dimanche 28 février 2021

 

                  L'ITALIE, UN LABORATOIRE


L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 25 février 2021 – par Patrick Le Hyaric.

L’Italie vient de basculer vers un scénario inédit : un gouvernement dit « d’union nationale » dirigé par Mario Draghi pour utiliser les 209 milliards d’euros du plan de relance européen. Voici donc, à la manœuvre, l’apôtre des marchés financiers, lequel fit ses classes sous les lambris dorés de la banque états-unienne Goldmann Sachs alors que celle-ci s’illustrait en inondant les marchés de créances toxiques qui allaient déclencher la crise de 2008. Il a également maquillé les comptes d’Etats européens. Et le voilà installé à la tête de la troisième puissance européenne à la demande des industriels et des banquiers avec l’ardent soutien de Mme Merkel et de M. Macron.

A la présidence de la Banque centrale européenne, il épongeait l’écroulement financier qu’il avait contribué à créer pour offrir des débouchés au capital en manque d’investissements lucratifs tout en exigeant des peuples privatisations et sacrifices sociaux, non sans avoir dépecé la Grèce au nom de la « stabilité monétaire ». Nous avons ici le prototype de ceux qui sont présentés comme les représentants d’une « élite apolitique » par ceux qui veulent cacher qu’il s’agit d’un valet du capital.

La grande nouveauté du scénario italien tient à un renversement des données d’un débat initié depuis plus d’une décennie, dans lequel, à la faveur de l’affaiblissement des partis communistes, les structurations politiques ont été déportées des enjeux des antagonismes de classe vers l’invention de catégories nouvelles : d’un côté les « européistes », représentants des « élites », de l’autre des « populistes » de droite ou de gauche censés être les opposants des premiers. Sous couvert de « gouvernement technique », l’alliance scellée sous l’égide de l’ancien président de la BCE réunit le Parti démocrate, la droite de Forza Italia, les populistes du Mouvement cinq étoiles et l’extrême droite de la Ligue du Nord. Autrement dit les représentants « des élites » et « les populistes » de toutes tendances font gouvernement ensemble.

On aura noté les cris unanimes des forces se réclamant du consensus libéral pour célébrer cette « entente » au nom d’un intérêt supérieur que l‘on voudrait faire passer pour l’intérêt général. Mais l’intérêt supérieur, ici, n’est autre que celui du grand capital européen qui compte bien faire du cas italien un cas d’école pour tous les pays européens. Car l’union nationale est la condition pour faire accepter aux peuples des « réformes » imposées par la Commission européenne. Cette « réconciliation nationale » s’opère ainsi sous les auspices du marché capitaliste et d’un nouveau degré de « financiarisation » de l’économie. Mais surtout sur le dos des travailleurs qui sont une fois de plus appelés à servir de monnaie d’échange contre les lignes de crédit de la Banque centrale européenne. Par ricochet, la voie est ainsi ouverte aux néofascistes du parti Fratelli d’Italia pour incarner l’opposition à ce consensus bruxellois droitier, mais sur des bases précisément et ouvertement… fascistes.

Le discours d’investiture de Mario Draghi en dit long sur la nature de ce consensus : une dose de xénophobie pour complaire à la Ligue du nord, une autre d’écologie pour satisfaire le Mouvement cinq étoiles, une autre encore de baisse de la fiscalité sur le capital pour neutraliser la droite berlusconienne, et enfin une ode à l’Union européenne pour s’accorder les faveurs du Parti démocrate. Le tout agrémenté d’un serment de fidélité à l’Alliance atlantique.

Les représentants des classes dominantes considèrent à juste titre qu’elles ne disposent plus de majorité populaire pour progresser vers l’étape nouvelle que réclame le système capitaliste pour son déploiement. Ils travaillent à l’alliance des anciens partis sociaux-démocrates et des forces baptisées populistes de droite ou de gauche pour tenter de s’assurer la majorité sociale et politique qui leur échappe, pour ainsi éviter toute forme de contestation trop radicale. Les mouvements sociaux discontinuent et celui des Gilets jaunes avec le soutien massif qu’ils ont reçu, comme la sourde protestation qui se répand sur les enjeux de santé fait cogiter en haut lieu et bien au-delà de la France. Ceci au prix d’une inquiétante redéfinition du champ politique qui se déporte toujours plus vers la droite et tend à gommer toute expression anticapitaliste. L’ingestion par le pouvoir macroniste et la droite des thèses de l’extrême droite en France, spectaculaire ces derniers jours, laisse augurer une nouvelle recomposition politique si ceux qui ont intérêt à un changement de politique et de société ne se lèvent pas. Entre des pans entiers d’électorat socialiste conquis en 2017 et neutralisés depuis, et M. Darmanin qui braconne sans vergogne sur les terres idéologiques de l’extrême droite, l’arc macroniste n’est en effet pas si éloigné de celui de M. Draghi. Avec, une fois encore, les réformes structurelles contre les retraites, la propriété publique et la Sécurité sociale pour viatique.

On observera dans l’actualité italienne la grande faiblesse de la force communiste. Celle se réclamant du populisme de gauche, qui, en refusant de s’organiser sur une base solide de classe et recourant à des raccourcis souvent outranciers, se trouvent finalement ballotée par le vent politique. Jusqu’à se fondre dans un gouvernement au service des puissances financières.

Ceci nous oblige à réagir. Les forces libérales, instruites par le succès de Trump et des extrêmes droites européennes, sont en train de pactiser avec ces dernières pour défricher le terrain d’une offensive redoublée contre les droits sociaux et démocratiques. Avec pour notable conséquence un glissement considérable du débat public vers l’extrême droite. La séquence xénophobe orchestrée par le pouvoir la semaine dernière — entre le rapprochement Darmanin/Le Pen, la loi séparatisme, la polémique sur Trappes puis sur un prétendu « islamo-gauchisme » l’illustre parfaitement.

Cette opération d’envergure a pour principale fonction de rendre invisible le durcissement de la lutte de classes, les désastres sociaux, la corruption de l’industrie pharmaceutique, la misère galopante et les mauvais coups en préparation contre le monde du travail, la jeunesse et les familles populaires sous prétexte des dettes contractées par l’Etat pour faire face aux conséquences de la pandémie.

Sans l’organisation d’une résistance contre la dé-civilisation capitaliste, sans force ni visée communiste rassembleuse sur un projet de civilisation nouvelle, la stratégie adoptée par les forces capitalistes risque d’entraîner notre continent vers de très sombres lendemains. Travailler à l’union populaire pour des changements de politique et de société relève d’une urgente nécessité.

 Déclaration de la section de Poissy du Parti Communiste Français

 

SÉCURITÉ, VIE DES QUARTIERS : LES HABITANTS DOIVENT PARTICIPER AUX DÉCISIONS

 

La section de Poissy du Parti Communiste Français condamne les actes et les propos dont les forces de police ont été l'objet le 13 février. 

