mercredi 4 juillet 2018

PASS FÊTE
DE
L’HUMA
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SEPTEMBRE 2018
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dimanche 20 mai 2018
Pierre Ouzoulias : "Le gouvernement doit accepter de publier les
algorithmes locaux
Publié
le 04.05.2018 à 12H02
Le
fonctionnement des algorithmes locaux est bien connu : ils sont déjà utilisés
par les IUT pour "trier" leurs dossiers. // © Frédéric Maigrot
/ REA
Dans une tribune pour EducPros, le
sénateur communiste des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias s'insurge contre les
"boîtes noires" que représentent pour lui les algorithmes
d'établissements dans la procédure Parcoursup, estimant qu'ils vont être à
l'origine d'une "sélection sociale".
"Parcoursup collecte par le
biais d’une plate-forme nationale des données relatives à la scolarité et la
vie sociale (CV, lettre de motivation, stages, etc.) des candidats à l’entrée à
l’université. Ces données sont mises à disposition des équipes pédagogiques
pour sélectionner les dossiers des étudiants qu’elles veulent accueillir.
À plusieurs
reprises, la ministre de l’Enseignement supérieur et le secrétaire d'État
chargé du Numérique, Frédérique Vidal et Mounir Mahjoubi, avaient pris
l’engagement solennel que tous ces dossiers feraient l’objet d’un examen
personnel et individuel. La non-hiérarchisation des vœux fait, notamment, que
toutes les filières sont en tension et que les
enseignants-chercheurs n’ont matériellement pas le temps de réaliser ce
traitement.
Sur son blog, Julien Gossa a bien montré que les "moyens
supplémentaires" mis en œuvre par le gouvernement ne permettent de
financer que trois minutes de travail par dossier. Autant dire
que les CV et les lettres de motivation ont bien peu de chances d’être lues !
Pis, il est
certain que de nombreuses universités organisent, en ce
moment, un pré-tri des dossiers pour rejeter ceux qui ne seront même pas
examinés. Cette sélection est réalisée à partir des données de
Parcoursup, à l’aide de tableurs et en fonction de critères qui leur sont
propres : les fameux "algorithmes locaux".
Pour
beaucoup, leur fonctionnement est bien connu puisqu’ils sont déjà utilisés par
les IUT pour "trier" leurs dossiers. Certains d’entre eux, par
exemple, pondèrent les notes de terminale en fonction du classement du
lycée.
Lors de
l’examen de la loi ORE (Orientation et réussite des étudiants) au Sénat, le
gouvernement avait déposé, en séance, un
amendement qui étendait le secret des délibérations
à ces "algorithmes locaux". Les candidats pourront,
en septembre, obtenir des informations sur le rejet de leurs dossiers, mais ces
algorithmes ne seront pas publiés, contrairement à celui de
Parcoursup qui devrait être rendu public. Le média Next INpact qui en demandait
le code source a été débouté et vient de saisir la Cada.
Lors de la
première lecture du projet de loi sur la protection des données personnelles,
par un amendement de la commission des lois sur l’article n°14, le Sénat a supprimé cette procédure dérogatoire et
a réaffirmé la nécessité d’une divulgation des règles de fonctionnement des
"algorithmes locaux".
L’Assemblée nationale
a réintroduit cette disposition et la commission mixte
paritaire a échoué à s’entendre sur un texte commun, notamment en
raison du profond désaccord sur cet article n°14.
La
logique de Parcoursup va accélérer les processus de ségrégation sociale, développer les stratégies de contournement de la carte scolaire et
renforcer le recours à l’enseignement privé.
À l’occasion
de la nouvelle lecture de ce projet de loi, le 16 avril dernier, le
président de la commission des lois, la rapporteure, la sénatrice Sophie Joissains et moi-même, par une motion de renvoi en commission, avons défendu,
contre l’avis du gouvernement, la nécessité de respecter
l’esprit de la directive européenne et donc la publicité de ces
algorithmes. Le Sénat a voté, à l’unanimité, pour la suppression de la
dérogation défendue par le gouvernement.
Il est
malheureusement à craindre que l’Assemblée nationale la rétablisse, lors de la
dernière lecture à venir. Si, comme l’affirme le secrétaire d’État au
numérique, l’objectif du gouvernement est vraiment d’assurer la plus grande
transparence de tous les algorithmes, je ne comprends pas son acharnement à
s’opposer à la version du Sénat. Nous attendons donc de
lui qu’il accepte d’accorder aux algorithmes de Parcoursup et des
établissements le même traitement.
Il ne s’agit
pas d’un détail technique. La nécessité de classer tous les dossiers oblige à
les noter avec une précision allant jusqu’à trois décimales après la virgule.
Julien Gossa montre dans une démonstration statistique irréfutable que "pour la majorité des candidats, la décision d’admission
s’apparente en réalité plus à une forme de tirage au sort qu’à une sélection
juste et éclairée".
J’ajoute
que la pondération des notes en fonction du classement du lycée va
accroître les disparités sociales d’accès à l’université. Quelles
sont les chances d’un candidat d’accéder à l’université si son lycée se trouve
en dernière position de ce classement ? Quasiment nulles ! Et l'on comprend
très bien que la logique de Parcoursup va accélérer les
processus de ségrégation sociale, développer les stratégies de
contournement de la carte scolaire et renforcer le recours à l’enseignement
privé.
Défendre les boîtes noires des "algorithmes locaux", c’est, pour
la ministre de l’Enseignement supérieur, une nécessité pour continuer de cacher
les conséquences immédiates de sa loi : le recours systématique au tirage
au sort et à la sélection sociale."
Pierre
Ouzoulias
Sénateur des Hauts-de-Seine
Vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication
Sénateur des Hauts-de-Seine
Vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication
| Publié le 04.05.2018 à 12H02
vendredi 27 avril 2018
Un 1er mai des convergences
!
La fête internationale des travailleurs
peut être l’occasion pour celles et ceux qui sont dans l’action depuis des mois
comme pour celles et ceux qui n’ont pu s’y joindre de se retrouver et de se
faire entendre ; un moment privilégié pour notre société en ébullition de
soulever le couvercle que veut imposer le pouvoir par la force policière comme
par l’autoritarisme présidentiel. Cette stratégie dangereuse ne saurait faire
oublier la casse des services publics, le délitement des solidarités, le
chômage et la précarité qui cheminent au quotidien, et encore moins faire taire
une jeunesse qui ne réclame pas la lune en demandant plus de places dans les
universités pour y être accueillie dignement.
Le glissement sémantique du gouvernement
est significatif. Face aux mouvements sociaux, le pouvoir n’en appelle plus à
la défense de « l’état de droit » mais à « l’ordre
républicain ». Aussi entend-on qu’il ne s’agit plus de régler les conflits
par le droit, la démocratie, le dialogue, mais par la troupe déployée de manifestations
en universités, à la manière d’un Clémenceau. Voilà une nouveauté qui devrait
autant interroger qu’inquiéter. Le Président de l’Assemblée Nationale s’est
même autorisé une remise en cause inédite du droit de grève dans la fonction
publique… La droite jubile de tant de « fermeté » qui permet
d’empêcher tout débat sur les grandes questions qui taraudent en profondeur nos
concitoyens.
