL NATIONAL – 

4-5 FÉVRIER 2023 – 

Contre la réforme des retraites, les communistes mobilisés pour gagner !

Les premières journées de mobilisation ont montré un rejet massif par les Françaises et les Français du projet de réforme des retraites du gouvernement portant l’âge légal de départ en retraite à 64 ans et allongeant la durée de cotisation.

Jour après jour, les mensonges du gouvernement ne parviennent pas à masquer la brutalité de sa réforme : ce sont les ouvrier·e·s, les employé·e·s, celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui exercent des métiers pénibles les plus précaires, les femmes, les jeunes, l’immense majorité du monde du travail, qui seront touché·e·s. Ce sont les plus belles années à la retraite, celles en bonne santé, qui sont frontalement attaquées.

Pour les communistes, comme pour l’immense majorité du pays, c’est inacceptable ! Nous sommes pleinement mobilisé·e·s aux côtés des salarié·e·s et de l’intersyndicale, avec l’ensemble des forces de gauche et écologistes, pour que le gouvernement retire sa réforme.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, poursuit le travail avec l’ensemble des groupes de gauche et écologistes de l’Assemblée nationale et du Sénat pour amplifier, avec l’ensemble des communistes, l’intervention de nos forces dans cette mobilisation à l’heure de l’ouverture du débat parlementaire.

Nous appelons également à faire grandir le mouvement des maires et élu·e·s solidaires avec le mouvement social par des appels unitaires dans tous les départements.

Et nous invitons à faire connaître le contenu néfaste de la réforme des retraites en diffusant largement le numéro hors-série de l’Humanité, journal acteur de la lutte actuelle.

Rien n’impose une réforme d’une telle violence, d’autres solutions sont possibles pour garantir un système plus juste, plus solidaire et plus efficace.

Ce que veut en réalité le pouvoir, c’est contraindre le pays à subir de nouveau une austérité budgétaire drastique, comme l’exigent les marchés financiers et la Commission européenne à leur service. Cette politique est chaque jour davantage rejetée par les peuples européens comme le montre, au-delà du mouvement dans notre propre pays, la puissante mobilisation des travailleuses et travailleurs britanniques.

La réalité du travail est si dure, que repousser l’âge de la retraite serait insupportable pour des millions de salarié·e·s subissant déjà l’intensification de l’activité, des conditions difficiles pour des salaires amputés par une inflation élevée, des contrats courts et horaires décalés jusqu’à l’uberisation.

La voie du progrès, c’est au contraire la transformation profonde du travail, la création d’emplois, en commençant par des centaines de milliers de préembauches de jeunes dans les services publics, l’augmentation des salaires et l’égalité professionnelle femmes-hommes, la formation, la prise en compte des qualifications et de la pénibilité.

La voie du progrès, c’est de répondre aux immenses besoins de service public et de productions nouvelles écologiques et sociales.

C’est là un vrai projet de civilisation.

Notre projet est celui d’une retraite à taux plein à 60 ans pour toutes et tous, intégrant la prise en compte des années d’études et de formation, du nombre d’enfants, de la pénibilité, avec des droits au départ anticipés et une sécurité sociale du XXIesiècle, bien commun de ses cotisant·e·s.

Nos propositions de financement reposent sur des innovations comme la création d’une cotisation sur les revenus financiers des entreprises ; une modulation à la hausse des cotisations sociales pour les entreprises qui attaquent l’emploi, les salaires et la formation.

En effet, au moment où six millions de nos concitoyennes et concitoyens sont complètement ou partiellement privés d’emploi, la sécurisation de l’emploi et de la formation n’est pas seulement une exigence puissante de nos concitoyennes et concitoyens, c’est la clé du progrès social.

Elle appelle la création de nouveaux pouvoirs d’intervention des salarié·e·s dans l’entreprise comme dans la société.

Pour toutes ces raisons, le monde du travail n’a pas «d’effort » supplémentaire à faire.

Tout appelle à transformer le travail pour lui redonner un sens. Il faut permettre à chacune et chacun de s’émanciper d’un système qui considère les êtres humains comme une simple force de travail exploitable à merci jusqu’à ce qu’elle soit « usée ».