Cette  violence  manifeste l'aggravation de la crise qui frappe notre pays : 

crise sociale -  chômage, précarité, bas salaires,  pauvreté ; crise du logement et de la ville - augmentation des loyers, insuffisance criante de logements sociaux,  rejet des classes populaires hors des centres villes ; crise politique - le pouvoir ignore les voix qui réclament justice et égalité. La casse des services publics -  hôpitaux, éducation,  transports, énergie, poste, police (baisse des moyens de la police nationale remplacée par des effectifs municipaux) -  aggrave encore ces difficultés,  créant une société de plus en plus fracturée.

Le maire de Poissy soutient ces politiques dangereuses, au niveau national comme dans notre ville. L'urbanisation se fait au détriment des familles aux revenus faibles ; ainsi les réhabilitations prévues à Beauregard vont donner lieu à une hausse  des loyers – d'autres choix sont possibles ! La municipalité se préoccupe, à juste titre, des commerces du centre - mais que fait-elle pour développer ceux des quartiers qui ferment les uns après les autres ? Qu'a-t-elle fait pour empêcher la fermeture de la poste de Noailles ?

Concernant la sécurité, aucune étude n'a pu montrer l'efficacité de la suspension d'aides aux familles de délinquants mineurs ; le maire en est certainement informé. Sa frustration et ses appels au calme seraient plus crédibles s'il cherchait réellement à trouver des solutions. 

Pour le Parti Communiste,  cela ne peut se faire qu'avec les habitants. 

Nous proposons de mettre en place des comités de quartier regroupant élus, responsables d'associations et citoyens, chargés de signaler les problèmes, de faire des propositions et d'en débattre : une prise de décision démocratique, et non parachutée d'en haut. Au-delà de la sécurité, il serait possible d'échanger aussi sur des projets, des réalisations... 

Travailler ensemble à faire de Poissy une ville apaisée, riche de sa diversité.

 

Poissy, le 22 février 2021


 

samedi 20 février 2021

Madame Vidal tente

de mettre en place

ce qui s'apparente
à une police politique.

La commission de lutte contre le racisme et pour l’égalité du Parti communiste Français soutient et partage les inquiétudes et les fortes réactions de la Conférence des Présidents d’Universités et des syndicats de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
La déclaration de la ministre de la Recherche, annonçant, sur CNwes, vouloir commanditer une enquête sur "l'islamo-gauchisme" au CNRS et à l'université, est d'une extrême gravité.
Madame Vidal tente de mettre en place ce qui s'apparente à une police politique, dirigée contre les libertés académiques fondamentales.
Rappelons que l'« islamo-gauchisme » n'existe ni dans les universités, ni au CNRS, ni ailleurs dans le monde scientifique. L'« islamo-gauchisme » est le nom qu'une poignée de militants des courants de l’extrême droite et des tendances fascistes « identitaires » soufflent à l'oreille des ministres pour disqualifier des travaux de recherche sur nos sociétés, pour plonger celles-ci dans une régression sociale, démocratique, culturelle grave.
En fait ce qui est visé c'est la notion de savoir, d'éducation et finalement de liberté et d'émancipation.
Ce prétexte évoqué, par divers ministres, démontre à quel point cela s'inscrit dans un projet politique global, dangereux, délétère.
Sont visées entre autres les études sur le genre, les sexualités, les migrations, les formes de domination et les effets à long terme de la colonisation dans les sociétés contemporaines. Ces travaux sont aujourd'hui stigmatisés par le pouvoir politique, dans un contexte de surenchère entre le Rassemblement national et le gouvernement.
En sus des lois liberticides et stigmatisantes envers les populations d’origine musulmane, il s'agit, visiblement et encore une fois de faire diversion sur la réalité des discriminations et du racisme dans notre pays.
Tout ceci est très dangereux.
Nous appelons à soutenir toutes les mobilisations pour défendre la recherche, la liberté de la recherche.

Serge GUICHARD

 


Brevets sur les vaccins 

anti-Covid, Stop. 

Réquisition !

Quarante-six organisations et plus de cent personnalités lancent cet appel que l’Humanité relaie. 

Face au Covid-19, l’urgence immédiate est à la prévention, construite avec la population, au renforcement du système de santé (lits, personnels…), et pas à la peur du gendarme, inefficace. La vaccination est un moyen central pour enrayer la pandémie. Pourtant, cette campagne piétine, le gouvernement et les pouvoirs publics ne sont pas en capacité de faire face aux besoins, par manque d’anticipation, mais surtout parce que les laboratoires pharmaceutiques se réservent la possibilité de faire de gigantesques profits grâce aux brevets sur les vaccins autorisés. Cette logique prive les plus démunis et les pays les plus pauvres de vaccin, au risque de l’émergence de variants encore plus agressifs.

Agissons ensemble pour imposer :
◆ La suspension de l’application des brevets sur les vaccins et les traitements médicaux anti-Covid, au profit d’une mutualisation des connaissances, des technologies et la multiplication de leurs transferts, des savoir-faire, de l’augmentation du nombre des producteurs, à l’échelle européenne et mondiale, sous l’égide de l’OMS.
◆ Que tous les vaccins autorisés deviennent des biens communs de l’humanité et soient accessibles à l’ensemble des populations mondiales.
◆ La réquisition des entreprises pharmaceutiques pour la production de ces vaccins et traitements médicaux selon les normes de sécurité et de qualité requises, pour fournir en quantité suffisante et gratuitement les peuples du monde entier, et éviter les pénuries.
◆ Un contrôle citoyen et une transparence totale sur les accords, les essais cliniques, la pharmacovigilance, pour des vaccins sûrs et bien testés, ainsi que la protection des données de santé.
L’argent public des citoyens ne peut servir à payer deux fois, lors du développement puis lors de la production et commercialisation, les entreprises pharmaceutiques et ainsi alimenter leurs profits.
◆ Un plan d’urgence de vaccination mondiale coopératif est nécessaire, dans le cadre de la politique mondiale commune publique de la santé sous l’égide de l’OMS.
Nous soutenons l’initiative citoyenne européenne de pétition, en direction de la Commission européenne, « Pas de profit sur la pandémie ».

Nous vous appelons à signer massivement, en France, la pétition suivante :

 https://www.wesign.it/fr/sante/brevets-sur-les-vaccins-anti-covid-stop-requisition-

 

• Brevets sur les vaccins : stop ! 

• Tous les vaccins autorisés doivent devenir 

"biens communs "de l’humanité ! 

• Réquisition des entreprises pour la production des vaccins et des traitements anti-covid ! 