Deux grandes options s’opposent et
s’affinent sous nos yeux. L’une consiste dans les libéralisations et
l’intensification de la concurrence pour donner aux milieux financiers et
industriels transnationaux de nouveaux espaces de rentabilisation. C’est ainsi
qu’il faut comprendre le projet d’ouverture du capital de la SNCF, combiné avec
l’offrande de nos rails aux sociétés privées. L’autre consiste à développer une
appropriation sociale et démocratique, adaptée aux besoins d’aujourd’hui pour
des services publics bénéficiant des investissements à la hauteur des enjeux
sociaux, environnementaux, agricoles ou de formation. La première est portée
par le pouvoir en osmose avec des institutions européennes acquises à la
promotion des intérêt du capital financier. La seconde est défendue par les
travailleurs en lutte et le mouvement social, une large frange du mouvement associatif,
des créateurs. L’une défend l’ordre inégalitaire de l’ultralibéralisme, l’autre
l’intérêt général. Cette opposition s’aiguise depuis plusieurs années. Elle
s’est accélérée avec la loi Travail de M. Valls après le CICE et autres cadeaux
fiscaux et sociaux aux grandes entreprises pendant le précèdent quinquennat. Ce
dernier reposait sur les mêmes présupposés et la même ambition de porter
atteinte aux soubassements d’un modèle social qui conditionne l’efficacité
économique à la protection sociale et à un droit du travail élevé.
Le ton goguenard du pouvoir et des
médias dominants à l’égard du mouvement étudiant témoigne d’une cécité
volontaire qui confine au mépris vis à vis d’une jeunesse populaire dépossédée
de la possibilité même de définir son propre avenir. A travers la sélection
socialement déterminée du système Parcoursup, le pouvoir ne dit pas autre chose
que son incapacité à répondre au formidable défi de la démocratisation de
l’enseignement supérieur. Toute une classe d’âge pourrait pourtant accéder à
une formation élevée et l’université devenir un modèle de creuset social qui
tirerait l’ensemble de la société vers le haut au lieu d’être le sas d’entrée
d’un « marché » du travail répondant aux objectifs étriqués d’un
grand patronat de plus en plus indexé sur les rendements financiers. C’est bien
ce monde sans âme que refuse massivement la jeunesse. Traiter ses aspirations
par la condescendance ou, pire, par le déploiement de gendarmes mobiles,
témoigne d’un autoritarisme aveugle qui pourrait se retourner contre le
gouvernement plus vite qu’il ne le croit. Surtout quand il s’additionne au
mépris affiché vis à vis des cheminots confrontés aux fins de non-recevoir
gouvernementales dont celle du Premier Ministre. Ce refus de négocier le
moindre point d’un projet aussi déterminant pour l’avenir du pays, qui
redéfinit en profondeur la place du rail pour la vie des territoires et
l’environnement et, qui plus est, n’a jamais été présenté au suffrage des
électeurs, est le symptôme de cette « a-démocratie » confiscatoire de
la parole populaire qui définit si bien les gouvernements néolibéraux.
L’effervescence
sociale des derniers mois doit trouver un prolongement retentissant ce 1er mai
qui, en tout état de cause, ne ressemblera pas aux autres. La
manifestation des forces syndicales doit être le point d’appui d’une
contre-offensive pour imposer au gouvernement une feuille de route sociale sur
la modernisation et le développement des services publics, la grande question
salariale qui figure au centre des débats de nos voisins allemands, le rôle et
l’utilisation de l’argent qui irrigue les secteurs spéculatifs au détriment de
nos universités, de nos services publics, de nos territoires et de l’emploi,
notamment dans les secteurs industriels. A chacun de nous de faire de ce 1er mai
un puissant relais des luttes en cours, une étape vers un rassemblement encore
plus large, unitaire et déterminé pour sortir de ce système du règne de
l’argent-roi.
lundi 23 avril 2018
Le gouvernement israélien empêche le maire de Gennevilliers d’aller en
Palestine
17/04/2018 - PCF
Ce lundi 16
avril après six heures de rétention et six d’interrogatoire, le maire de
Gennevilliers s’’est vu notifier par Israël son empêchement d’aller à
Jérusalem. Les raisons invoquées sont la connaissance de Palestiniens, le
soutien aux prisonniers politiques. L’ambassade de France en Israël et le
consulat à Jérusalem sont intervenus en faveur du maire du Gennevilliers mais
l’État d’Israël a maintenu son refus et l’a expulsé.
Cette situation marque un raidissement de la position de l’État d’Israël à l’égard de celles et ceux qui agissent pour le droit des Palestiniens à disposer d’un État libre et indépendant. Cette situation d’arbitraire est intolérable.
Qui pourrait trouver normal que l’Allemagne empêche un Français d’aller en Belgique ? C’est pourtant ce que fait Israël en empêchant un élu de la République d’aller à Jérusalem ou en Palestine.
La France, et particulièrement le président Macron, doivent refuser cette
humiliation constante à l’égard de citoyens français interdits d’entrer en
Palestine. Devant le refus d’Israël de respecter les différentes résolutions de
l’ONU, la France doit reconnaître officiellement l’État de Palestine.
Patrice Leclerc, Maire de Gennevilliers.
Face à Macron,
nous sommes
de toutes les mobilisations
nous sommes
de toutes les mobilisations
23/04/2018 - PCF
Les mobilisations et les colères sociales s'étendent
dans le pays contre les politiques d'austérité et d'injustice du gouvernement
Macron, contre son arrogance et son autoritarisme. Les communistes sont de
toutes ces mobilisations, dans le droit fil des votes de nos parlementaires à
l'Assemblée nationale et au Sénat contre les lois et les budgets qui provoquent
aujourd'hui tant de rejet. La journée d'action interprofessionnelle du 19 avril
a marqué une nouvelle étape de l'extension de ces luttes. Des centaines de
milliers de femmes et d'hommes participent désormais aux grèves et à de
multiples actions pour leurs revendications, pour l'avenir des service publics,
pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, pour défendre leurs
emplois, leur pouvoir d'achat, le droit aux études, pour stopper les
logiques libérales et conquérir de nouveaux droits.
Dans ces mobilisations multiples, un climat nouveau
est en train de grandir. Dans les AG, les manifestations, dans les entreprises
et sur les marchés, les débats s’aiguisent et la recherche de convergences, de
solutions plus justes pour le plus grand nombre et d'idées alternatives aux
logiques de la finance capitaliste est mise en débat. Le mouvement peut
et doit encore beaucoup grandir pour faire reculer le pouvoir Macron. Celui-ci
ne s’y trompe pas en utilisant la force. Procédé connu, que nous condamnons
fermement pour faire casser les mouvements en cours. C'est donc le moment
d'intensifier nos actions, de populariser arguments et solutions nouvelles, d'unifier
ces luttes car toutes se heurtent aux mêmes logiques d'austérité et de
déréglementation sociale.
Emmanuel Macron et ses ministres trustent les médias,
qui relaient quotidiennement les arguments du pouvoir. La bataille d'idées fait
rage. Nous invitons les communistes, aux côtés des syndicalistes, à riposter
pied à pied en portant des propositions alternatives pour financer les services
publics, l'emploi, le pouvoir d'achat, les universités et l'éducation, et pour
en finir avec les privilèges accordés à la finance, aux actionnaires, aux
grandes fortunes. Dans cette bataille d'idées, les communistes peuvent
largement diffuser l'Humanité, l'Humanité Dimanche, la presse régionale
progressiste, comme La Marseillaise, l’Echo. Ils peuvent également relayer, via
les réseaux sociaux, toutes les luttes en cours, toutes les propositions
et les argumentaires alternatifs développés par celles et ceux qui sont en
lutte, et notamment les vidéos argumentaires, les cahiers d'acteurs
émanant du PCF, de ses parlementaires et élus·e·s. Nous pouvons inonder la
toile si chacune et chacun les partage. Au-delà des réseaux sociaux, nous
appelons à multiplier les réunions publiques et points de rencontre pour mettre
en débat les propositions alternatives à la politique de Macron, afin que le
pays s'empare de cette idée : "oui, d'autres choix sont
possibles".