Il est temps pour notre société d’entrer dans une nouvelle relation avec les entreprises. La priorité doit cesser d’aller à la rentabilité du capital.

Elle doit aller au développement de toutes les capacités humaines.

La journée du 31 janvier a été marquée par une mobilisation historique avec la participation de 2,8 millions de manifestant·e·s, à travers 258 manifestations dans toute la France.

9 travailleurs sur 10 rejettent la réforme et les deux tiers de la population soutiennent ces mobilisations. Face à une telle levée en masse, l’obstination de la Première ministre à affirmer que le recul de l’âge de départ est « non négociable » est une provocation et un déni de démocratie.

En outre, nous condamnons la manœuvre visant à permettre que la motion référendaire d’extrême droite soit présentée à l’Assemblée nationale en lieu et place de celle des groupes de gauche portée par André Chassaigne, président du groupe GDR-Nupes, au nom de l’ensemble des groupes de gauche et écologistes.

En agissant ainsi, le gouvernement montre que pour préserver les intérêts du capital avec sa réforme, il est prêt à prendre le risque de permettre au RN, qui défend en réalité un projet de régression pour notre système de retraite, d’apparaître comme un recours, alors qu’il ne l’est en rien, bien au contraire, tant son projet antisocial, xénophobe et raciste menace gravement la République.

La réalité c’est que le Président Macron craint le référendum, nous continuons de l’exiger.

Plus que jamais nous appelons à l’amplification de la mobilisation les 7 et 11 février prochains et à la poursuite d’initiatives communes des forces de gauche et écologistes pour le retrait de la réforme et l’exigence d’une bonne retraite, avec l’organisation de temps forts politiques, meetings et réunions publiques partout en France.


samedi 21 janvier 2023

 

La déferlante populaire

 

La présidente du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, qui doit vivre dans la stratosphère, avait déclaré dans la semaine, je cite : « On ne peut pas avoir une poignée de personnes qui génèrent une pagaille pour des millions de Français ».


On pourrait lui demander en retour pourquoi une petite poignée de responsables politiques du pouvoir s’unit avec la droite des Républicains pour tenir tête à l’immense majorité de nos concitoyens qui refuse la régression sociale qu’ils projettent ensemble.
Ce même petit groupe, arc-bouté sur son idéologie ultra libérale, répand un chapelet de mensonges dans les médias pour faire passer en force une contre-réforme dont personne ne veut. Mais la messe ne prend pas.


« Sauver le système » clament-ils en cœur ! Or, le président du Conseil d’orientation des retraites, auditionné ce jeudi à l’Assemblée nationale, le dit lui-même : « les dépenses de retraite ne dérapent pas ; elles sont relativement maîtrisées » ajoutant que « dans la plupart des hypothèses, elles diminuent plutôt à long terme ».


La majorité de nos concitoyens a bien perçu qu’une nouvelle fois le pouvoir procède à une telle contre-réforme pour réaliser des économies sur le dur labeur des travailleurs. Toutes les enquêtes d’opinion, depuis des mois, montrent l’ampleur du refus.


Jeudi, nous venons d’assister à une déferlante populaire inégalée depuis des années. Haut niveau de grévistes, foule compacte dans les manifestations et soutien massif de celles et ceux qui n’ont pas pu faire grève.


Il convient de noter –comme un indicateur social important- l’ampleur des manifestations dans les métropoles régionales et dans les petites et moyennes villes. L’unité syndicale rend plus fort les salariés, les retraités et les jeunes. Ces derniers doivent savoir que ce sont eux qui subiront le plus lourdement les effets de cette contre-réforme, si elle était adoptée.


Pire si on cédait aujourd’hui, ils seraient encore plus vulnérables demain avec le projet caché de destruction de la Sécurité sociale. L’argument du président de la République selon lequel « si nous voulons être juste entre les générations et sauver notre système par répartition, nous devons faire cette réforme » est simplement faux.


C’est l’exact contraire de ce qui est projeté comme l’avoue Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF et président du groupe SCOR, qui appelle dans une tribune dans le journal patronal « Les Échos » à accélérer le passage à la capitalisation.