• Contrôle citoyen sur les accords, brevets, essais cliniques, pharmacovigilance, pour des vaccins et traitements sûrs et bien testés !

 

Nous vous appelons à signer massivement en France la pétition : Brevets sur les vaccins anti-covid, Stop. Réquisition ! ci-dessus (en gras).

 https://www.wesign.it/fr/sante/brevets-sur-les-vaccins-anti-covid-stop-requisition-


mardi 2 février 2021

 

La guerre des vaccins n'aura pas lieu

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Il n'est de pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut pas entendre, de pire aveugle que celui (ou celle) qui ne veut pas voir. Emmanuel Macron aura beau s'escrimer à la tribune virtuelle de Davos, faisant mine de découvrir qu' « on ne peut penser l'économie sans l'humain », la politique française impulsée au plan national, européen comme international reste formatée par les dogmes néolibéraux.

Malgré les attentes créées par un allusif « quoi qu'il en coûte » à l'annonce du premier confinement, malgré les élans lyriques d'un « monde d'après » promis à l'emporte-pièce, l'arrivée des vaccins contre la Covid-19 se traduit par une série de manœuvres, de dysfonctionnements, d'erreurs dramatiques et de décisions délétères.

Manœuvres quant au choix des accréditations délivrées par l'UE aux vaccins les plus chers sans aucune transparence sur les procédures de sélection ; dysfonctionnements quant à la mise en place des campagnes de vaccination, en France notablement, ou encore les retards de paiement – pour ne pas dire l'absence de rémunération – des personnels soignants mobilisés depuis mars ; erreurs dramatiques quant à la décision de maintenir à moyens (pauvres) constants les services d'urgence et services hospitaliers qui ont retrouvé, à la sortie du premier confinement, le nombre insuffisant de lits dont ils étaient pourvus à la veille de la crise ; et décisions délétères quant aux volumes et répartitions des commandes.

Tout aujourd'hui – la pénurie de vaccins, l'inégalité d'accès au vaccin, les errements quant aux délais de la deuxième injection, l'approche d'un troisième confinement – résulte pour une part non négligeable de la politique menée au plus haut niveau sans concertation ni avec la représentation nationale, ni avec les représentants des salariés et citoyens, sans volonté non plus de coopération et solidarité internationale renforcées.

Soyons justes : la présidence française et son gouvernement ne sont pas les plus mauvais mais ils sont loin, contrairement aux affirmations de Bill Gates tressant des couronnes de laurier à Emmanuel Macron sur France Info le 28 janvier, d'être les meilleurs dans une lutte qui doit articuler des réponses d'urgence et de long terme sur le plan médical, sanitaire, social et économique. De même, il n'est pas question ici de reprendre l'antienne éculée d'une prétendue « humiliation nationale » devant l'absence de « vaccin français » – comme si un vaccin devait avoir une nationalité. Ce sont les chercheurs de notre pays précipités dans la précarité, nos organismes de recherche qui depuis des décennies se voient imposer des coupes budgétaires, qui ont été sciemment privés des moyens de travailler ; et c'est cette politique publique qui est à l'origine de l'affaiblissement du potentiel scientifique et industriel de notre pays. C'est la suppression de l'ISF et les milliards de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises qui ont privé en 30 ans l'Institut Pasteur des moyens dont il a besoin pour remplir ses missions et jouer son rôle au plan international. Quand la recherche scientifique française est affaiblie, c'est l'ensemble de la recherche scientifique internationale qui est affaiblie.

La compétition géopolitique que la recherche sur le vaccin puis sa distribution ont déclenché est proprement mortifère et totalement illusoire : aucun pays, aucun continent ne sortira de la pandémie au détriment du reste du monde. Au contraire, la seule voie de lutte contre le virus et de sortie de crise serait d'adopter des politiques publiques nouvelles et offensives de coopération et de solidarité internationales, comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en conjure les chefs de gouvernements et d’État depuis longtemps, avant même le déclenchement de la pandémie de Covd19.

En effet, c'est dès septembre 2019 – soit trois mois avant la détection des premiers cas de Covid-19 en Chine – que fut publié le « Rapport annuel sur l’état de préparation mondial aux situations d’urgence sanitaire. Un monde en péril. » par le GPMB1 sur la base des épisodes de pandémie de H1N1 et d'Ebola. Lisons-en ensemble l'ouverture:

« Dans ce premier rapport annuel, le Conseil mondial de suivi de la préparation examine les besoins et les mesures les plus urgents pour accélérer la préparation aux situations d’urgence sanitaire. Le premier rapport est consacré aux épidémies et aux pandémies.

La principale conclusion du rapport est que le monde doit s’efforcer de mettre en place les systèmes et la collaboration nécessaires pour détecter et combattre les flambées épidémiques potentielles. Ces mesures de préparation sont un bien public mondial qui doit permettre de mobiliser de manière constructive les communautés, du niveau local au niveau international, dans les activités de préparation, de détection, de riposte et de redressement. L’investissement dans la préparation aux situations d’urgence sanitaire améliorera les résultats sanitaires, renforcera la confiance de la communauté et réduira la pauvreté, contribuant ainsi également aux efforts déployés pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.

Les responsables de tous niveaux ont les cartes en mains. Il est de leur responsabilité de donner priorité à la préparation en incluant l’ensemble de la société afin de mobiliser et de protéger tout le monde2. »

Que s'est-il passé de septembre 2019 à mars 2020 pour que les ministères de tutelle, les agences de santé des pays développés et leurs chefs de gouvernement et d’État regardent goguenards d'abord, puis incrédules, enfin accusateurs mais toujours l'arme au pied, l'émergence du coronavirus à Wuhan, sa diffusion en Iran, en Italie, au monde entier sans mise en place de dispositifs appropriés de soin et protection de leur population et d'entraide mondiale pour contenir la pandémie ?

Dès début 2020, l'Organisation internationale du travail (OIT) alertait, nous nous faisions l'écho ici même, sur les conséquences socio-économiques tragiques de la pandémie et de la crise sanitaire : des centaines de millions d'emplois détruits, une résurgence violente de l'extrême pauvreté et un effondrement des niveaux de vie, une détresse psychologique généralisée ; pourquoi alors s'étonner benoitement aujourd'hui que de véritables émeutes de la faim secouent un pays comme le Liban – que le président Macron, encore lui, pressait à la même période d'acquiescer aux injonctions austéritaires du FMI et de la Banque mondiale.