Nous appelons l'ensemble des communistes à initier et
à investir partout où ils vivent, où ils travaillent, les mobilisations, et à
participer à tous les rassemblements, débats, manifestations, du local au
national.
Dans tout le pays, préparons désormais un très grand
1er mai 2018 de mobilisations et de convergences qui aura une couleur
particulière cette année. La vente militante du muguet par les communistes doit
être ce jour là l'occasion d'un débat à grande échelle dans tout le pays.
Nous appelons les communistes à être présents et
actifs, avec leurs propositions, dans tous les rendez-vous d'ores et déjà
annoncés et dans ceux qui le seront dans les jours à venir, pour faire d'avril,
mai et juin trois mois de luttes généralisées dans le pays : aux côtés des
cheminot.e.s et des électriciens et gaziers, dans chacune de leurs journées de
grève ; le 25 avril aux manifestations des chômeuses et chômeurs ; au
meeting unitaire de la gauche et des écologistes du lundi 30 avril, Place de la
République à Paris, et dans les initiatives unitaires de la gauche dans le pays
; le 3 mai avec les enseignant.e.s et les lycéen.ne.s contre la
sélection ; le 5 mai à la manifestation « pot-au-feu : la fête à
Macron » ; le 22 mai avec les fonctionnaires et les hospitaliers;
le 9 juin pour la « Marche sur l’Élysée » des « oublié.e.s
de la République » ; le 14 juin avec les retraité.e.s ; le 23 juin à l'
initiative nationale à l'appel de la Convergence des services publics et à
toutes les autres initiatives qui continuent de se construire.
Le Parti communiste fera tout, au cœur de ces mois de
luttes, pour que la convergence professionnelle, syndicale et des forces de
gauche se renforce. Il agira pour qu'une date nationale de mobilisation
réunissant l'ensemble de ces forces permette au pays de montrer son unité et sa
force face au mépris du pouvoir. Il travaillera à la construction d'une
plate-forme de convergence commune au maximum de ces forces.
Au service de cette dynamique, nous mettons sur la
table la proposition d'une votation citoyenne nationale sur l'avenir du service
public ferroviaire et de tous les services publics dont l'organisation serait à
co-construire avec toutes les organisations, les citoyen.ne.s, les élu·e·s
locaux qui le souhaitent.
Nous appelons à organiser la solidarité concrète avec
les grévistes, mais aussi avec toutes celles et ceux qui souffrent et ont
besoin de protection.
Nous proposons également d'organiser dans tout le
pays des chaînes humaines pour protéger nos biens communs que sont les
services publics et les emplois menacés dans les entreprises en lutte.
Le Comité exécutif national du Parti communiste
français
Paris, le 22 avril 2018
Cuba :
"L'élection de Miguel Diaz-Canel Bermùdez est un message fort
envoyé au peuple Cubain" (Pierre Laurent)
20/04/2018 - PCF
Vous trouverez
ci-dessous le courrier que Pierre Laurent a envoyé au Parti communiste cubain
suite à l'élection de Miguel Diaz-Canel Bermùdez qui acte la succession de Raùl
Castro Ruz à la tête de Cuba.
"Chers camarades,
Au nom du Parti communiste français, je tiens à saluer l'élection de Miguel Diaz-Canel Bermùdez, qui acte la succession à Raùl Castro Ruz.
Au moment où coïncident le 199è anniversaire de la naissance du Père de la Patrie Carlos Manuel de Céspedes, et celui de la victoire sur l'invasion des mercenaires à Playa Giron, la nomination de Miguel Diaz-Canel Bermudez, non issu de la génération historique, est un message fort envoyé au peuple Cubain, à sa révolution tracée par Fidel Castro et poursuivie par son frère Raùl.
C'est également un acte de confiance aux nouvelles générations cubaines, confirmé par l'élection du nouveau Parlement en mars dernier, où l'on compte 55,8% de nouveaux élus dont 13,2 % de moins de 35 ans et une moyenne d'âge de 49 ans. Une confiance également affirmée avec une représentation de 53,2% de femmes, faisant de Cuba le second Parlement à majorité féminine dans monde.
Ces changements à la
tête de l'Etat cubain alimente déjà de nombreux débats, de nombreuses
spéculations dans le camp impérialiste afin de discréditer le pouvoir populaire
cubain. Mais, à l'heure où l'Amérique latine et Caraïbes connaissent une importante
contre-offensive des forces néolibérales, ne lésinant sur aucun moyen pour
déstabiliser les forces de gauche et progressistes du continent, nous
sommes persuadés que, loin de plonger Cuba dans la nostalgie et l'inquiétude,
ce qui prédomine, c'est la volonté affichée d'une révolution restant dans la
continuité de son essence, de ses valeurs, de ses principes et de ses projets
d'émancipation humaine, de justice, de coopération et de paix.
Nous sommes convaincus que le handicap qui pourrait exister pour une partie de la nouvelle génération de ne pas tirer directement sa légitimité de la révolution, sera vite dépassé, avec certainement un style différent, mais avec cette boussole de garantir les acquis sociaux auxquels la population est attachée, de poursuivre les réformes annoncées de développement social, économique et culturel du pays en préservant l'unité nationale.
Un enjeu sera majeur dans la période qui s'ouvre, celui d'en finir avec un blocus qui étrangle économiquement sur des besoins fondamentaux le pays et les Cubains, qui est une véritable arme pour tenter de porter atteinte à la démocratie et à la souveraineté populaire.
Dans la fidélité des relations d'amitié, de solidarité, d'échange et de volonté de batailles communes qu'entretiennent nos deux partis, nous souhaitons tous nos vœux de réussite et de soutien à la nouvelle équipe en place, dans sa responsabilité de mener à bien la destinée de Cuba, avec les Cubains eux-mêmes.
Restant avec nos
élu-e-s à votre disposition pour continuer à ouvrir de nouvelles passerelles
pour des accords de réelles coopérations entre nos nations, comme cela a pu
être le cas en 2017, avec la France et l'Europe, nous souhaitons bon vent à
Cuba et à Miguel Diaz-Canel Bermudez,
Recevez, Chers camarades, nos plus fraternelles salutations."
Pierre Laurent,
secrétaire national du PCF,
Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)
17/04/2018 - PCF
Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)
En marge de la visite d’Elisabeth Borne, Edouard Philippe et Nicolas Hulot
sur le port de Bonneuil-sur-Marne, le gouvernement et la direction de la SNCF
ont annoncé la filialisation du fret SNCF.
Alors que les cheminot-es sont en lutte depuis le début du mois d’avril
pour défendre le service public ferroviaire, marchandises et voyageurs, cette
annonce, faîte par voie de presse, est une véritable provocation.
Cette filialisation, justifiée par la nécessité d’une recapitalisation,
marque l’étape ultime de la destruction du fret SNCF engagée depuis 2006, date
de son ouverture à la concurrence.
À l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est une urgence
absolue, cette décision aura pour conséquence de multiplier les camions sur les
routes. C’est un non-sens absolu.
Depuis le début du conflit, le gouvernement tente de justifier sa réforme
par l’amélioration que susciterait l’ouverture à la concurrence du transport de
voyageurs.