Rappelons que c’est le même Denis Kessler en 2007 dans un texte pour le journal Challenges, écrivait, « le modèle social français est le produit du Conseil national de la Résistance… Il est grand temps de le réformer. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». On a pu entendre le même appel à un système de retraite par capitalisation de la part d’un dirigeant « LR » samedi matin à la radio.

 

Le vorace appétit du capitalisme le conduit aujourd’hui avec l’aide des institutions internationales à accélérer ce programme. Le bras de fer n’est pas entre les citoyens qui font grève et ceux qui ne la font pas. Il est entre les puissances d’argent et leurs mandataires politiques contre les travailleurs, les retraités et les jeunes. Le mouvement doit donc se poursuivre dans l’unité la plus large. L’unité des forces politiques de gauche et de l’écologie rassure, donne de l’élan et de la combativité au peuple travailleur.
Contrairement à ce qui se dit sur la prétendue légitimité d’un tel coup de poignard antisocial, l'ampleur du mouvement confirme la non-adhésion populaire aux choix macronistes depuis les élections présidentielle et législatives.


Rappelons que le total des voix cumulées des candidats macronistes et des Républicains (LR) n’est que de 37% des suffrages exprimés et d’à peine 16% des inscrits.


C’est parce qu’ils connaissent cette réalité qu’ils mènent une guerre éclair contre la retraite en utilisant des procédures inusitées : l’accrochage de cette contre-réforme à un projet de loi rectificatif du budget de la Sécurité sociale qui limite la durée des débats au Parlement, puis l’utilisation possible de l’article 47-1 de la Constitution qui permet après quelques jours de discussion d’adopter un texte sans recours au fameux article 49-3 pour éviter le dépôt d’une motion de censure.


Face à cette course de vitesse, le mouvement doit encore monter en puissance. La journée d’action unitaire du 31 janvier doit être encore plus importante. La déferlante populaire doit encore forte.




 


lundi 2 janvier 2023


 et bonne année 2023

À l’aube de l’année nouvelle qui s’annonce, la section PCF adresse à chacune et chacun d’entre vous nos vœux de bonne année et de réussite pour vous et tous vos proches.

« Nous savons que nos vœux de Paix, de justice, de fraternité ne peuvent devenir réalité que par nos communs combats. Les urgences sont nombreuses. Leur apporter des solutions implique une nouvelle cohérence politique qui fasse des êtres humains, des animaux, du climat et de la biodiversité et du désarmement des priorités. Elles ne trouveront pas de solution sans action populaire, sans participation des citoyens, sans que les travailleurs ne se rendent maitres de leur destin, de celui de nos sociétés et du monde. Ils doivent gagner leur liberté, la démocratie et la souveraineté sur l’organisation du travail, sur la production et la distribution et sur l’affectation des richesses dont ils sont les seuls producteurs. Il ne faudrait pas cesser de montrer que ce sont les « premiers de corvée » et non « les premiers de cordée » où qu’ils habitent en ville ou en campagne qui font la richesse du pays et du monde. Les intérêts de classe des premiers s’opposent frontalement à ceux des seconds. Ensemble il leur faudra résister à la déferlante de propagande visant à reculer l’âge de départ en retraite. (P. LE HYARICK). »

Sans oublier les urgences, nous devront continuer nos combats ne pas oublier notre idéal. 

samedi 24 décembre 2022


Le débat sur les retraites est fausser par le gouvernement, car on oublie un point important que souligne le rapport du COR, c'est que celui-ci maintient un taux de chômage important, jamais on ne parle du plein emploi et de l'égalité des salaires dans ce rapport.

Défendre les retraites, 
c'est avoir des arguments simples .


 

lundi 12 décembre 2022


 Je soutiens ces bleus la. Et je pense aux 6500 travailleurs morts au Qatar.

vendredi 2 décembre 2022

 

Section PCF POISSY

 

Cher(e) camarade et ami(e)

 

Depuis plusieurs semaines, notre section est en plein déménagement.

Ce vendredi 2 décembre, ce déménagement est terminé.

Désormais, la Maison des communistes de Poissy, St Germain en Laye, Carrières-sous-Poissy, Verneuil et ses environs, se trouve à l’adresse indiquée ci-dessous.