Les forces d'extrême droite tentent de récupérer la colère profonde de chacun-e et des peuples. Au Pays-Bas, des militants « anti-Covid » refusant le port du masque mettent le feu dans les rues de la capitale. Galvanisés par les diatribes trumpistes, bolsonaristes ou, pendant plusieurs mois, du premier ministre britannique actuel jusqu'à ce qu'il soit lui-même infecté, ces réseaux manipulent l'information et cultivent autant le chacun pour soi que la haine de l'autre. Ils alimentent un discours de l'effondrement et de la désespérance, des réflexes de peur panique et de rejet que les errements politiques, l'explosion des injustices sociales et économiques, et l'autoritarisme des gouvernants aggravent encore.

Dans cette situation, la responsabilité des communistes est d'agir pour ouvrir toutes les portes, tous les espaces de rassemblement, mobilisation, solidarité et mise en mouvement populaire pour rendre majoritaires, aujourd'hui, d'autres choix pour notre pays, l'Europe et le monde.

Appuyer partout où elles pointent, les luttes pour la défense de l'emploi et de l'outil de travail, leur donner l'ampleur dont elles ont besoin pour vaincre les plans de licenciements qui s'enchaînent mais aussi pour poser des jalons concrets, avec nos parlementaires et nos élu-e-s dans toutes les instances démocratiques, pour imposer de nouveaux choix : plan de financement d'urgence de l'hôpital, de la santé et de la protection sociale, plan d'urgence et de développement des services publics à commencer par l'école et la formation supérieure, plan de soutien à l'emploi, reprise en main publique des secteurs du médicament, de la santé, de la protection sociale et de la dépendance, réindustrialisation adossée à des coopérations bilatérales, régionales ou internationales axées sur le développement des infrastructures et des services publics, soutien aux collectives locales et territoriales et aux artisans, agriculteurs et commerces locaux.

Nos parlementaires ont présenté et versé aux débats 50 propositions qui dressent une perspective d'avenir qui permettrait de dégager la politique de notre pays des logiques qui la soumettent au service du capital, et qui donnerait le signal, dans l'UE, d'un mouvement de rupture avec les traités budgétaires qui ont affaibli les capacités de développement et conditions de vie et de travail des peuples européens, et au plan international, qui inscrirait la France dans une dynamique nouvelle ou l'ambition de la santé comme bien universel mondial pourrait se concrétiser.

Cette période appelle au déploiement des luttes, débats politiques et idéologiques et à l'émergence de majorités populaires qui fassent de l'intérêt commun et de l'épanouissement de chacun-e l'alpha et l'oméga de l'action politique.

Rien n'est écrit, et la balle est, de fait, dans le camp des peuples, des forces du travail et de la création.

Lydia Samarbakhsh
membre du CEN du PCF
responsable International

 

 

1 « Le Global Preparedness Monitoring Board (GPMB) est un organisme indépendant de surveillance et de responsabilisation chargé d'assurer la préparation aux crises sanitaires mondiales. Composé de dirigeants politiques, de directeurs d'agence et d'experts de réputation internationale, le Conseil fournit une évaluation indépendante et complète aux décideurs politiques et au monde sur les progrès vers une préparation et une capacité de réponse accrues en cas d'épidémies et d'autres situations d'urgence ayant des conséquences sur la santé. En bref, le travail du GPMB consistera à tracer une feuille de route pour un monde plus sûr. Créé en réponse aux recommandations du Groupe de travail sur les crises sanitaires mondiales du Secrétaire général des Nations Unies en 2017, le GPMB a été co-organisé par l'Organisation mondiale de la santé et le Groupe de la Banque mondiale et officiellement lancé en mai 2018. Le GPMB est dirigé par ses coprésidents, Elhadj As Sy, secrétaire général de la FICR, et Dr Gro Harlem Brundtland, ancienne première ministre de Norvège et ancienne directrice générale de l'OMS. » Source : https://apps.who.int/gpmb/


dimanche 24 janvier 2021

Nouvelle mesure américaine 

contre Cuba considérée comme

 illégale en France

 Par Waldo Mendiluza


Paris, 13 janvier (Prensa Latina) La chef du Parti communiste français (PCF) Lydia Samarbakhsh a jugé aujourd'hui illégale l'inclusion de Cuba dans la liste unilatérale des États-Unis des pays parrains du terrorisme et a décrit la politique interventionniste de Washington.

Cette décision est aussi illégale que la tentative de prise de contrôle du Capitole par les hordes fascistes lancées par Donald Trump le 6 janvier, a déclaré le chef du secteur international de l'organisation dans des déclarations à Prensa Latina.

Selon Samarbakhsh, le président américain sortant insiste pour jouer la carte du chaos, ce qui ne fait que prouver son échec flagrant.

Lundi, le secrétaire d'État Mike Pompeo a annoncé la présence de l'île sur la liste des pays que les États-Unis accusent de parrainer le terrorisme, une mesure en phase avec la promesse de Trump de renverser le rapprochement engagé entre Washington et La Havane lors de la deux dernières années de l'administration de Barack Obama.

La dirigeante du PCF a inscrit la croisade anti-cubaine dans l'objectif de la Maison Blanche de dominer à nouveau l'Amérique latine comme sa cour arrière, une politique qu'elle a dénoncée et qualifiée de fiasco absolu.

Samarbakhsh a déclaré à Prensa Latina que Cuba représentait un pilier de stabilité, de paix et de coopération, avec un rôle irremplaçable sur la scène internationale, démontré pendant la pandémie de Covid-19.

 

Lydia Samarbakhsh

 

INTERNATIONAL publié le 24/01/2021

Investiture de Joe Biden : Vers une nouvelle ère ?

L’investiture de Joe Biden pourrait signifier la fin d’une séquence marquée par la violence et le chaos de la présidence de Donald Trump. Le quadrillage de Washington et de nombreuses villes par les forces de sécurité et la garde nationale en dit long sur l’ampleur des fractures qui affectent la société américaine. Le pays, qui se présentait comme le parangon de la démocratie, traverse une crise majeure tant les inégalités, le racisme, la ségrégation, les volontés hégémoniques et les guerres impérialistes le minent en profondeur.

Les événements du Capitole demeureront l’expression la plus aboutie du trumpisme. Répondant à l’appel du président sortant, afin de renverser le résultat des élections, des suprémacistes blancs, des milices d’extrême droite et des complotistes ont convergé dans leur projet de rupture avec la démocratie en connivence avec le parti Républicain. Certes, si tous les électeurs de D. Trump ne se retrouvent pas dans cette tentative de putsch, ils n’en partagent pas moins les objectifs et les perspectives qu’il a pu développer.

Joe Biden a, durant sa campagne, exprimé le souhait de tourner la page du trumpisme sur le plan moral et politique, se faisant ainsi l’écho de la répugnance exprimée par une majorité d’américains. Il a aussi été porté par les aspirations d’une nouvelle gauche progressiste qui s’est retrouvée dans la campagne de Bernie Sanders ou du formidable mouvement Black Lives Matter qui, tous deux, aspirent à une société plus juste, égalitaire, fraternelle et libre. Cela s’est manifesté par l’élection de députés socialistes au Congrès. Rompre avec le trumpisme sur la forme ne suffira pas car la situation exige une rupture radicale avec les dégâts du néolibéralisme et les logiques de domination.