Plus de dix ans après son ouverture à la concurrence, nous avons avec le
fret l’illustration parfaite de cette stratégie : la concurrence n’améliore pas
le service.
Depuis 2006, fret SNCF a vu son nombre de salariés divisé par 2.5, plus de
400 gares de triages ont fermé, 1.6 million de camions supplémentaires sont
jetés chaque année sur les routes et la part modale de transport de
marchandises transportées par rail est aujourd’hui inférieure à 10%. Voilà ou
mène l’ouverture à la concurrence.
Le PCF demande au gouvernement d’annuler cette décision et d’engager une
grande politique publique concernant le transport de marchandises avec
pour objectif d’accélérer le report modal de la route vers le rail.
Le fret ferroviaire doit être déclaré d’intérêt national et rester dans
100% public.
Parti communiste français,
mardi 3 avril 2018
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SNCF: Borne "déraille", pour
les députés communistes, prêts au "combat"
AFP | mardi 03 avril 2018
Les députés communistes, prêts au "combat" contre la réforme ferroviaire au nom de la défense des usagers et des territoires, ont jugé mardi que la ministre des Transports Elisabeth Borne "déraille" et montre de la "fébrilité".
"Pas dans une protestation simple" et porteurs de "propositions innovantes", ils veulent batailler autour de deux questions "fondamentales": "qu'est-ce que cette réforme va apporter aux usagers" et "quels seront les effets pour les territoires", l'environnement, a résumé devant la presse leur président André Chassaigne.
Avec la grève, "il y a une gêne pour les travailleurs et la population, mais quand il y a de tels enjeux historiques, il faut en passer par là", a-t-il plaidé.
Pour cet élu du Puy-de-Dôme, "si l'on perd la bataille du rail, avec la porte ouverte à l'ouverture à la concurrence, cela va détériorer le service, comme dans tous les pays où cela s'est fait", de la Grande-Bretagne à l'Europe du nord en passant par l'Allemagne.
Sur cette réforme, "au lendemain de Pâques, il semble que Mme Borne se soit fait sonner les cloches", montrant "une fébrilité certaine" avant "un mouvement social particulièrement fort", a jugé Hubert Wulfranc. "On va tâcher de lui faire perdre les pédales davantage et de reprendre le train du service public à la française".
Et d'observer que "le gouvernement ouvre un espace au moins de débat avec les parlementaires" sur deux articles qui ne feront plus l'objet d'ordonnances, et "dit qu'il va faire beaucoup plus sur le rail sans dire d'où vient l'argent".
La ministre, "elle déraille", a renchéri Sébastien Jumel, un porte-parole, la jugeant "désarmée lorsqu'il s'agit d'évoquer la question de la dette" de la SNCF.
Quand "la réalité des enjeux sera dans le débat public, je crois qu'une majorité d'opinion va se construire sur l'idée que cette réforme va dans la mauvaise direction", a complété Pierre Dharréville.
"La question sociale est en train de rattraper ce gouvernement", a-t-il jugé. "Il y a quelque chose d'inédit et d'imprévu à voir autant de secteurs, SNCF, énergie, Carrefour, etc, se mettre en lutte" face à des "attaques extrêmement brutales" et "une politique favorisant les ultra riches", a ajouté Elsa Faucillon, autre porte-parole.
AFP | mardi 03 avril 2018
Les députés communistes, prêts au "combat" contre la réforme ferroviaire au nom de la défense des usagers et des territoires, ont jugé mardi que la ministre des Transports Elisabeth Borne "déraille" et montre de la "fébrilité".
"Pas dans une protestation simple" et porteurs de "propositions innovantes", ils veulent batailler autour de deux questions "fondamentales": "qu'est-ce que cette réforme va apporter aux usagers" et "quels seront les effets pour les territoires", l'environnement, a résumé devant la presse leur président André Chassaigne.
Avec la grève, "il y a une gêne pour les travailleurs et la population, mais quand il y a de tels enjeux historiques, il faut en passer par là", a-t-il plaidé.
Pour cet élu du Puy-de-Dôme, "si l'on perd la bataille du rail, avec la porte ouverte à l'ouverture à la concurrence, cela va détériorer le service, comme dans tous les pays où cela s'est fait", de la Grande-Bretagne à l'Europe du nord en passant par l'Allemagne.
Sur cette réforme, "au lendemain de Pâques, il semble que Mme Borne se soit fait sonner les cloches", montrant "une fébrilité certaine" avant "un mouvement social particulièrement fort", a jugé Hubert Wulfranc. "On va tâcher de lui faire perdre les pédales davantage et de reprendre le train du service public à la française".
Et d'observer que "le gouvernement ouvre un espace au moins de débat avec les parlementaires" sur deux articles qui ne feront plus l'objet d'ordonnances, et "dit qu'il va faire beaucoup plus sur le rail sans dire d'où vient l'argent".
La ministre, "elle déraille", a renchéri Sébastien Jumel, un porte-parole, la jugeant "désarmée lorsqu'il s'agit d'évoquer la question de la dette" de la SNCF.
Quand "la réalité des enjeux sera dans le débat public, je crois qu'une majorité d'opinion va se construire sur l'idée que cette réforme va dans la mauvaise direction", a complété Pierre Dharréville.
"La question sociale est en train de rattraper ce gouvernement", a-t-il jugé. "Il y a quelque chose d'inédit et d'imprévu à voir autant de secteurs, SNCF, énergie, Carrefour, etc, se mettre en lutte" face à des "attaques extrêmement brutales" et "une politique favorisant les ultra riches", a ajouté Elsa Faucillon, autre porte-parole.
Elsa FAUCILLON députée
Le PCF fait partie des 12 partis de gauche qui soutiennent les syndicats de
la SNCF, en grève contre la réforme. "Le
soutien à la mobilisation grandit après une offensive massive politique et
médiatique contre les cheminots", affirme Elsa Faucillon dans le Soir 3
ce lundi.
Dans le terme "grèviculture" utilisé par le député LREM Gabriel
Attal, il y a quelque chose "d'odieux,
de méprisant de la part de quelqu'un qui ne doit pas bien savoir ce que c'est
de batailler pour défendre ses droits, qui ne sait pas ce que c'est qu'une
journée de grève dans un foyer. Sa culture est plutôt celle de la finance", estime la
députée communiste des Hauts-de-Seine.
Faucillon prône la "convergence des luttes"
"La réforme de la SNCF est celle de
l'ouverture du capital à un actionnariat privé. Le but est d'ouvrir à la
rentabilité des pans de la SNCF", lance-t-elle.
"Il y a quelque chose d'assez inédit
au fait que des secteurs très différents (étudiants, retraités agricoles,
employés de grandes surfaces, cheminots) se mobilisent les uns après les
autres. La convergence de ces luttes, c'est la clef pour faire reculer ce
modèle de société", déclare Elsa Faucillon. "Elle
permettrait d'imaginer la quête de nouveaux droits".
dimanche 18 février 2018
La casse du service public ferroviaire
Rapport Spinetta
Le 15 février a été remis au Premier Ministre le
rapport Spinetta sur l’organisation du système ferroviaire.
Le lettre de mission était claire : il s’agissait de
proposer un système d’organisation ferroviaire adapté à l’ouverture à la
concurrence prévu par les directives européennes et qui doivent être
transposées avant la fin de cette année.
La feuille de route préconisée par le rapport va
encore plus loin puisque c’est l’idée même du service public ferroviaire qui
est laminée selon une logique ultra libérale.