 

Ainsi notre nouvelle adresse est :

Porte B

14 Rue de la Sablière 78300 POISSY


Quelques données à prendre en compte pour nous contacter

Avec notre nouveau numéro de téléphone

07 52 07 12 60

Pour visiter notre blog

http://allo-carrieres.blogspot.com

Pour notre adresse mail

poissy.pcf@club-internet.fr

Pour notre page Facebook

PCF Poissy

mercredi 16 novembre 2022




 Tu trouveras ci-joint le tract et la pétition papier lancés depuis quelques jours par le groupe NUPES de Poissy et environs, avec Poissy Demain, le groupe d'opposition municipale de Poissy. 

Et ci-dessous l'e-mail  qui permet de signer la pétition directement, en ouvrant le lien, 

ou cliquant sur le QR CODE.

Pour information, le collectif NUPES de Poissy et environs, qui est né cet automne du groupe qui avait fait la campagne électorale de la 12e circonscription au printemps,  comprend les 4 composantes de la NUPES, PCF, LFI, EELV et PS, ainsi que des personnes qui ne sont membres d'aucun parti mais adhèrent au projet. 

A savoir: proposer aux gens, au lieu de la colère ou du découragement, des actions collectives qui leur permettent de résister,  d'améliorer leur vie, relayées et soutenues par les partis politiques de la NUPES.

Les responsabilités et les coûts (tirages de tracts) sont également partagés dans le collectif. Les décisions se prennent démocratiquement.

Cette action est très importante. Merci de la soutenir, de signer et faire signer autour de toi. Pétitions papier: 

les déposer à la section 16 Rue de la Sablière 78300 POISSY


Le collectif d'animation de la section,

dimanche 13 novembre 2022

 

Poissy et environs :
Transports dégradés -
Usagers excédés !

La NUPES Poissy souhaite une amélioration rapide et concrète du
transport de bus sur Carrières-sous-Poissy et Poissy !
Nous vous invitons à signer la pétition et à la partager pour
que les responsables de la situation agissent :
Lien actif en bio
@nupes.poissy @franceinsoumise @eelv78_sudyvelines @sectionpsboucledeseine78 @pcf.78


mardi 8 novembre 2022

 

Publié le 07/11/2022 par PCF

Casse sociale subventionnée par l’argent public : l’impunité d’Amazon doit cesser !


Aujourd’hui, lundi 7 novembre 2022, une enquête édifiante de l’Humanité dévoile le vrai bilan social d’Amazon : une véritable casse sociale subventionnée par notre argent public.

 Amazon, c’est 121 milliards de bénéfices en 2021 en Europe.

Pourtant, loin de participer à la richesse des territoires dans lesquels il s’implante, le géant américain prend soin de s’exempter d’un maximum de ses responsabilités fiscales et sociales.

 Ainsi, sa stratégie « d’optimisation » lui permet de ne pas payer un centime d’impôt sur le sol français.

 Pire encore, l’entreprise touche des aides publiques pour des créations d’emplois qui n’en sont pas.

En effet, l’article révèle que l’entreprise embauche désormais en CDI... pour rompre ces contrats avant le terme de la période d’essai (962 contrats concernés en 2021).

Cette pratique prouve que non seulement Amazon est une machine à précariser, mais aussi une machine à frauder.

 Amazon nous vole !

 Sur ce point comme sur les autres, les faits relatés par l’article sont atterrants du point de vue droit du travail, et en disent long sur la politique de gestion des ressources humaines d’Amazon.

 Le taux de recours démentiel à l’intérim (42% des effectifs de l’entreprise) et le niveau massif de recours aux heures supplémentaires (900 000, soit 562 emplois équivalents temps plein que l’entreprise ne crée pas) témoignent d’une volonté claire de ne pas embaucher en interne.

 Le taux de rotation (qui atteint près de la moitié des effectifs) tout comme le nombre croissant de salariés inaptes ou encore le nombre important de licenciement pour abandon de poste (62 en 2021) est l’expression d’une organisation toxique qui fait souffrir les salariés, qui les maltraite.

 Nous demandons alors au gouvernement de donner les moyens à l’inspection du travail de réaliser un contrôle national sur les pratiques sociales d’Amazon, au nom de l’intérêt général et de celui des travailleurs.