La publication de premiers décrets marque une césure avec l’ère de D. Trump et il y a tout lieu de considérer que cela va dans le bon sens. Pour faire face à la crise sanitaire, la nouvelle administration rend désormais le port du masque obligatoire dans les bâtiments fédéraux, les transports entre États et décide de réintégrer une institution internationale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des dispositions ont été adoptées pour faire face à l’explosion de la pauvreté comme le moratoire sur les expulsions de logement, le gel du remboursement des emprunts des étudiants et l’annonce d’une augmentation des bas salaires. La lutte contre le réchauffement climatique se traduit par la réintégration des accords de Paris, mais aussi l’adoption d’un moratoire sur l’extraction pétrolière en Alaska, le blocage de l’oléoduc Keystone XL et un décret sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Toutes aussi significatives apparaissent les décisions en matière de politique migratoire. Le rétablissement du statut temporaire, l’annonce de la régularisation par étapes de onze millions de sans-papiers et des « dreamers » ainsi que l’arrêt de la construction du mur à la frontière mexicaine répondent aux attentes des communautés latino-américaines qui jouent un rôle essentiel dans l’économie du pays et ouvrent des perspectives pour faire reculer les haines. Enfin des mesures symboliques, mais qui demeurent déterminantes, visent à lutter contre les discriminations raciales et prennent en compte l’exigence d’égalité entre tous les citoyens.

Mais ne nous y trompons pas, les milieux d’affaires, au cœur de la nouvelle équipe gouvernementale, piloteront le plan de relance et d’investissements de 1800 milliards de dollars qui suscitent déjà l’euphorie de Wall Street. Sur le plan international, si la politique conduite pourra être plus cohérente, marquée par une éventuelle reprise des discussions sur le nucléaire iranien et un certain multilatéralisme, les fondamentaux demeureront les mêmes. L’escalade des tensions avec la Russie mais surtout avec la Chine restera l’axe principal avec une dimension idéologique plus marquée comme en témoigne l’annonce de la tenue d’un « sommet des démocraties ». L’équipe de Joe Biden ne s’est pas prononcée sur le blocus illégal de Cuba et n’a pas répondu à l’appel au dialogue de son président Miguel Diaz Canel. Elle a été favorable à la guerre en Irak et ne reviendra pas sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Elle n’entend pas non plus remettre en cause l’inique législation d’extraterritorialité et réaffirme la volonté des États-Unis de diriger à nouveau le monde. La menace est grande de voir pérenniser les politiques antérieures ce qui aura, à n’en pas douter, des effets désastreux et amplifiera à terme les divisions, les brutalités et les souffrances des peuples.

Le Parti communiste français exprime sa solidarité avec toutes les forces progressistes américaines qui ont contribué à la défaite de D. Trump et luttent, dans des conditions difficiles, pour faire prévaloir un monde de justice et de paix, pour une rupture avec les politiques en faveur des milieux d’affaires, anti-sociales, anti-écologistes, racistes et autoritaires.

Pascal TORRE
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

 


 



INTERNATIONAL Publié le 19/01/2021 par PCF

Pour la ratification du TIAN: Rendons hors la loi l’arme nucléaire

En 2017, l’Assemblée générale de l’ONU votait, avec l’appui de 122 États, le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Après le bannissement des armes biologiques et chimiques, l’entrée en vigueur du TIAN, le 22 janvier 2021, constituera un fantastique espoir pour prohiber les armes de destruction massive et les rendre illégales au regard du droit international.

Le TIAN fait l’objet d’une obstruction des pays possédant l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Israël, Pakistan, Inde et Israël).

Pour autant, son entrée en vigueur est loin d’être symbolique.

Le TIAN comporte des interdictions, constitue un instrument juridique contraignant et les États, soucieux de leur opinion publique, devront en tenir compte.

 Trois dangers mortels guettent l’humanité : le réchauffement anthropique du climat, le capitalisme qui accroît partout l’insécurité humaine et l’apocalypse nucléaire. On assiste depuis quelques années à une relance de la course aux armements nucléaires et à une prolifération encouragée notamment par la décision des États-Unis de sortir de la plupart des traités s’y afférant.

 Les risques posés par ces armes ne cessent de croître dans le climat politique international actuel. Nous en connaissons les dangers et les conséquences humaines irrémédiables. Comment défendre l’idée que l’arme nucléaire pourrait jouer un rôle de garant de la sécurité mondiale ou de protecteur de l’humanité lorsque l’on sait que son usage aurait sur la santé, l’environnement, le climat, la production alimentaire et le développement socio-économique un impact catastrophique, durable sur plusieurs générations. 

«La France doit rejoindre le cercle des nations contre les armes nucléaires »

Le monde, pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique, aux crises sanitaires et à l’explosion de la pauvreté, a besoin de moyens immenses sur le plan monétaire, industriel et scientifique. Une partie d’entre eux sont stérilisés dans des budgets consacrés à la course aux armements nucléaires et à la militarisation de l’espace. Ratifier le TIAN est un enjeu majeur qui permettrait de libérer des moyens importants, pour la recherche et les hôpitaux publics par exemple, pour la sauvegarde de l’humanité. Rien que pour la France, cela constitue près d’une centaine de milliards sur quinze ans.

 Le rôle des opinions publiques sera déterminant pour sauver la planète, mobiliser les ressources en faveur du développement humain et de la paix.

L’entrée en vigueur du TIAN doit désormais conduire la France, jusqu’alors à contre-courant, à faire le choix de le signer et de le ratifier.

 Paris devrait être à l’initiative sur le plan international afin d’établir un processus de sortie. Un premier signe serait de geler la modernisation du parc des armes nucléaires. La France doit rejoindre le cercle des nations contre les armes nucléaires pour renforcer la sécurité internationale et libérer le monde d’armes inhumaines.

 Cela correspond à une aspiration profonde puisque 76 % des Français sont favorables au désarmement nucléaire et 68 % souhaitent une ratification du traité par la France.

 Le Parti communiste français, fidèle à son constant engagement en faveur de la paix, appelle à se joindre à l’initiative nationale de plusieurs organisations pacifistes, sociales, syndicales et politiques afin de rendre hors la loi les armes nucléaires.

 

Rassemblement, prises de parole, délégations devant les ambassades des pays disposant de l’arme nucléaire

Jeudi 21 janvier à 15 heures

Esplanade des Invalides (métro Invalides)

 

Les communistes, par leur forte mobilisation, auront à cœur de faire de ce rassemblement un succès.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient


dimanche 10 janvier 2021

 



Si 2020 fut l’année des crises, sanitaire et économique, 2021 s’annonce comme celle de leurs conséquences sociales.