Ainsi, il est proposé d’en finir avec toute notion de
service public et d’intérêt général. Pour M. Spinetta cela passe par une casse
du statut des cheminots pourtant intrinsèquement lié à l’idée du service
public. Cela passe également par un changement de statut des entreprises
publiques qui deviendraient de simples sociétés anonymes. Pour ce rapport, les entreprises
ferroviaires sont des entreprises comme les autres dont l’objet est
l’organisation d’un service marchand alors même qu’il s’agit des conditions
d’exercice du droit à la mobilité.
Parallèlement, c’est une concurrence totalement libre
qui serait organisée sur le réseau au plus grand bénéfice des opérateurs
privés, qui pourront se placer sur les axes rentables, délaissant des pans
entiers du territoire puisque le rapport, contrairement à d’autres travaux
menés sur cette question, n’envisage pas de contraindre les opérateurs à
assumer des lignes rentables et d’autres qui le sont moins. Une telle démarche
annonce une aggravation des fractures territoriales et un sentiment de
délaissement de certains territoires, sentiment qui nourrit les idéologies anti-républicaines.
C’est donc un jeu dangereux.
Pire, la pertinence du rail est clairement remise en
cause, laissant croire que le maillage fin du territoire par le train et les
réseaux d’infrastructure, seraient l’héritage désuet d’un autre temps. Dans la
droite ligne des bus Macron, le seul prisme de ce rapport est donc de garantir
la rentabilité économique, indépendamment de toutes les autres exigences,
notamment environnementales. Or, les transports sont un secteur
particulièrement émissif de gaz à effet de serre. Organiser le déclin du rail
comme le prévoit ce rapport est donc irresponsable du point de vue du respect
de l’accord de Paris.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE sont
totalement opposés aux conclusions de ce rapport. Ils seront des opposants
farouches et déterminés au projet de loi issu de ces conclusions. Ils
reformuleront à cette occasion leur vision du service public ferroviaire,
s’appuyant sur une entreprise publique, des agents publics soucieux de remplir
une mission d’intérêt général au profit du plus grand nombre et du droit à
mobilité.
mercredi 24 janvier 2018
POISSY PCF
Villes de :
Bures-Morainvilliers, Carrières Sous Poissy, Chambourcy, Chapet, Crespières, Davron, Les Alluets Le Roi, Médan, Orgeval, Poissy, Triel Sur Seine, Verneuil Sur Seine, Vernouillet, Villennes Sur Seine.
SECTION DE POISSY
Chers (es)camarades,
Le collectif d'animation de la section vous propose de participer à une Assemblée Générale de section,
Le collectif d'animation de la section vous propose de participer à une Assemblée Générale de section,
le Samedi 10 Février 2018 à partir de 10h00,
16, rue de la sablière, à Poissy.
Ordre du jour :
Ordre du jour :
- Situation générale et mise à jour cotisations 2018
- Préparation congrès 2018,
- Questions diverses
Nous ferons bien sûr un point sur le mouvement social, contre les régressions sociales et les lois et ordonnances Macron.
Le collectif a décidé de conclure cette AG, vers 13h, par un moment de convivialité, autour d'un apéritif et d’un casse-croûte.
Merci de s'inscrire pour l'organisation de ce moment festif.
Le collectif,
Le covoiturage est recommandé pour celles et ceux qui ne peuvent se déplacer facilement.
Prendre contact avec :
Jacques ROSIER tel : 06 71 42 31 79
Par mail : poissy.pcf@club-internet.fr
Ou
Ou laisser un message sur le répondeur de la section
01 39 79 28 00
Rendez-vous sur le blog de la section http://pcfpoissyboucledeseine.blogspot.fr/
ASSEMBLEE NATIONALE
Assemblée nationale
XVe législature
Session ordinaire de 2017-2018
Compte rendu
XVe législature
Session ordinaire de 2017-2018
Compte rendu
Deuxième séance du mercredi 17 janvier 2018
Les questions du groupe de la Gauche démocrate
et républicaine sur la situation des hôpitaux
Mme la présidente. L’ordre du jour appelle
les questions sur la situation des hôpitaux.
Je vous rappelle que la Conférence des présidents a fixé à deux minutes la durée maximale de chaque question et de chaque réponse, sans droit de réplique.
Nous commençons par les questions du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.
La parole est à M. Sébastien Jumel.
Je vous rappelle que la Conférence des présidents a fixé à deux minutes la durée maximale de chaque question et de chaque réponse, sans droit de réplique.
Nous commençons par les questions du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.
La parole est à M. Sébastien Jumel.
M. Sébastien Jumel. Bonsoir, madame la
ministre des solidarités et de la santé. Il y a une alerte rouge dans les
hôpitaux : il faut faire toujours plus avec toujours moins. Un collectif
de 1 000 médecins vient de s’exprimer pour sonner l’alerte, et le
groupe des parlementaires communistes a décidé de faire de cette question de
santé, ce soir mais également tout au long de l’année, une priorité. Aux
urgences du CHU du Kremlin-Bicêtre, vingt lits ont accueilli soixante-dix
patients pendant les fêtes. Ces patients ont été pris en charge tant bien que
mal, et pas si mal que cela d’ailleurs grâce à l’engagement du personnel,
auquel il faut évidemment rendre hommage mais qui se retrouve pris dans un
conflit de valeurs entre l’éthique de soin et l’obligation de faire face à la
dégradation des conditions de travail, engendrée par la surcharge d’activité.
Ici comme ailleurs, quand les lits sont fermés dans d’autres secteurs de
l’hôpital, les urgences sont la roue de secours.
À l’hôpital d’Eu, sur mon territoire, les médecins de ville ont tricoté, de manière intelligente, un partenariat avec l’hôpital pour assurer une continuité des urgences, mais pourtant le SMUR – service mobile d’urgence et de réanimation – n’a pas pu fonctionner en permanence cet été et en début d’année. Les urgences et le SMUR sont fragilisés par la pénurie des moyens de santé. Ils sont le révélateur de la crise et de l’étranglement de l’hôpital. À Rouen, les ambulanciers du SMUR sont en grève depuis plusieurs semaines pour protester contre les conditions de prise en charge des publics précaires ou des enfants, qui nécessitent des équipes particulières en pédiatrie et qui ne sont pas pris en compte dans les ratios de calcul de l’activité.
Les urgences sont souvent la porte d’entrée dans le système de santé des personnes les plus précaires et les plus exclues. Madame la ministre, comment allez-vous faire en sorte qu’elles puissent remplir leur rôle au service de l’ensemble des territoires de la République, sans en oublier un seul ? Nous avons des propositions à formuler dans ce domaine : serez-vous prête à les écouter ?
À l’hôpital d’Eu, sur mon territoire, les médecins de ville ont tricoté, de manière intelligente, un partenariat avec l’hôpital pour assurer une continuité des urgences, mais pourtant le SMUR – service mobile d’urgence et de réanimation – n’a pas pu fonctionner en permanence cet été et en début d’année. Les urgences et le SMUR sont fragilisés par la pénurie des moyens de santé. Ils sont le révélateur de la crise et de l’étranglement de l’hôpital. À Rouen, les ambulanciers du SMUR sont en grève depuis plusieurs semaines pour protester contre les conditions de prise en charge des publics précaires ou des enfants, qui nécessitent des équipes particulières en pédiatrie et qui ne sont pas pris en compte dans les ratios de calcul de l’activité.
Les urgences sont souvent la porte d’entrée dans le système de santé des personnes les plus précaires et les plus exclues. Madame la ministre, comment allez-vous faire en sorte qu’elles puissent remplir leur rôle au service de l’ensemble des territoires de la République, sans en oublier un seul ? Nous avons des propositions à formuler dans ce domaine : serez-vous prête à les écouter ?