 Nous demandons par ailleurs le remboursement des aides publiques versées pour chaque embauche en CDI qui s’est soldée par une rupture de la période d’essai. Amazon ne peut continuer à financer la précarisation du monde du travail au frais du contribuable.

 Nous demandons enfin la fin des pratiques « d’optimisation fiscale » qui déresponsabilise les entreprises. Cela passe par le prélèvement à la source des multinationales.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 7 novembre 2022.

 

Publié le 03/11/2022 par PCF

Propos raciste à l’Assemblée nationale : Le RN révèle ainsi son vrai visage ! (Fabien Roussel)

Aujourd'hui, à l'occasion des questions au gouvernement, le député RN Grégoire de Fournas a tenu des propos ouvertement racistes en lançant « retourne en Afrique » à l’intention du député Carlos Martens Bilongo qui posait une question au gouvernement.

 









Le RN révèle ainsi son vrai visage :

celui, hideux, de la haine. Il n’a décidément pas changé.

J’en ai jamais douté !

 J'adresse ma totale solidarité à Carlos Martens Bilongo.

 Ces propos appellent une condamnation unanime et la sanction la plus lourde prévue par le règlement de l’Assemblee nationale.

 Je redéposerai prochainement la résolution visant à rendre inéligibles les personnes condamnées pour racisme ou antisémitisme que la majorité avait rejeté au motif que nous étions en période pré électorale.

J’espère que cette fois-ci, les députés de la majorité prendront leur responsabilité et la voteront.

 

Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF,

 

 

Publié le 07/11/2022 par PCF

Ne jamais oublier ceux qui sont morts pour que nous puissions vivre libres (Fabien Roussel)

Hommage camp du Vernet - samedi 29 octobre 2022

 




Madame la présidente chère Carole, monsieur le Maire, mesdames et messieurs

 Cela faisait longtemps que je souhaitais me recueillir ici devant la tombe des prisonniers du Camp du Vernet.

 Cette commémoration est importante pour ma famille politique mais aussi pour ma famille personnelle car elle revêt pour moi un caractère particulier, à travers l’histoire de mon arrière-grand-père, Salvador Lardiès, qui y a été interné durant trois longues années.

 A travers lui, je souhaite rendre hommage aujourd’hui à toutes celles et ceux qui ont été internés ici, dans ce camp de concentration tenu par les Français et ouvert dès le début 39 avant que ne débute la guerre.

 Je souhaite aussi rendre hommage à tous ces hommes, à toutes ces femmes, venus d’ailleurs pour mille raisons et qui ont fini par construire leur vie ici, en France, dans notre beau pays, façonnée par toutes ces migrations.

Nous sommes tous des enfants issus de l’immigration.

 Mais ici, nous honorons l’histoire de ces hommes - des républicains espagnols, des militants politiques, syndicaux - qui ont été internés pour leurs idées, par le gouvernement d’extrême droite de Vichy, de Pétain.

 Cette histoire, nous ne devons jamais l’oublier.

 Salvador Lardiès était mon arrière-grand-père, espagnol, né, tout comme ma grand-mère, à Martes en Aragon. Ma grand-mère, Maria, a 97 ans et vit toujours à Béthune.

Elle n’a rien oublié.

Elle n’a rien oublié de la victoire du Front populaire en Espagne aux élections de février 1936, ni du putsch militaire de droite et d’extrême droite dirigé par le général Franco.

 Elle n’a pas oublié le départ de son père, Salvador et son frère Saturnino, qui font le choix de s’engager dans les forces républicaines, contre l’arrivée de Franco et des phalangistes.

 Et c’est l’honneur du PCF d’avoir envoyé des milliers de brigadistes combattre le fascisme à leur coté en Espagne. Hélas, faute de soutien, la chute de Barcelone en 39, dernier bastion républicain, va provoquer en 15 jours l’exode d’un demi-million de d’espagnols franchissant la frontière des Pyrénées dans le plus grand dénuement pour échapper à la répression et aux bombardements.

 Ils n’étaient pas au bout de leur peine.

Ils seront escortés jusque sur la plage d’Argelès-sur-mer où rien n'est prévu pour les accueillir alors que l'hiver est là...