 

Pourtant, des centaines de milliards d'euros ont été déversées sur les entreprises :

 

·         300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État,

·         110 milliards d’euros de plan d’urgence

·         100 milliards pour le plan de relance,

·         31 milliards pour le chômage partiel 

·         76 milliards pour des reports ou annulations de charge sociales et fiscales

(sources : rapport observatoire des multinationales, octobre 2020)

 

 A quoi ont servi ces milliards, versés sans contrôle ni contrepartie ?

 

        Depuis le mois de septembre, les plans sociaux se multiplient 

        Les faillites d’entreprises se poursuivent et pourraient causer jusqu’à 200 000 destructions d’emplois 

        1/3 des entreprises du CAC 40 ont versé plus de 30 milliards d'euros à leurs actionnaires !

 

Le Parti Communiste Français propose :

 

        De répartir différemment les richesses, et transformer les conditions dans lesquelles elles ont créées.

        D’interdire les licenciements des grands groupes bénéficiant de fonds publics

        Un plan d’embauche et de formation dans la santé et l’éducation nationale et l’annulation des fermetures de lits, d’hôpitaux, de classes et de postes.

        D’investir massivement dans les services publics, en débattant à tous les niveaux d’un véritable plan de relance industriel,

        De donner plus de droits aux salariés, aux chômeurs et aux retraités, pour contrôler l'utilisation des subventions accordées

 

77 % des français pensent que le capitalisme provoque la montée des inégalités, par la recherche seule du profit (opinionway).

Construisons le monde d'après.


 

 

Par mail : poissy.pcf@club-internet.fr                           Tel : 01 39 79 28 00

Rendez-vous sur le blog de la section http://pcfpoissyboucledeseine.blogspot.fr/


lundi 28 décembre 2020

Publié le 28/12/2020 par PCF

Accord de Brexit: les paradis fiscaux ont de beaux jours devant eux ! (Fabien Roussel - PCF)

Alors que la pêche a occupé une grande partie des négociations pour trouver un accord de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, bizarrement, la finance a été ignorée. Le projet des financiers anglo-saxon d'avoir un super paradis fiscal aux portes de l'Union européenne demeure !

Dès l'accord signé, Boris Johnson a meme annoncé dans un quotidien anglais son intention de multiplier les ports francs, à taxation ultra-légère pour concurrencer les ports européens !

Il faut dire que depuis plusieurs années la City et plusieurs capitales européennes se livrent une concurrence sans merci pour attirer les capitaux en proposant les meilleurs schémas d'optimisation fiscale.

A ce jeu, la City était déjà tres bien placée: elle est la première place financière mondiale sur le marché des capitaux. 7000 milliards de dollars y sont échangés chaque jour ! Et la place londonienne réalise 60% de toutes les opérations liées aux marchés européens des capitaux.

Mais c'est surtout un paradis fiscal bien connu des fonds d'investissements et de toutes les grandes multinationales qui y délocalisent leurs bénéfices, afin d'éviter de payer les impôts là où ils sont installés.

La City sert en effet de passerelle pour transférer ces bénéfices dans les îles britanniques telles que les Caïmans ou encore Jersey, située à quelques encablures des côtes françaises. Ces juridictions britanniques sont des paradis fiscaux notoirement connus. Les Îles Britanniques accueillent 6000 milliards d'actifs en leur proposant un taux d'imposition moyen sur les bénéfices à 1,73%.

Avec ou sans accord, le Brexit a ouvert une guerre entre paradis fiscaux, entre la City et les pays de l'Union à taux d'imposition quasi nul tel que le Luxembourg, l'Irlande ou les Pays Bas.

Et plus rien ni personne n'empèchera maintenant la City d'adopter ses propres règles fiscales, même si les milieux financiers doivent pour cela ouvrir une succursale au sein de l'Union européenne .

Dans cette guerre, les grands perdants seront les peuples : la fraude et l'optimisation fiscales coûtent 80 à 100 milliards d'euros au budget de la France, tous les ans et près de 1000 milliards d'euros aux pays de l'Union européenne. A l'heure de la lutte contre la pandémie, cette guerre au « moins disant fiscale » est indécente, scandaleuse. Elle devrait susciter l'indignation générale. 

Sur les 1500 pages de l'accord de Brexit, il aurait pu y avoir quelques propositions pour attraper des gros poissons de la finance qui privent les pays de l'Union européenne de plusieurs centaines de milliards d'euros d'impôts par an.

Il est urgent d'établir des règles fiscales identiques dans tous les pays de l'Union européenne et de mettre des filets de sécurité à la circulation des bénéfices réalisés dans nos pays. L'imposition à la source des bénéfices de ces multinationales reste à ce jour la meilleure solution, comme nous l'avons formulée dans une Proposition de loi déposée en 2019. Une occasion de régler ces pratiques malhonnêtes vient d'être manquée dans les négociations autour du Brexit. L'exigence des peuples pour une vraie justice fiscale en Europe n'a pourtant jamais été aussi forte.

L'argent existe et il coule même à flots pour une minorité qui fait tout pour échapper aux impôts. Ayons le courage de s'attaquer à ce fléau. C'est comme cela que nous pourrons répondre aux besoins humains, financer nos services publics et relever le défi écologique.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 28 décembre 2020.

 


 

Publié le 21/12/2020 par PCF

Discours du centenaire du PCF - 

jeudi 17 décembre 2020

Mesdames et Messieurs, Cher·e·s ami·e·s, Cher·e·s Camarades,

Nous voilà réunis pour célébrer les 100 ans d’existence du Parti communiste français.

A cause de la pandémie, du confinement, nous avons dû annuler de nombreux rendez-vous. Certains sont reportés en 2021.

D’autres sont maintenus, comme la superbe exposition d’affiches qui ont jalonné notre histoire, réalisée grâce au concours de la Fondation Gabriel-Péri, présidée par Alain Obadia et que vous découvrirez sur le net avec l’ensemble du programme.

Merci à Guillaume Roubaud-Quashie pour avoir piloté ces festivités.

Je remercie également, pour cet anniversaire exceptionnel, les membres de la direction du PCF présents en visio et ici physiquement en nombre restreint, Pierre Laurent, président du Conseil national, Marie-George Buffet, ancienne secrétaire nationale, les présidents de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat, André Chassaigne et Eliane Assassi, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, mes collègues parlementaires, les responsables nationaux des organisations de jeunesse, Léon Deffontaines, secrétaire national du MJCF, les membres du comité exécutif et ceux du conseil national.

Merci à vous et bienvenue à toutes celles et ceux qui nous rejoignent.