Mme Agnès Buzyn, ministre des
solidarités et de la santé. Vous avez raison, monsieur le député, la
situation des hôpitaux est problématique – et je pense avoir été l’une des
premières à le dénoncer publiquement dans la presse. C’est le résultat,
notamment, de la réduction de leurs moyens depuis plusieurs années et d’un mode
de tarification qui ne correspond plus à l’identification de la vraie valeur
ajoutée des hôpitaux.
Je vous remercie d’avoir cité la tribune des 1 000 médecins, car elle me soutient. Comme vous l’avez probablement lu, elle me remerciait d’avoir pointé du doigt les difficultés des hôpitaux et d’avoir proposé une évolution des tarifs et de l’évaluation de l’activité hospitalière et de sa valorisation.
Vous soulignez les difficultés rencontrées par les urgences. Elles sont récurrentes et reviennent notamment chaque année au moment de la grippe hivernale, qui entraîne énormément d’affluence. J’ai réuni l’ensemble des urgentistes pour prendre les mesures nécessaires en amont de l’hiver, au début du mois de décembre, et organiser les hôpitaux de façon à pouvoir dégager des lits d’aval, en repoussant des activités de routine en cas de pic épidémique, ce qui a été fait dans de nombreuses régions.
Par ailleurs, des missions sont actuellement diligentées, par des députés ou par le Conseil national de l’urgence hospitalière, pour travailler sur la situation des urgences, sur l’amélioration de l’organisation entre l’hôpital et la médecine de ville, et sur l’amélioration de l’organisation territoriale de l’accès aux soins – en se penchant notamment sur les horaires d’ouverture des maisons de santé et des professionnels libéraux. Ces saisines déboucheront dans les trois mois qui viennent sur des propositions pratiques, qui modifieront les organisations et permettront aux urgences d’être mieux régulées. Elles sont actuellement la porte d’entrée pour beaucoup de nos concitoyens qui n’ont pas accès aux soins en raison notamment de l’amplitude horaire des cabinets libéraux.
Les problèmes sont multiples : lits d’aval, organisation de l’amont, moyens hospitaliers, démographie médicale des urgentistes. Pour cette dernière, nous n’aurons pas de solution évidente dans les années qui viennent, d’où la nécessité de repenser les organisations.
Je vous remercie d’avoir cité la tribune des 1 000 médecins, car elle me soutient. Comme vous l’avez probablement lu, elle me remerciait d’avoir pointé du doigt les difficultés des hôpitaux et d’avoir proposé une évolution des tarifs et de l’évaluation de l’activité hospitalière et de sa valorisation.
Vous soulignez les difficultés rencontrées par les urgences. Elles sont récurrentes et reviennent notamment chaque année au moment de la grippe hivernale, qui entraîne énormément d’affluence. J’ai réuni l’ensemble des urgentistes pour prendre les mesures nécessaires en amont de l’hiver, au début du mois de décembre, et organiser les hôpitaux de façon à pouvoir dégager des lits d’aval, en repoussant des activités de routine en cas de pic épidémique, ce qui a été fait dans de nombreuses régions.
Par ailleurs, des missions sont actuellement diligentées, par des députés ou par le Conseil national de l’urgence hospitalière, pour travailler sur la situation des urgences, sur l’amélioration de l’organisation entre l’hôpital et la médecine de ville, et sur l’amélioration de l’organisation territoriale de l’accès aux soins – en se penchant notamment sur les horaires d’ouverture des maisons de santé et des professionnels libéraux. Ces saisines déboucheront dans les trois mois qui viennent sur des propositions pratiques, qui modifieront les organisations et permettront aux urgences d’être mieux régulées. Elles sont actuellement la porte d’entrée pour beaucoup de nos concitoyens qui n’ont pas accès aux soins en raison notamment de l’amplitude horaire des cabinets libéraux.
Les problèmes sont multiples : lits d’aval, organisation de l’amont, moyens hospitaliers, démographie médicale des urgentistes. Pour cette dernière, nous n’aurons pas de solution évidente dans les années qui viennent, d’où la nécessité de repenser les organisations.
M. Alain Bruneel. Madame la ministre, depuis
plusieurs mois, nous vous interpellons sur la situation dramatique des hôpitaux
de notre pays. Vos réponses nous ont montré que vous n’aviez pas pris la mesure
de la crise profonde traversée par les établissements et leurs personnels. Vous
nous dites que tout va bien, mais non, madame la ministre, tout ne va pas bien,
tout va mal. Plus de cent personnes en ont témoigné ici la semaine dernière, à
l’invitation de notre groupe. Elles ont relayé l’appel d’urgence de milliers de
soignants dans tout le pays. Madame la ministre, il est plus que temps
d’entendre cette souffrance qui s’exprime.
Médecins, infirmières, aides-soignantes, chacun a pu expliquer à quel point le malaise était profond dans les hôpitaux. Le budget de la sécurité sociale pour 2018, jugé calamiteux, n’arrange rien ; bien au contraire, il aggrave cette situation. Les salariés sont épuisés et le nombre de suicides s’accroît malheureusement. Les plans d’économies continuent, alors qu’il manque déjà cruellement de personnels, de lits et de matériels, ce qui met en danger les soignants comme les patients.
Le message d’une infirmière, relayé des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, m’a interpellé : elle s’adressait à vous pour expliquer qu’elle ne travaillait plus dans un lieu de vie médicalisé, mais dans « une usine d’abattage qui broie l’humanité des vies qu’elle abrite, en pyjama ou en blouse blanche ». Entendez-vous ce désarroi et cette colère ? Ce sentiment de ne plus pouvoir faire de la qualité est partagé par tous les personnels.
Les politiques mises en place depuis plusieurs années ont dévoyé les missions de l’hôpital public, en faisant primer les intérêts économiques au détriment de la qualité du soin. Cela a des conséquences graves pour la santé de nos concitoyens. Cette politique, c’est la mise en danger de l’hôpital public au profit du secteur privé.
Madame la ministre, ma question sera simple : allez-vous enfin changer de politique ou allez-vous poursuivre dans cette voie, seule contre tous ?
Médecins, infirmières, aides-soignantes, chacun a pu expliquer à quel point le malaise était profond dans les hôpitaux. Le budget de la sécurité sociale pour 2018, jugé calamiteux, n’arrange rien ; bien au contraire, il aggrave cette situation. Les salariés sont épuisés et le nombre de suicides s’accroît malheureusement. Les plans d’économies continuent, alors qu’il manque déjà cruellement de personnels, de lits et de matériels, ce qui met en danger les soignants comme les patients.
Le message d’une infirmière, relayé des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, m’a interpellé : elle s’adressait à vous pour expliquer qu’elle ne travaillait plus dans un lieu de vie médicalisé, mais dans « une usine d’abattage qui broie l’humanité des vies qu’elle abrite, en pyjama ou en blouse blanche ». Entendez-vous ce désarroi et cette colère ? Ce sentiment de ne plus pouvoir faire de la qualité est partagé par tous les personnels.
Les politiques mises en place depuis plusieurs années ont dévoyé les missions de l’hôpital public, en faisant primer les intérêts économiques au détriment de la qualité du soin. Cela a des conséquences graves pour la santé de nos concitoyens. Cette politique, c’est la mise en danger de l’hôpital public au profit du secteur privé.
Madame la ministre, ma question sera simple : allez-vous enfin changer de politique ou allez-vous poursuivre dans cette voie, seule contre tous ?