Les brigadistes et combattants républicains seront enfermés dans des camps de concentration, d’autres seront transférés dans des camps d’exterminations en Allemagne, ou au titre du service du travail obligatoire ( STO) à l’initiative de Vichy.

 Salvador, lui qui avait su trouver refuge à Tarbes, sera enfermé pendant 3 ans au Camps du Vernet.

3 ans. 3 ans d’enfer dans ce triste camp du Vernet, le camp de concentration le plus répressif de France, bâti par le gouvernement de Pétain dès le début de 39 pour y interner les opposants à sa politique.

Sa fille, ma grand-mère, à peine 15 ans, garde en elle l’image de son père, qu’elle observait au loin derrière les barbelés, un père amaigri, malade, perdu.

Ils ont été au total 35 à 40 000 hommes, femmes, enfants, à vivre dans des baraques en planches, souffrant de la faim, de la saleté, du froid, victimes de maladie et des coups des gardiens.

 Plus de 12 000 républicains espagnols y sont enfermés ainsi que des journalistes, des intellectuels, des militants communistes français, bulgares, allemands, autrichiens qui, dans toute l’Europe, résistent au nazisme. Près de 70 nationalités en tout.

Mais aussi des centaines de juifs français arrêtés par la police de Vichy puis déportés à Auschwitz dont 40 enfants âgés de 2 à 17 ans en février 42.

 L’écrivain hongrois Arthur Koestler, détenu quelques mois au camp de Vernet, écrit à l’époque que les exilés, les persécutés, les traqués de l’Europe en raison de leur nationalité ou de leur croyance, y ont été considérés comme « la lie de la terre », ce qui deviendra le titre de son livre.

 Pour l’extrême droite française, qui domine alors le pays, il fallait enfermer ces étrangers qui croyaient à la liberté.

Une partie de la presse relaie ses idées.

Un journal de l’époque titre ainsi son édito en 1939:

« La canaille espagnole ».

 Et d’expliquer, je cite : « Que la France ait accueilli les réfugiés espagnols, rien de plus naturel.

Nous avons des traditions d’hospitalité auxquelles nous voulons rester fidèles.

Mais il y a des bornes à cette charité.

Il eût fallu fermer nos frontières à toute cette pègre, à toute cette canaille qui déshonore l’humanité et qui s’est abattue sur la région comme une horde de barbares ».

 70 ans plus tard, les mêmes mots résonnent encore.

Ce climat politique nauséabond, malfaisant empeste toute l’Europe et la France.

 Comme avec ce crime odieux qui devient une affaire nationale tant les partis d’extrême droite et quelques animateurs TV s’en emparent pour tirer un trait d’égalité entre immigré et meurtrier, ou pour exiger encore une justice expéditive, sans avocat.

 Oui, le racisme, l’antisémitisme servent encore de ressorts à des forces politiques pour conquérir le pouvoir.

C’est pourquoi, je le redis ici:

 jamais, nulle part, à aucun moment, nous, les communistes, ne mêlerons nos voix, nos suffrages aux leurs et ce pour quoique ce soit.

Jamais nous ne seront complices de leur crime.

Il est important, justement, de montrer aux Français les valeurs et les différences qui séparent la gauche et le camp républicain de l’extrême droite, de rappeler que nous sommes les enfants de celles et ceux qui ont été martyrisés par l’extrême droite.

 Oui nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui fuient leur pays, car ils ne le font jamais de gaité de coeur.

 Ils ont besoin de notre solidarité, de la solidarité de tous les pays d’Europe car nous appartenons à la même humanité.

Mon arrière-grand-père, lui, a été libéré en décembre 1942 pour être envoyé comme STO sur des chantiers allemands dans le Nord.

Il meurt en janvier 1949 à Wargnies-le-Grand d’une tuberculose attrapée ici, dans le camp du Vernet.

 

Chers amis, monsieur le maire, madame la présidente, chère Carole

 

Je sais que nous partageons ce combat républicain.

 

Et je sais qu’ensemble, nous continuerons de tenir ces digues pourtant fragiles qui protègent encore notre pays.

 

Nous ne devons jamais oublier ce que la France a vécu.

 

Nous ne devons jamais oublier ceux qui sont morts pour que nous puissions vivre libres

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