 

Il n’est pas commun de fêter l’anniversaire d’un parti. Encore moins quand il a 100 ans. Et, entre nous, ces 100 ans, on ne les fait pas !

Car en 2020 comme il y a cent ans, le communisme, c’est la jeunesse du monde. Et face au vieux système capitaliste, nous avons besoin d’idées nouvelles, radicalement nouvelles. Voilà pourquoi cette fête est celle d’un commencement.

Avec les yeux non pas tournés vers le passé, mais braqués sur le présent.

C’était déjà l’urgence du présent qui présidait le Congrès de Tours, quand le Parti communiste s’est créé sous la banderole « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Et c’est toujours d’actualité.

Après l’horreur de la Première Guerre mondiale, il s’agissait de garantir pour de bon la paix entre des peuples que l’impérialisme montait les uns contre les autres.

Il s’agissait de tourner la page d’un capitalisme broyant les vies humaines, celle d’enfants, de femmes, d’hommes qui mourraient au travail.

Cette ambition, portée par celles et ceux dont la guerre avait brisé les vies, elle est toujours la nôtre aujourd’hui, avec comme boussole l’intérêt populaire et l’utilité pour le plus grand nombre.

C’est ce qui n’a cessé d’animer ces centaines de milliers, ces millions de Françaises et de Français, d’étrangers, qui dans notre pays, ont décidé de rejoindre notre parti à travers ces cent années, ces hommes et ces femmes qui ont décidé d’organiser leur révolte, leurs rêves, leurs aspirations, pour proposer un projet d’espoir à notre pays et à son peuple, pour le faire entrer dans la vie.

C’est cette volonté de changer le cours du monde, d’être tout simplement utile qui hante encore le jeune Guy Môquet, lycéen de 17 ans, à la veille de son exécution, le 22 octobre 41 par les nazis, dans sa dernière lettre : « Ma petite maman chérie […] Je vais mourir. […] Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. »

En 2020, nous retournant sur le siècle écoulé, nous pouvons en être sûrs : le combat des communistes sert à quelque chose.

Il a contribué à garder ouvertes les portes de l’avenir lorsque l’horizon paraissait bouché.

Il s’est engagé dans la Résistance, à l’image d’un Manouchian, d’un Rol Tanguy, d’une Martha Desrumeaux ou d’une Danielle Casanova et de tant d’autres.

Sans le PCF, le rassemblement de la gauche aurait-il vu le jour en des moments cruciaux ?

Y aurait-il eu le Front populaire et le programme du Conseil national de la Résistance ?

Oui, le Parti communiste est indissociable de grandes conquêtes telles que les congés payés en 1936 ou la Sécurité sociale en 45.

C’est le ministre CGTiste et communiste Ambroise Croizat qui crée notre système de retraite par répartition.

C’est le député communiste Fernand Grenier qui dépose le 24 mars 1944 l’amendement qui inscrit dans la loi le droit de vote des femmes.
Nous avons été d’ailleurs le premier parti à présenter des femmes en position éligible, dès 1925, alors qu’elles n’avaient pas le droit de vote. Je pense aux 17 députées femmes communistes et à Marie-Claude Vaillant-Couturier parmi les 33 premières femmes députées en 1945.

C’est Etienne Fajon, autre député communiste, qui proposera en 1946 de graver dans le marbre de notre Constitution la laïcité.

Il faudrait aussi évoquer 1968 et le rôle majeur des communistes, au coté des syndicats et de la jeunesse dans les conquêtes sociales du printemps dont une hausse du SMIC de 35 %, et la conquête de nouveaux droits pour les salarié·e·s à l’entreprise !

Comment ne pas évoquer 1981 et la victoire de la gauche grâce au score de 15 % de Georges Marchais avec un projet ambitieux pour le monde du travail qui fit gagner la semaine de 39 heures, la retraite à 60 ans et de nombreuses nationalisations, notamment du secteur bancaire. Quelle erreur historique de ne pas avoir poursuivi ces réformes avec le tournant de la rigueur choisi par Mitterrand, en 83.

Notre honneur, hier comme aujourd’hui, c’est l’engagement des maires communistes, à la pointe du combat pour créer des logements sociaux de qualité ou des centre médicaux de santé, pour développer la culture et l’éducation populaire, pour favoriser la diversité et la mixité sociale, pour permettre à tous les enfants de partir en vacances, pour garantir à chaque citoyen les même droits.

Notre fierté, c’est encore de compter dans nos rangs, ou à nos côtés, les plus grands artistes et créateurs du XXe siècle, d’avoir pu bénéficier des audaces d’un Aragon ou d’un Jean Ferrat, d’un Picasso ou d’un Paul Éluard.

Ces liens avec le monde de la culture et de la création, nous continuons de les chérir, à l’image du travail remarquable de l’artiste C215 qui expose actuellement les visages des héros communistes de la Résistance, à l’extérieur de notre siège.

Quelle honte, aujourd’hui, de voir le gouvernement décréter, lorsque des mesures de restriction sanitaires s’imposent, que la culture n’est pas indispensable, alors que la France, c’est la culture, et la culture, c’est la vie.

Et c’est justement ce dont nous avons besoin, en ce moment plus qu’en tout autre !

Comment ne pas évoquer notre engagement internationaliste, pour la défenses des peuples et de leur droit à déterminer leurs propres choix : Oui, nous sommes fiers d’avoir été de ceux qui, très tôt, ont défendu la décolonisation, l’indépendance de l’Algérie, se sont engagés contre les guerres d’Indochine et du Vietnam ou pour mettre fin au terrible régime de l’apartheid en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela.

Quels souvenirs pour les militants de ma génération qui ont pu contribuer à sa libération.

Il n’y a avait pas beaucoup de monde à l’époque pour porter ces combats. Mais il y a beaucoup de monde aujourd’hui pour dire qu’ils étaient juste.

C’est d’ailleurs le même engagement que nous avons aujourd’hui pour demander la libération de Marwan Barghouti, le député palestinien enfermé dans les geôles israéliennes, ou pour mettre fin au blocus contre le peuple cubain.

C’est d’ailleurs aussi au nom du respect de la souveraineté des peuples que nous avons, dès 1979, décidé de nous engager contre cette Europe libérale, contre ces traités européens qui soumettent les peuples aux exigences des marchés financiers et bradent leur indépendance dans une soumission de plus en plus poussée à l’Alliance atlantique.

Nous avions gagné, là aussi, une belle victoire lors du référendum de 2005 contre le Traité constitutionnel. Mais tout de suite après, la droite et une partie de la gauche, choisissaient de trahir le choix du peuple en faisant voter ce traité au Parlement français. Encore une fois, seul les parlementaires communistes respectaient unanimement le choix majoritaire de nos concitoyens .