Mme Agnès Buzyn, ministre.
Monsieur le député Bruneel, je ne sais pas si j’ai été suffisamment claire,
mais je dis bien la même chose que vous. Les hôpitaux vont très mal. J’ai
trouvé cette situation en arrivant, qui résulte de quinze années de réformes
hospitalières successives et notamment de la réforme de la tarification à
l’activité – T2A. Cette dernière, souhaitable à l’époque, a permis de
remettre un certain nombre d’établissements dans une perspective plus
dynamique, mais elle aboutit aujourd’hui à une déshumanisation des hôpitaux parce
qu’elle pousse à faire de la quantité plutôt que de la qualité. Je me suis
exprimée dans la presse et dans cet hémicycle pour dire la même chose que vous,
à savoir qu’il faut revaloriser la valeur ajoutée de notre hôpital public, qui
repose sur l’inconditionnalité de l’accueil, la pertinence et la qualité des
soins, et l’engagement des personnels. Cela nécessite des modifications de la
tarification.
Il s’agit d’une réforme d’ampleur. Je rappelle que la tarification à l’activité avait été conçue par une mission dédiée, au sein du ministère de la santé, qui avait travaillé pendant trois ans. Je suis arrivée il y a six mois dans un ministère où rien n’avait été préparé pour une réforme de la tarification. Il faut donc le temps de trouver les leviers et les outils permettant de valoriser la qualité des soins et d’arrêter de tarifer uniquement l’activité, ce qui pousse les hôpitaux à ne plus trouver le sens de leurs missions et les personnels à désespérer.
Ce travail est en cours et des annonces seront faites, mais vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas pris la mesure de la gravité de l’état de nos hôpitaux,…
Il s’agit d’une réforme d’ampleur. Je rappelle que la tarification à l’activité avait été conçue par une mission dédiée, au sein du ministère de la santé, qui avait travaillé pendant trois ans. Je suis arrivée il y a six mois dans un ministère où rien n’avait été préparé pour une réforme de la tarification. Il faut donc le temps de trouver les leviers et les outils permettant de valoriser la qualité des soins et d’arrêter de tarifer uniquement l’activité, ce qui pousse les hôpitaux à ne plus trouver le sens de leurs missions et les personnels à désespérer.
Ce travail est en cours et des annonces seront faites, mais vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas pris la mesure de la gravité de l’état de nos hôpitaux,…
Mme Agnès Buzyn, ministre. …ne
serait-ce que parce que j’y ai passé vingt-cinq ans de ma vie. (Applaudissements
sur plusieurs bancs du groupe REM.)
M. Pierre Dharréville. Madame la ministre, la
situation de l’hôpital public inquiète. Partout, on entend parler de fermetures
d’hôpitaux de proximité, de déficits abyssaux, de suppressions de services, de
lits ou de postes, de gel des investissements, de sous-traitance massive. Nous
avons dépassé la cote d’alerte, et partout des mobilisations se font jour.
Un projet ambitieux pour l’hôpital ne pourra pas se passer de financements à la hauteur. Il faut donc en finir avec les politiques de compression des dépenses, engagées depuis si longtemps et encore présentes dans le budget pour 2018. Il faut investir une plus grande part des richesses dans la santé. Les groupements hospitaliers de territoire – GHT –, les plans de retour à l’équilibre ou encore l’ampleur inquiétante des virages ambulatoires ne sont que les conséquences du manque de moyens, qui dessinent à terme un système low cost tandis que le secteur marchand essaye d’exploiter la faiblesse de l’offre publique.
Comme des millions de patients et de personnels de notre pays, nous défendons une conception solidaire, affirmant que la santé ne doit pas être une marchandise mais un droit précieux et qu’il n’y a pas de dividendes à gagner sur nos soins. Comme vous venez de le rappeler, vous avez annoncé la remise en cause de la tarification à l’activité, qui a gangrené la gestion des établissements et désorganisé l’offre de soins. Mais le financement à la pertinence des soins inquiète, car il demeure inscrit dans une logique de compression, laissant à penser que patients et médecins gaspilleraient, alors que les dépenses de santé sont aujourd’hui insuffisantes. L’idée de parcours du patient, qui maintient les soins dans une enveloppe fermée par un protocole fixé à l’avance, n’est pas plus rassurante.
Notre pays a les moyens de bénéficier d’un hôpital public digne du XXIe siècle. Madame la ministre, mon interrogation recoupera en partie celles qui viennent de vous être adressées : que répondez-vous à ces questions posées avec force et inquiétude par les patients et les personnels, par les habitantes et les habitants, ainsi que par la Fédération hospitalière de France elle-même ? Face à la crise, quels moyens supplémentaires allez-vous dégager pour nos hôpitaux ?
Un projet ambitieux pour l’hôpital ne pourra pas se passer de financements à la hauteur. Il faut donc en finir avec les politiques de compression des dépenses, engagées depuis si longtemps et encore présentes dans le budget pour 2018. Il faut investir une plus grande part des richesses dans la santé. Les groupements hospitaliers de territoire – GHT –, les plans de retour à l’équilibre ou encore l’ampleur inquiétante des virages ambulatoires ne sont que les conséquences du manque de moyens, qui dessinent à terme un système low cost tandis que le secteur marchand essaye d’exploiter la faiblesse de l’offre publique.
Comme des millions de patients et de personnels de notre pays, nous défendons une conception solidaire, affirmant que la santé ne doit pas être une marchandise mais un droit précieux et qu’il n’y a pas de dividendes à gagner sur nos soins. Comme vous venez de le rappeler, vous avez annoncé la remise en cause de la tarification à l’activité, qui a gangrené la gestion des établissements et désorganisé l’offre de soins. Mais le financement à la pertinence des soins inquiète, car il demeure inscrit dans une logique de compression, laissant à penser que patients et médecins gaspilleraient, alors que les dépenses de santé sont aujourd’hui insuffisantes. L’idée de parcours du patient, qui maintient les soins dans une enveloppe fermée par un protocole fixé à l’avance, n’est pas plus rassurante.
Notre pays a les moyens de bénéficier d’un hôpital public digne du XXIe siècle. Madame la ministre, mon interrogation recoupera en partie celles qui viennent de vous être adressées : que répondez-vous à ces questions posées avec force et inquiétude par les patients et les personnels, par les habitantes et les habitants, ainsi que par la Fédération hospitalière de France elle-même ? Face à la crise, quels moyens supplémentaires allez-vous dégager pour nos hôpitaux ?
Mme Agnès Buzyn, ministre.
Monsieur le député, vous posez plusieurs questions. Concernant les hôpitaux de
proximité, il y a lieu de mieux organiser l’offre de soins dans les
territoires. Aujourd’hui, du fait de la tarification à l’activité, les
établissements de santé sont en compétition les uns avec les autres alors
qu’ils devraient coopérer entre eux.
C’est la raison pour laquelle la réforme de la tarification permettra de favoriser la coopération entre hôpitaux et le maintien d’hôpitaux de proximité, avec une gradation des soins, une répartition des compétences entre les établissements et des parcours de soins coordonnés entre établissements, voire entre la ville et l’hôpital. Ainsi, il est impératif que l’organisation des soins au sein d’un bassin de vie permette de répondre aux besoins des patients et d’éviter la concurrence des établissements entre eux, résultat d’une tarification à l’activité qui pousse à multiplier les actes et les hospitalisations dans un lieu sans souci de leur pertinence.
Vous avez d’ailleurs évoqué la question de la pertinence des soins, que j’ai soulevée plusieurs fois dans cet hémicycle. Tous les médecins le savent, et je l’ai moi-même constaté : malheureusement, du fait de la tarification à l’activité, un certain nombre d’actes sont pratiqués de façon inopportune, voire dangereuse pour les malades. Nous, médecins, voyons ainsi en consultation des patients auxquels on a prescrit des radiographies ou des actes de biologie inutiles, répétés, voire qui ont subi des interventions chirurgicales non pertinentes. Il est donc impératif de favoriser les médecins qui travaillent bien plutôt que ceux qui multiplient les actes du fait du système de tarification.
Il y a des marges de manœuvre considérables dans ce domaine, mais il appartient aux seuls médecins, et non pas à l’administration, de définir ce qu’est un parcours de soins pertinent. Des travaux seront ainsi menés avec les sociétés savantes et les professionnels de santé à cette fin, de façon à gagner des marges de manœuvres pour pouvoir tarifer ensuite les actes les plus innovants. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM.)
C’est la raison pour laquelle la réforme de la tarification permettra de favoriser la coopération entre hôpitaux et le maintien d’hôpitaux de proximité, avec une gradation des soins, une répartition des compétences entre les établissements et des parcours de soins coordonnés entre établissements, voire entre la ville et l’hôpital. Ainsi, il est impératif que l’organisation des soins au sein d’un bassin de vie permette de répondre aux besoins des patients et d’éviter la concurrence des établissements entre eux, résultat d’une tarification à l’activité qui pousse à multiplier les actes et les hospitalisations dans un lieu sans souci de leur pertinence.
Vous avez d’ailleurs évoqué la question de la pertinence des soins, que j’ai soulevée plusieurs fois dans cet hémicycle. Tous les médecins le savent, et je l’ai moi-même constaté : malheureusement, du fait de la tarification à l’activité, un certain nombre d’actes sont pratiqués de façon inopportune, voire dangereuse pour les malades. Nous, médecins, voyons ainsi en consultation des patients auxquels on a prescrit des radiographies ou des actes de biologie inutiles, répétés, voire qui ont subi des interventions chirurgicales non pertinentes. Il est donc impératif de favoriser les médecins qui travaillent bien plutôt que ceux qui multiplient les actes du fait du système de tarification.
Il y a des marges de manœuvre considérables dans ce domaine, mais il appartient aux seuls médecins, et non pas à l’administration, de définir ce qu’est un parcours de soins pertinent. Des travaux seront ainsi menés avec les sociétés savantes et les professionnels de santé à cette fin, de façon à gagner des marges de manœuvres pour pouvoir tarifer ensuite les actes les plus innovants. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM.)
M. Jean-Paul Dufrègne. Dans le temps très court
qui lui est imparti au sein de cette semaine de contrôle, notre groupe n’a
brossé qu’une partie de l’état de délitement et de mal-être de l’hôpital, vous
relayant ainsi, madame la ministre, un véritable appel d’urgence.
Je veux dans cette dernière question de notre groupe revenir et insister sur deux ou trois points.
Le premier est l’investissement. On demande aux hôpitaux d’assurer le financement des investissements immobiliers et matériels indispensables à leur modernisation et à l’accès à des technologies nouvelles pour tous. Pour répondre à cette demande et rembourser la dette qui s’y attache, ils sont condamnés à faire des économies de fonctionnement et à envisager des suppressions de postes à grande échelle, comme c’est le cas à Moulins, dans mon département de l’Allier.
C’est un cercle vicieux ; ce n’est pas la solution. Il faut aujourd’hui un grand plan d’investissement porté par le budget de la nation pour véritablement construire l’hôpital du XXIe siècle, c’est-à-dire donner à toutes et à tous un accès égal à des soins de qualité. La tarification à l’activité – vous y êtes revenue à l’instant, madame la ministre – doit être repensée, le financement des hôpitaux devant tenir compte de l’ensemble des paramètres de prise en charge et d’accompagnement des patients.
La gouvernance actuelle aggrave les déserts médicaux et creuse les inégalités : zones rurales, petites et moyennes villes et quartiers sont les oubliés de cette politique, les oubliés de la République.
L’hôpital du XXIe siècle, c’est aussi celui où on cesse de briser des vocations, ce qui est trop souvent le cas aujourd’hui dans des établissements où les personnels sont soumis à des conditions de travail incompatibles avec leur mission.
Madame la ministre, oserez-vous faire le pari d’investir pour cet hôpital du XXIe siècle ? Puisque vous prônez la vaccination, combien de piqûres de rappel seront nécessaires pour que cette situation soit réellement prise en compte ? C’est votre responsabilité et celle du Gouvernement auquel vous appartenez.
Je veux dans cette dernière question de notre groupe revenir et insister sur deux ou trois points.
Le premier est l’investissement. On demande aux hôpitaux d’assurer le financement des investissements immobiliers et matériels indispensables à leur modernisation et à l’accès à des technologies nouvelles pour tous. Pour répondre à cette demande et rembourser la dette qui s’y attache, ils sont condamnés à faire des économies de fonctionnement et à envisager des suppressions de postes à grande échelle, comme c’est le cas à Moulins, dans mon département de l’Allier.
C’est un cercle vicieux ; ce n’est pas la solution. Il faut aujourd’hui un grand plan d’investissement porté par le budget de la nation pour véritablement construire l’hôpital du XXIe siècle, c’est-à-dire donner à toutes et à tous un accès égal à des soins de qualité. La tarification à l’activité – vous y êtes revenue à l’instant, madame la ministre – doit être repensée, le financement des hôpitaux devant tenir compte de l’ensemble des paramètres de prise en charge et d’accompagnement des patients.
La gouvernance actuelle aggrave les déserts médicaux et creuse les inégalités : zones rurales, petites et moyennes villes et quartiers sont les oubliés de cette politique, les oubliés de la République.
L’hôpital du XXIe siècle, c’est aussi celui où on cesse de briser des vocations, ce qui est trop souvent le cas aujourd’hui dans des établissements où les personnels sont soumis à des conditions de travail incompatibles avec leur mission.
Madame la ministre, oserez-vous faire le pari d’investir pour cet hôpital du XXIe siècle ? Puisque vous prônez la vaccination, combien de piqûres de rappel seront nécessaires pour que cette situation soit réellement prise en compte ? C’est votre responsabilité et celle du Gouvernement auquel vous appartenez.
Mme Agnès Buzyn, ministre.
Monsieur le député, je vous remercie de votre question. La modernisation de
notre offre de soins, notamment hospitalière, est primordiale, car il est de
notre devoir d’offrir au personnel soignant des conditions de travail décentes
et d’assurer l’accès à des technologies innovantes. Nous avons donc prévu
d’investir dans l’hôpital public dans le cadre du Grand plan d’investissement
que le Premier ministre a présenté à l’automne dernier. En particulier, 400 ou
450 millions d’euros seront dédiés à la numérisation au sein des hôpitaux,
pour faciliter le partage d’informations, et 3 milliards d’euros sur
plusieurs années seront alloués aux investissements immobiliers pour aider nos
hôpitaux publics à se moderniser.
Tous ces investissements sont donc prévus, car il est indispensable aujourd’hui, tant pour les patients que pour les professionnels de santé travaillant dans ces établissements, d’offrir des conditions de travail décentes et de permettre l’accès à l’innovation.
Tous ces investissements sont donc prévus, car il est indispensable aujourd’hui, tant pour les patients que pour les professionnels de santé travaillant dans ces établissements, d’offrir des conditions de travail décentes et de permettre l’accès à l’innovation.
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