Ces trahisons d’une partie des forces politiques françaises ont largement contribué à détourner nos concitoyens de la politique, de la gauche.


100 après sa création, nous sommes encore une force incontournable dans tout le pays, une des premières avec nos 50 000 adhérentes et adhérents, nos 660 maires et nos milliers d’élu-es locaux, départementaux, régionaux, nos députés, sénateurs, sénatrices et cet engagement, cette présence, sur tout le territoire, dans les villes comme dans les villages.

Et vous pourriez bien être surpris par notre renforcement dans les années qui viennent.

Car jamais les inégalités, les injustices, les espoirs d’un monde de justice, de paix, de fraternité, écartant les menaces climatiques, préservant la planète, jamais ces colères et ces espoirs n’ont été aussi forts.

Oui, le communisme est d’actualité. Il est même, pensons-nous, la réponse pertinente à un système économique qui menace la civilisation humaine comme le climat.

Et c’est parce qu’il est, plus que jamais, le mouvement « de l’immense majorité au profit de l’immense majorité », ainsi que le définissaient Marx et Engels, que nous voulons nous projeter vers l’avenir.

Car tant que la pauvreté, les guerres, les inégalités, le racisme, ou les catastrophes climatiques marqueront les peuples, en les opposant, en les divisant, en les poussant à l’exode, nous serons là, toujours là, pour défendre les plus humbles, pour faire respecter la dignité de chaque individu, pour faire avancer l’émancipation humaine, pour défendre la Terre, l’air et la mer.

Regardez ce mois de décembre. Pour beaucoup, la pandémie impose des contraintes et des fêtes de fin d’année limitées.

Mais pour d’autres, pour des centaines de milliers de salariés, qui reçoivent leur lettre de licenciement en ce moment, pour tous ceux qui se battent en ce moment pour conserver leur emploi, Noël aura un gout amer.  Je pense à ces familles de Bridgestone, Renault, Airbus, Danone, Cargill, Verallia, Vallourec, GE Belfort, Grid et tant d’autres !

Le visage du capitalisme, c’est celui-là, celui qui profite de la pandémie pour accélérer la désindustrialisation de la France.

Le visage du communisme, c’est celui de toutes ces hommes et de toutes ces femmes qui résistent, ceux des usines, comme ceux de la culture.

C’est celui du monde du travail qui a été en première ligne, ces soignants, ces enseignants, ces agents des services publics, ces livreurs, ces agriculteurs, ces commerçants, tous ces salariés qui travaillent dur et qui n’arrivent pas à vivre de leur travail !

Notre idéal de justice sociale est d’une criante actualité.

Et notre combativité est intacte pour conquérir, avec le monde du travail, de nouveaux droits, de nouvelles protections, de nouvelles conquêtes sociales.

En cette année 2020, nous portons l’objectif pour notre pays d’éradiquer le chômage et la pauvreté, de garantir à chacun un emploi, une formation, un salaire tout au long de sa vie.

Nous disons qu’il est indispensable pour cela de reprendre le pouvoir à la finance, de redevenir maîtres de nos choix, de retrouver notre souveraineté démocratique et industrielle.

Oui, notre combativité est intacte pour porter l’espoir d’un projet de société plus humaine, sociale, véritablement écologiste et pleinement féministe.

Ce 21e siècle a grand besoin de rupture et de nouveauté. Pour tourner enfin la page des dominations de toutes sortes, celle du capital, celles sexistes, racistes, homophobes qui subsistent encore.

Nous avons en nous, 100 ans après, cet ADN de la combativité, de l’indignation face aux inégalités, le même engagement honnête, sincère.

D’autant plus que l’humanité affronte une crise sanitaire sans précédent dans son histoire récente. Mais, comme trop souvent, ce sont encore une fois les peuples, les plus faibles, les premiers de corvée, le monde du travail comme celui de la création qui en paient le prix fort.

Le monde de la finance, des banques, des assurances, entend garder les manettes, endetter les peuples pour mieux les faire payer demain.

Avec eux, on passe rapidement du « quoi qu’il en coûte » à « il faudra payer ».

Ils repeignent en vert la façade de leur discours, mais nous savons bien que les logiques de rentabilité, de concurrence continueront d’épuiser les hommes, les femmes, comme les ressources naturelles.

C’est tout l’enjeu des mois et des années à venir.

C’est urgent. C’est incontournable.

Pour faire reculer les conflits, les guerres, les murs qui ont poussé 80 millions d’hommes et de femmes à l’exode en 2020, un chiffre jamais connu à ce jour selon le HCR.

Pour transformer en profondeur nos modes de production, nos modes de consommation, pour développer nos services publics, pour relocaliser notre industrie, toute notre industrie et produire ici ce que nous consommons ici.

Produire, créer, former, répondre aux besoins humain, protéger la planète, vivre et s’épanouir de son travail, n’est-ce pas là l’objectif qui doit tous nous unir, pour nous comme pour l’avenir de nos enfants ?

C’est le capitalisme qui a fait son temps. Une nouvelle ère doit s’ouvrir. Et le communisme est le nom de cet espoir pour l’humanité.

Car nous avons face à nous d’authentiques vieillards. Tous les Bernard Arnault, les Jeff Bezos et autres Bill Gates, ces nouveaux Harpagon assis sur leurs lingots et leurs cassettes qui écrasent les peuples.

Oui, dans nos veines de militants communistes coule un sang plus jeune que dans celles des actionnaires des Big Pharma qui entendent faire des profits sur un vaccin tant attendu quand nous, nous demandons à partager les brevets, les connaissances et à les proposer, à prix coutants, aux peuples du monde.

Oui, tous les élus communistes, dans les communes, dans les département et les régions, à l’Assemblée et au Sénat portent tous les jours la promesse d’une France fraternelle et solidaire quand grandissent les communautarismes et le repli sur soi.

Oui, nous entendons donner plus de pouvoir, plus de droits à tous ceux et toutes celles qui créent les richesses par leur travail, quand une minorité les accaparent.

Ce qui est urgent aujourd’hui, c’est de passer d’une civilisation de l’argent roi à une civilisation de l’humain et de la planète d’abord.

Alors, bon anniversaire à tous les peuples qui luttent pour leur indépendance, à tous les salariés qui espèrent vivre dignement de leur travail, à tous les militants associatif, syndicaux, politiques qui dans leur grande diversité s’engagent pour un monde d’égalité, de liberté, de fraternité et de tolérance.


Bon anniversaire aux communistes d’hier, à celles et ceux d’aujourd’hui…

…et à ceux de demain car, répétez-le autour de vous, nous avons besoin de chacune et de chacun, pour sortir enfin de ce monde à l’envers, pour ouvrir une nouvelle ère, celle de l’être humain et de son bonheur.

 


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